"Je pense que nous aurons besoin d'un mois environ pour signer l'accord avec cette compagnie et encore trois ou quatre mois pour mener l'évaluation", a déclaré au cours d'un point de presse mardi le vice-président de Gazprom, Alexandre Riazanov.
Les termes de cet accord vont être débattus dans un proche avenir, a-t-il indiqué.
Le 12 avril 2002, les gouvernements russe et biélorusse signaient un accord qui visait à créer des conditions égales en matière de politique des prix et portait sur l'élargissement de la coopération des deux pays dans le domaine gazier. Aux termes du premier accord, Gazprom livrait à la Biélorussie le gaz aux prix en vigueur à la ceinture 5 des prix de la Russie. Pour sa part, la Biélorussie, aux termes du second accord, était tenue de créer le terrain pour la création, avec la Russie, d'une entreprise conjointe de transport de gaz sur la base de Beltransgaz.
A partir du 1er mai 2002, Gazprom livrait du gaz à la Biélorussie d'après les prix en vigueur à la cinquième ceinture des prix en Russie. En 2003, Gazprom avait complètement rempli ses engagements envers la Biélorussie en lui livrant 10,2 milliards de mètres cubes de gaz.
Gazprom arrêtait ses fournitures le 1er janvier 2004, les livraisons sont actuellement effectuées par des fournisseurs indépendants.
Minsk veut toujours obtenir du gaz d'après les prix intérieurs russes, mais Gazprom reviendra sur cette question uniquement après l'achat de 50% de Beltransgaz, selon Alexandre Riazanov. Le consortium russe est prêt à débourser pour cette acquisition 600 millions de dollars, mais la Biélorussie compte sur 5 milliards.
"La Biélorussie ne peut accepter de vendre Beltransgaz d'après sa valeur comptable. Vendre à un Etat étranger, dans les conditions du marché, un ouvrage du patrimoine national, le lui rendre presque gratuitement : non, je ne peux l'accepter. Je ne peux commettre un crime contre mon propre peuple", déclarait précédemment le président biélorusse, Alexandre Loukachenko.
"Nous ne parlons pas de la valeur comptable, nous parlons d'un prix contractuel", indiquait, pour sa part, à RIA-Novosti le porte-parole de Gazprom, Sergueï Kouprianov. Gazprom évalue Beltransgaz à 600 millions de dollars. "C'est notre évaluation préliminaire et une société d'audit indépendante devra confirmer nos calculs. Nous avons présenté à la partie biélorusse une liste de trois sociétés d'audit", ajoutait Kouprianov.
"Aucune des sociétés d'audit n'évaluera Beltransgaz à 5 milliards", a déclaré RIA-Novosti une source proche des négociations.