A Sea Island, les leaders des huit plus grands pays du monde ont adopté un plan d'actions contre la prolifération des armes de destruction massive. Il s'agit de durcir les contrôles sur les exportations de matériaux fissiles.
Cet événement a son histoire.
Fin février, Mohamed El-Baradei, directeur général de l'Agence internationale de l'Energie nucléaire, appelait les pays les plus développés à durcir le régime de non-prolifération, sans toutefois mettre en cause les souverainetés nationales. A titre de premier pas, l'AIEA avait proposé de modifier le système actuel d'exportations de matériaux fissiles. C'était une démarche en un certain sens hardie pour l'homme qui, en charge du régime international de non-prolifération, le jugerait toutefois insuffisamment sûr.
Au fait, ce régime est fondé sur un gentleman's agreement, non exécutoire, et ne s'étendant de surcroît pas aux pays disposant d'un potentiel industriel croissant. Même certains pays participants au régime ne sont pas en mesure de contrôler les exportations menées par leurs sociétés privées non soumises à un contrôle public rigoureux.
M.El-Baradei avait, au fond, invité les grands pays à des mesures urgentes pour en finir avec ce régime jugé excessivement laxiste. Le résultat n'a pas tardé à venir : les leaders du G8 se sont engagés à geler pendant un an le transfert des technologies et des équipements d'enrichissement et de transformation de l'uranium. On croit que ce délai devrait suffire largement pour mettre au point un accord permanent qui pourrait être signé au prochain sommet en Grande-Bretagne en 2005.
Mais tout accord de non-prolifération doit être muni d'un mécanisme efficace de contrôle. L'institut permanent des inspections de l'Agence internationale en est l'outil irremplaçable. Et pourtant, l'accessibilité des technologies nucléaires militaires et le vaste développement de l'énergie nucléaire que connaît le monde d'aujourd'hui appellent à élargir les pouvoirs des inspecteurs.
Ces derniers temps, ces inspections ont en effet obtenu de plus vastes droits, il est vrai à l'égard de l'Iran et la Libye seulement. Mais ce processus semble gagner en universalité : le G-8 s'est prononcé en faveur d'une réforme de l'Agence internationale de l'Energie atomique et pour la création d'un Comité spécial chargé de contrôler les inspections.