L'AIEA aura besoin de plus d'un mois pour établir un rapport exhaustif sur l'Iran

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VIENNE, 15 juin - De notre correspondant Borislav Petchnikov. L'Agence internationale de l'Energie atomique aura de toute évidence besoin de plusieurs mois pour établir un rapport vraiment exhaustif sur tous les programmes et ouvrages nucléaires de l'Iran.

C'est ce qu'a annoncé mardi une source informée interne à l'AIEA qui participe aux réunions du Conseil des gouverneurs de l'Agence et au cours desquelles sont examinés les problèmes liés au "dossier nucléaires iranien".

Dans l'ensemble, les Etats-Unis seraient enclins à accepter cette manière de poser la question et d'accorder à l'Iran plusieurs mois "pour réfléchir" et "accomplir les démarches tendant à garantir la vérification complète des programmes et des ouvrages nucléaires, dont le problème de la vérification suffisante et exhaustive des centrifugeuses à laser P-2, susceptibles à enrichir de l'uranium et produire du plutonium militaire", a indiqué la source.

Comme l'a indiqué le directeur général de l'Agence, Mohammed AlBaradei, "pour rendre nos inspections en Iran exhaustives et authentiques, il importe que nos experts aient plusieurs mois pour établir un rapport sur les programmes nucléaires iraniens. En tout état de cause, les mois qui viennent doivent complètement éclaircir la situation car nous ne pouvons travailler infiniment long sur cette problématique". Le numéro un de l'AIEA a aussi souligné que le thème central pour l'Agence sont les travaux menés par l'Iran dans le domaine de l'enrichissement de l'uranium.

Scott McClennan, représentant du président américain, a déclaré, à l'occasion d'une session des gouverneurs de l'AIEA sur l'Iran, que "la communauté internationale partage la préoccupation de l'Agence. On ignore encore pourquoi Téhéran a besoin d'un programme nucléaire. Quoi qu'il en soit, ce pays doit remplir ses engagements internationaux".

Téhéran continue d'insister sur le caractère exclusivement civil de ses programmes nucléaires. L'Iran a signé, face à uneexigence de l'AIEA, le soi-disant protocole supplémentaire au Traité de non-prolifération des armes nucléaires, prévoyant des vérifications internationales surprises - sans que Téhéran en soit averti - de tous les ouvrages nucléaires sur le territoire du pays. Mais le récent scandale autour des révélations du "père de la bombe nucléaire pakistanaise, Abdul Kadir Khan, qui a dit avoir transféré des technologies nucléaires notamment à la république islamique, a substantiellement nui à l' "image de paix" de l'Iran. Mais Téhéran espère toujours que le "dossier nucléaire iranien" sera fermé et ne se retrouvera pas en Conseil de sécurité, comme l'exige Washington, en vue de décréter des sanctions anti-iraniennes.

A Bushehr (Sud de l'Iran), la Russie construit depuis le milieu des années 90 une centrale nucléaire (coût du contrat : 800 millions de dollars). Malgré les pressions américaines, Moscou ne projette pas de renoncer à la coopération avec l'Iran tant que ses programmes nucléaires restent transparents et soumis au contrôle international.

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