"D'ici la fin de cette année même, nous allons sans doute achever les négociations avec la plupart des pays et peut-être même avec tous les pays sur l'ouverture du marché (russe) ", a estimé Maxime Medvedkov.
Cela dit, il a quand même fait remarquer qu'entre l'achèvement des négociations et l'adhésion à l'OMC, un certain temps devrait encore passer.
Il s'agit, entre autres, de concerter le rapport du groupe de travail sur les questions globales (dont l'adaptation de la législation et de la pratique juridique courante en Russie aux normes de l'OMC).
"Je ne pense pas que ce soit là un processus de négociations rapide. Aussi, plus d'un mois serait-il sans doute nécessaire pour achever définitivement ce travail", a estimé le "principal négociateur" russe sur l'adhésion de la Fédération de Russie à l'Organisation mondiale du Commerce.
Caractérisant le processus de négociations en cours, Maxime Medvedkov a déclaré qu'à ce jour, la Russie bénéficiait justement de l'appui des pays dont la part dans le commerce extérieur russe dépasse 70%.
Il a rappelé notamment que la Russie avait d'ores et déjà signé les protocoles d'achèvement des négociations tarifaires avec 12 pays. En ce qui concerne les services, le protocole en a déjà été signé avec un pays, alors qu'avec encore 5 Etats, des protocoles du genre se préparent à la signature, a poursuivi Maxime Medvedkov.
"Du point de vue des indicesquantitatifs, nous ne sommes plus loin de l'objectif fixé, bien que pas mal d'écueils y restent encore", a indiqué le responsable russe.
Commentant l'achèvement des négociations avec l'Union européenne (UE), Maxime Medvedkov en a qualifié les résultats de "billet d'entrée à l'OMC". C'est que l'Union européenne est le principal partenaire commercial de la Russie. "Pour nous c'est une sorte de repère au stade final des négociations, repère en-dessous duquel nous n'avons guère l'intention de descendre", a ajouté le représentant du ministère du Développement économique.
Selon ce dernier, la législation russe en vigueur est pratiquement tout à fait adaptée aux normes de l'Organisation mondiale du Commerce, de sorte qu'il n'y reste que trois à quatre amendements purement techniques à apporter aux lois qui régissent notamment la production et l'écoulement des boissons alcoolisées, ainsi qu'à la législation concernant la propriété intellectuelle.
Maxime Medvedkov est sûr et certain que la future adhésion de la Fédération de Russie à l'Organisation mondiale du Commerce ne se soldera en aucun cas par la hausse des prix des marchandises et des services sur le marché intérieur. Aussi, a-t-il qualifié de parfaitement "vaines" les craintes de certains citoyens russes que l'adhésion du pays à l'OMC ne déclenche l'élévation des prix des marchandises, alors que leur salaire reste le même.
Tout au contraire, estime le représentant du ministère, l'adhésion de la Fédération de Russie à l'Organisation mondiale du Commerce mènera plutôt à une baisse des prix. "C'est que les prix des hydrocarbures qui déterminent pour beaucoup le coût des marchandises resteront inchangés sur le marché intérieur. C'est aussi au niveau ancien que nous garderons nos taxes aux exportations", a-t-il expliqué sa conclusion plutôt inattendue.
Et d'ajouter que, selon les estimations des experts, même si l'adhésion de la Fédération de Russie à l'Organisation mondiale du Commerce se déroule d'après le pire des scénarios, les pertes de l'économie russe ne dépasseront jamais 0,5% par an de la croissance du produit intérieur brut (PIB).
Maxime Medvedkov a, en outre, précisé que pas une seule branche de l'économie nationale ne se retrouverait confrontée à des problèmes globaux à la suite de l'adhésion.
Qui plus est, l'adhésion de la Russie à l'OMC ne crée pas, non plus, d'obstacles aux processus d'intégration en cours au sein même de la Communauté des Etats indépendants (CEI).
Comme l'a précisé Maxime Medvedkov, "tous les membres de l'OMC sont d'accord que la Russie pourra, à l'avenir également, participer à des accords commerciaux déjà en vigueur et en conclure de nouveaux, à titre préférentiel, avec les Etats-membres de la CEI et d'autres pays".
Le "principal négociateur" du pays a appris que, dans une semaine, la capitale kazakh - Astana - allait accueillir la rencontre de la Fédération de Russie avec ses partenaires de la Communauté économique eurasiatique (CEEA est une organisation économique régionale qui regroupe à ce jour la Fédération de Russie, la Biélorussie, le Kazakhstan, le Tadjikistan et la Kirghizie). Au cours de cette future rencontre, il s'agira, entre autres, de concerter les prises de positions avec le Kazakhstan qui mène, lui aussi, des négociations sur son adhésion à l'Organisation mondiale du Commerce.
Après son adhésion à l'OMC, la Russie gardera ses taxes aux exportations d'hydrocarbures et de ferraille sidérurgique et des métaux non ferreux.
Cela dit, Maxime Medvedkov a tenu à rappeler que, selon une pratique bien établie, on n'accepte pas des Etats gardant leurs taxes aux exportations. Quoi qu'il en soit, la Russie a réussi à s'entendre avec ses essentiels partenaires commerciaux, y compris avec l'Union européenne, sur le maintien des taxes aux exportations d'hydrocarbures qui donnent, d'ailleurs, 90% de l'ensemble des revenus de l'Etat russe provenant des taxes aux exportations. En outre, resteront les taxes aux exportations de ferraille sidérurgique et des métaux non ferreux et ce, afin de maintenir la compétitivité de l'industrie russe qui utilise toujours ce genre de ferraille. Il n'est pas moins vrai, cependant, qu'une libéralisation progressive y sera menée.
Toutes les autres taxes actuelles aux exportations seront évidemment annulées à l'adhésion de la Fédération de Russie à l'Organisation mondiale du Commerce, une exception n'y étant possible que pour les produits indispensables à l'industrie légère russe, a noté en conclusion Maxime Medvedkov.