"Nous connaissons ceux qui l'ont fait, la vérité finit toujours par percer", a déclaré le premier adjoint au président de la Banque, Andreï Kozlov, prenant la parole au bureau élargi du Service fédéral de politique anti-monopole mercredi.
"Il n'y aucune crise. Cette idée a été répandue pour protéger des capitaux illicites et jeter un discrédit sur les autorités, en premier lieu, sur la Banque centrale", a souligné Kozlov.
"C'est un exemple élémentaire de concurrence déloyale", estime-t-il.
Kozlov a souligné sous ce rapport que, conjointement avec la Banque centrale, le Service anti-monopole est tenu d'élaborer une "nouvelle culture des rapports" au sein de la communauté bancaire.
"Notre politique envers les banques est ferme et sérieuse et nous savons assez à propos des banques et des banquiers pour exiger d'eux de remédier à la situation", a déclaré Kozlov.
"La tendance actuelle qui tend à remédier aux défauts du système est notre mérite mais aussi celui des banquiers qui se rendent compte qu'il faut modifier la culture des rapports dans le secteur bancaire", a ajouté le numéro 2 de la Banque centrale.
Andreï Kozlov a commenté le récent scandale autour de la banque Sodbiznesbank.
"Il n'y avait pas de prémisses économiques objectives pour les problèmes actuels de la banque. Oui, il y avait bien un système "opaque" de droit de propriété, mais il n'y avait pas de prémisses économiques", a-t-il souligné.
Les problèmes de la banque Credittrust ne s'expliquent pas non plus par des causes économiques, ils ont été surtout provoqués par le tapage soulevé dans la presse, estime-t-il.
"Une semaine d'articles sur Credittrust a de fait noyé la banque", a constaté Kozlov.
Cette "attention" envers l'établissement a eu pour résultat qu'en une semaine "la banque a perdu 2 milliards de roubles (1 dollar en vaut près de 29, NDLR) et s'est effondrée".
"Voilà pourquoi on ne doit pas crier "au feu !" dans un théâtre", a fait observer le premier adjoint au président de la Banque.
La Banque centrale, a-t-il indiqué, mène un travail en direction des responsables de Credittrust pour "trouver une solution".
La banque Credittrust avait adressé à la Banque centrale sa demande de liqudation. Parallèlement, elle avait demandé à la Banque un crédit de stabilisation.
Mais, a fait observer Kozlov, la Banque centrale n'a pas l'intention de laisser les banques faibles entrer dans le système d'assurance des dépôts.
"Nous ne voulons pas que les institutions bancaires faibles entrent dans le système de mobilisation et d'assurance des dépôts des particuliers. Nous devons nous opposer à l'entrée des banques déloyales dans ce système", a déclaré le numéro 2 de la Banque de Russie.
Le système bancaire vit une réforme de structure qui s'explique par la concurrence et par la politique de l'Etat qui "ne tolère plus le comportement déloyal des banques sur le marché", a noté Kozlov.
La révocation de la licence de la Sodbiznesbank pour infraction à la législation anti-blanchiment constitue l'exemple du durcissement de la politique de l'Etat envers les banques.
Selon le représentant de la direction de la Banque centrale, la situation autour de Sodbiznesbank a révélé des lacunes dans la loi sur la faillite et le Code pénal. La Banque centrale a déjà adressé au gouvernement une lettre dans laquelle elle lui demande d'élaborer des amendements à la législation en vigueur, a annoncé Kozlov.
Les amendements à la loi sur la faillite et au Code pénal qui permettront d'éviter à l'avenir une situation dans laquelle les représentants de la Banque de Russie ne peuvent pas pendant plus d'une semaine entrer dans une banque d'affaires, comme cela a été le cas, sont déjà en cours d'élaboration par le Service fédéral pour les marchés financiers, a dit Kozlov.
La Banque centrale se propose de coopérer étroitement avec le Service de politique anti-monopole et de préparer un document qui décrit les modalités d'examen des dossiers ayant trait, pour reprendre l'expression de Kozlov, "au mauvais comportement anti-monopole des banques sur le marché".
Dans la situation actuelle, a noté le représentant de la Banque de Russie, les banques voient apparaître de nouveaux mobiles pour un comportement déloyal. Suite à l'exacerbation de la concurrence sur le marché, certaines banques feront l'objet d'absorptions et de fusions, d'autres quitteront le marché et d'autres encore seront tentées de recourir aux méthodes de la concurrence déloyale", a encore expliqué Andreï Kozlov.