Le ministre ne partage pas l'avis, selon lequel l'objectif principal du ministère de l'Industrie et de l'Energie est d'obtenir le doublement du produit intérieur brut (PIB) en comptant uniquement sur les structures qui en font partie. Selon lui, d'autres secteurs apportent également une grande contribution au PIB, c'est pourquoi d'autres ministères doivent aussi travailler en ce sens. Il faut se rendre compte que la production matérielle n'est pas principale aujourd'hui. Observant les tendances en présence dans les pays industrialisés, on voit que le secteur des services - financiers et courants - occupe la situation prédominante. Ces changements surviennent déjà en Russie: plus de la moitié du PIB est représentée précisément par ce secteur. Cette tendance existe et le secteur des services occupera une place de plus en plus importante dans l'économie russe. C'est pourquoi, sans le minimiser, il ne convient pas non plus exagérer aujourd'hui le rôle du secteur matériel, estime Viktor Khristenko.
A son avis, il est erroné de séparer les secteurs, car tout est interdépendant. Le complexe combustibles-énergie bénéficie objectivement de bonnes conditions dedéveloppement: il y a des gisements, des clients et une conjecture favorable. Ce sont des facteurs positifs.
En se développant, le complexe combustibles-énergie impulse le développement de tous les autres secteurs: que ce soit la production de tuyaux, de charpentes métalliques, de conglomérat, de coke. Ce multiplicateur stimule également, dans une mesure considérable, les constructions mécaniques, sans parler des équipements plus complexes: les stations d'expédition du pétrole et celles de compression. Les usines aéronautiques qui construisaient des turbines pour les avions et qui fabriquent actuellement des stations de compression sont également entraînées dans ce processus. L'effet du multiplicateur est compréhensible, il existe. La demande objective des produits du complexe combustibles-énergie fait apparaître la demande des produits d'autres secteurs.
Il serait bon, si cela s'accompagne du mouvement analogue des capitaux, fait remarquer Viktor Khristenko. Il est nécessaire que les capitaux affluent dans les secteurs qui peuvent constituer la base du développement ultérieur de l'économie, tout en occupant une position plus importante dans la structure générale du PIB. Pour l'instant, cela fait défaut.
Pourquoi? Pour des raisons différentes. Premièrement, c'est un processus assez prolongé et qui se produit par inertie. Deuxièmement, aujourd'hui, cette circulation des capitaux n'a pas l'air attrayant. En plus du complexe combustibles-énergie, on peut citer trois secteurs traditionnels russes en développement impétueux: la métallurgie (aussi bien la métallurgie des non-ferreux que la sidérurgie) qui a une bonne dynamique, une bonne demande et une bonne conjoncture. Parmi d'autres secteurs plus avancés, le ministre a cité la construction des matériels de transport, en premier lieu des matériels ferroviaires et automobiles. Ce secteur a aujourd'hui une bonne demande d'investissements et la situation assez claire en ce qui concerne l'extension de la demande intérieure.
La question suivante a été posée au ministre: quels doivent être les rapports entre l'Etat et les grandes compagnies? En effet, les secteurs principaux qui relèvent du ministère de l'Industrie et de l'Energie sont contrôlés par les grandes compagnies. Viktor Khristenko a répondu:
"Les rapports avec les grandes compagnies ne signifient pas les rapports avec leurs patrons. Ce sont des choses différentes. Lorsqu'on a affaire aux grandes compagnies, on contacte, en premier lieu, les managers. Il n'est pas tout à fait correct d'estimer qu'il y a un "banc d'oligarques". Il est vrai, chez nous, le manager et le patron sont souvent une même personne. En ce qui concerne les contacts, je ne vois pas de problèmes. Nous sommes prêts à entretenir les contacts. Le schéma est très simple et compréhensible: toutes les questions, indépendamment du nom, relèvent du domaine de tel ou tel ministre. Si cela concerne du secteur électrique, les grandes compagnies ayant tels ou tels intérêts font leurs propositions et nous les examinons. J'ai en vue non seulement la Société russe par actions "Systèmes électriques uniques de Russie" (Electricité de Russie), mais aussi ceux qui veulent participer à la réforme du secteur électrique. Nous avons un programme d'action assez clair et précis entériné par le gouvernement pour mettre en oeuvre tout cela. Il en est de même des autres secteurs".