Revue de la presse russe du 11 juin

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MOSCOU, RIA Novosti

Izvestia

La plus grande importance du dernier sommet du G8 pour la Russie consistait en ce que, tout en cédant en douceur là où elle ne voulait pas ou ne pouvait pas jouer un rôle clé, elle obligeait les autres à compter avec ses intérêts. Elle en a évoqué plusieurs.

Le premier était de ne pas permettre aux Etats-Unis de faire adopter la décision sur l'annulation de la quasi-totalité de la dette de l'Irak (120 milliards de dollars) sous prétexte que ce pays, bien que le pétrole lui rapporte 20 milliards de dollars par an, a du mal à s'engager dans la voie de la démocratie et de la prospérité avec un tel fardeau hérité des régimes antérieurs. La Russie n'est pas prête à accorder ce pardon économique. Ayant annulé en fait 65% de la dette (telle est la pratique dans le Club de Paris), elle voudrait quand même se faire rembourser sous une forme ou sous une autre les 3,5 milliards restants. D'ailleurs, elle n'est pas la seule à le vouloir. La France, par exemple, qui est l'un des plus gros créanciers de l'Irak, avec la Russie et le Japon, n'est prête à annuler que 50% de la dette.

Le deuxième sujet sur lequel la Russie s'est montrée intransigeante, ce sont les programmes d'aide financière - gratuite et remboursable - aux pays du Grand Proche-Orient sur lesquels insistaient les Etats-Unis en proposant à tous les membres du G8 de débourser au moins 100 millions de dollars chacun pour réaliser des réformes économiques, sociales et politiques dans la région. "La position de la Russie reste inchangée : la région n'est pas pauvre et n'éprouve pas le besoin pressant de ressources financières", a déclaré au terme de la réunion des leaders des pays du G8 le conseiller économique du président russe, Andréi Illarionov. A l'avenir nous n'écartons pas l'hypothèse d'une participation à ces projets, mais nous devons savoir de manière sûre pourquoi tel ou tel programme est réalisé, quels en sont les principes, qui sont les bénéficiaires de l'aide, et d'autres détails". Monsieur Illarionov, soulignent les "Izvestia", a ajouté que la Russie était l'unique pays à déclarer clairement et ouvertement sa prise de position.

Vrémia novostéi

La chambre basse du parlement russe (Douma) a adopté en première lecture un paquet de projets de lois portant sur le développement du "marché des logements accessibles". Il a été préparé par les députés de "Russie Unie" (disposant de la majorité constitutionnelle) de concert avec le gouvernement, informe le quotidien. Au départ, les auteurs promettaient de faire construire des logements pour les couches sociales les plus démunies mais finalement l'initiative a concerné aussi la classe moyenne. Le paquet comporte 27 projets dont ceux de nouveaux codes du logement et de l'urbanisme. L'objectif principal de cette initiative de révision des règles de jeu sur le marché du bâtiment est de rendre les logements plus accessibles à la population et, si possible, moins chers. Le nouveau code du logement autorisera à déloger le le propriétaire insolvable ayant acheté à crédit et à le reloger dans des logements "provisoires" à la charge des collectivités locales.

La séance de la Douma a été ouverte par un rapport présenté par le ministre de l'Industrie et l'Energie, Viktor Khristenko, qui a maintenant la charge du marché immobilier. Il a déclaré qu'avec le nouveau code de l'urbanisme les terrains à bâtir seraient beaucoup plus accessibles. "Une tentative est entreprise pour créer un système absolument transparent de vente aux enchères des terrains à bâtir en les assortissant de l'obligation de les incorporer dans l'infrastructure et de développer cette dernière. Pour éviter tout arbitraire des fonctionnaires", a souligné Viktor Khristenko.

Gazeta

Au cours d'un point de presse mensuel, le président ukrainien Leonid Koutchma a annoncé officiellement son successeur: le premier ministre ukrainien Viktor Ianoukovitch, informe le quotidien "Gazeta". Le président a de nouveau déclaré qu'il ne se présenterait pas pour le troisième mandat et qu'il ne participerait pas à l'élection présidentielle. Selon le quotidien, cette déclaration officielle peut être considérée comme définitive et irrévocable.

Il faut dire, poursuit le quotidien, que Leonid Koutchma a fait cette déclaration longtemps attendue dans le contexte de la baisse totale de l'intérêt porté au premier personnage de l'Etat. Même un sondage effectué par l'association de presse ukrainienne a constaté, dans les actualités de la télévision, que Leonid Koutchma apparaissait sur l'écran bien plus rarement qu'il y a un mois.

Sur cette toile de fond, la conférence de presse a fait sensation, fait remarquer "Gazeta". La déclaration de Leonid Koutchma, selon laquelle il part et "veut voir l'Ukraine sans Koutchma", a retenti sur toutes les chaînes de télévision. Bien que Leonid Koutchma ait laissé entendre plus d'une fois qu'il avait l'intention de quitter le poste de président, de nombreux opposants n'étaient pas certains jusqu'à présent qu'il céderait le pouvoir si facilement. Les doutes ont également été alimentés par la Cour constitutionnelle de l'Ukraine qui a pris la décision d'autoriser le président actuel à exercer un troisième mandat. Au cours du point de presse, Leonid Koutchma a affirmé qu'il pourrait gagner tranquillement sa troisième campagne électorale, mais qu'il ne le ferait pas, car il était fatigué, informe le quotidien "Gazeta".

Nezavissimaia gazeta

Les problèmes du règlement osséto-géorgien préoccupent de nouveau Moscou, lit-on dans le quotidien "NG". Une déclaration spéciale sur la situation autour de l'Ossétie du Sud a été adoptée par le Conseil de la Fédération (chambre haute du parlement russe). Après les sénateurs, les députés à la Douma (chambre basse du parlement russe) ont également décidé de faire connaître leur position à ce sujet. Trois comités de la Douma - des affaires de la CEI, de sécurité et des affaires internationales - ont examiné à huis clos le message parvenu de Tskhinvali (capitale de l'Ossétie du Sud). Ce message du parlement de la république non reconnue parle de nouveau de la nécessité de protéger les citoyens russes qui y habitent.

Cependant, fait remarquer "NG", un nouveau point est apparu: si, auparavant, Tskhinvali demandait à Moscou d'inclure cette ancienne autonomie géorgienne au sein de la Russie, cette fois, les parlementaires d'Ossétie du Sud demandent à leurs collègues russes de reconnaître l'indépendance de l'Ossétie du Sud". Cette demande est argumentée par "la menace réelle d'une nouvelle agression de la part de la Géorgie".

Le Conseil de la Fédération n'a pas adressé de diatribes courroucées à Tbilissi. Les sénateurs se sont bornés à exprimer "la certitude que les dirigeants géorgiens prendraient toutes les mesures nécessaires en vue de prévenir l'escalade de la violence", écrit le quotidien "Nezavissimaia gazeta".

Kommersant

L'équipe de feu le président tchétchène Akhmad Kadyrov assassiné dans un attentat le 9 mai à Grozny a présenté la candidature du ministre de l'Intérieur de Tchétchénie Alou Alkhanov au poste de président de la république, dont l'élection anticipée est prévue pour le 29 août, fait savoir le quotidien "Kommersant". Apparemment, fait remarquer le quotidien, Alou Alklhanov sera le candidat qui sera soutenu par le Kremlin et le parti "Russie unie" au cours de l'élection présidentielle en Tchétchénie.

La proposition de la candidature d'Alou Alkhanov à la présidence de la Tchétchénie a été formulée dans le village de Tsentoroï au cours de la commémoration dédiée au fils d'Akhmad Kadyrov, Zelimkhan, qui est mort le 4 juin d'une crise cardiaque. Quelques milliers de personnes se sont rassemblées dans le village natal des Kadyrov, la cérémonie s'est transformée en meeting, dont les participants ont invité les autorités à maintenir l'équipe de feu le président et à présenter au poste de président de la Tchétchénie le ministre de l'Intérieur de la république Alou Alkhanov.

Le premier vice-premier ministre de la Tchétchénie Ramzan Kadyrov, fils du président assassiné, a déclaré que le ministre de l'Intérieur était le candidat le plus digne: "Si Alkhanov respecte la volonté du peuple et présente sa candidature, l'équipe de feu le président le soutiendra", lit-on dans le quotidien "Kommersant".

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