Nezavissimaïa gazeta
Jeudi à Sotchi, station balnéaire sur la mer Noire, Vladimir Poutine a rencontré Vojislav Kostunica. C'est la première fois qu'il le recevait en qualité de Premier ministre de la Serbie mais il l'avait déjà rencontré auparavant, lorsque, avant la dissolution de la République fédérale de Yougoslavie, il en était le Président et était venu à ce titre à Moscou, accompagné de nombreux dignitaires religieux et hommes d'affaires, écrit le quotidien.
Les hommes politiques serbes aiment répéter que la Russie est le principal partenaire de la Serbie, souligne le journal. Cependant, arrivé au pouvoir en automne 2000, Kostunica s'est hâté de se tourner vers d'autres capitales. Peut-être parce qu'il s'est senti offensé que les autorités russes le négligent jusqu'à l'abdication de Slobodan Milosevic, le 6 octobre 2000. D'autre part, la "jeune démocratie serbe" avait besoin d'aide financière étrangère alors que la Russie ne se montrait guère généreuse en déclarant que l'argent devait être déboursé par ceux qui avaient bombardé la Yougoslavie et l'avaient étouffée par des sanctions économiques.
A propos, fait remarquer la "Nezavissimaïa gazeta", Vladimir Poutine est revenu hier sur les bombardements. "Je suis profondément convaincu que si la communauté internationale avait eu assez de courage et de force pour éviter les bombardements de Belgrade, nous n'aurions pas eu aujourd'hui une situation aussi douloureuse en Irak. La crise aurait été différente", a dit le président russe. En ce qui concerne l'économie ruinée, la Russie "estime possible de participer au relèvement économique de la Serbie", a déclaré Vladimir Poutine.
Le Président russe a promis aussi d'élargir la participation russe au règlement du problème du Kosovo : "Nous sommes prêts à rehausser le plafond de notre participation mais ce ne sera possible que si la Russie est certaine que sa présence est nécessaire et que les décisions auxquelles elle prendra part sont susceptibles de conduire à un règlement", informe le journal.
Izvestia
L'exportation de viande en provenance d'Europe vers la Russie est suspendue. Le ministère russe de l'Agriculture a mis en pratique à partir du 1er juin des certificats vétérinaires uniques pour la viande des pays de l'Union européenne. Les Européens n'ont pas eu le temps ou n'ont pas voulu approuver les nouvelles formalités. Pour cette raison la frontière russe a été fermée mardi à la viande européenne.
Comme la Russie lui en achète pour 1,3 milliard d'euros par an, l'Europe s'est alarmée par les interdits vétérinaires mais les fonctionnaires de la Commission européenne n'ont rien proposé de concret pour résoudre le conflit. Les experts russes estiment que les consommateurs nationaux n'auront pas à regretter la fermeture de l'Europe car les importateurs augmenteront leurs achats en provenance d'Amérique latine où la viande est actuellement moins chère qu'en Europe.
D'après les informations fournies par l'Union de producteurs de viande de Russie, les pays de l'Union européenne représentent actuellement 25% environ de la totalité des importations russes de viande avec 24 millions de tonnes par an. Le rendement de l'industrie nationale est beaucoup plus modeste : à l'heure actuelle la Russie produit seulement 5,5 millions de tonnes de viande par an.
Les principales livraisons de viande viennent actuellement des pays d'Amérique latine. Ces produits sont de meilleure qualité et moins chers, selon les spécialistes. D'autre part, les importateurs qui font leurs achats dans les pays en voie de développement économisent sur les droits de douane qui sont de 25% plus bas que pour les produits venant des pays industrialisés", soulignent les "Izvestia".
Kommersant
James Wolfensohn, président de la Banque mondiale (BM), qui participe à la première conférence internationale "Gestion d'entreprise et croissance économique en Russie" a rencontré à Moscou le Premier ministre Mikhail Fradkov, ainsi que les ministres russes de l'économie. Selon le quotidien "Kommersant", la position du banquier se résume à ceci: le récent Message présenté par le Président Vladimir Poutine à l'Assemblée fédérale (parlement) doit être approuvé, car il y parle beaucoup de la lutte contre la pauvreté, ce qui est l'objectif prioritaire de la Banque mondiale. Le doublement du produit intérieur brut (PIB) est possible en Russie, mais il faut mettre en oeuvre une série de réformes: il faut notamment faire en sorte que les décisions des tribunaux soient appliquées et que des procédures de liquidation judiciaire dignes de ce nom deviennent la norme.
Au cours de l'entretien avec Mikhail Fradkov, poursuit le quotidien "Kommersant", James Wolfensohn a examiné avec lui un programme de coopération pour trois ans (de juillet 2005 à juillet 2008). Il s'agit de sommes allant de 1 à 1,5 milliard de dollars. Il a été question, entre autres, d'un crédit pour la reconstruction du centre historique de Saint-Pétersbourg.
Le président de la BM a hautement apprécié les changements qui surviennent en Russie: "Il y a cinq ans, j'ai été réveillé la nuit par des coups de fil pour accorder d'urgence 6 milliards de dollars, en disant que, s'ils n'étaient pas là vers 6 heures du matin, une crise aurait lieu en Russie. A présent, je dors tranquillement", cite "Kommersant" les paroles de James Wolfensohn.
Vremia novostei
La commission électorale de la République de Tchétchénie a reçu la troisième candidature pour l'élection présidentielle anticipée prévue le 29 août. La liste qui ne comportait que Vakha Vissaiev, conseiller de l'ancien président Akhmad Kadyrov mort dans un attentat le 9 mai à Grozny, et Mariat Gortchkhanova, employée de la préfecture du district d'Ourous-Martan, personnes pratiquement inconnues en Tchétchénie, s'est allongée d'un autre nom: Malik Saïdoulaiev. Cet entrepreneur âgé de 39 ans est connu comme l'un des représentants les plus riches de l'élite économique tchétchène. Il a dirigé, jusqu'à l'automne 1999, le Conseil d'Etat de la Tchétchénie, parlement en exil opposé au régime d'Aslan Maskhadov. Malgré le rôle purement symbolique de cet établissement, le prestige politique de l'entrepreneur s'est considérablement accru depuis. L'année dernière, Malik Saïdoulaiev a participé à la campagne présidentielle en Tchétchénie. La candidature de Malik Saïdoulaiev sera probablement un signal pour d'autres prétendants, connus dans la population, au poste de Président de la République, estime le journal "Vremia novostei". Ils ont près d'un mois et demi pour réfléchir, car l'enregistrement des candidatures s'achèvera le 14 juillet.
Gazeta
Les experts ont élaboré une nouvelle conception de la rémunération du travail des instituteurs à la demande du ministère de l'Education et de la Science de la Russie, informe le quotidien "Gazeta". Si cette conception est approuvée, le montant du salaire de l'enseignant dépendra non pas de la quantité d'heures de travail, mais de la qualité de l'enseignement. Le salaire mensuel dépendra aussi de l'ancienneté et de la qualification de l'enseignant.
Anatoli Pinski, directeur d'une école de Moscou, chef du groupe de travail chargé d'élaborer la nouvelle conception, a expliqué au quotidien "Gazeta": "La dépendance du salaire de l'instituteur du nombre de leçons données est dangereuse, car, en vue d'encourager un bon instituteur et pour qu'il gagne plus, le directeur de l'école accroît ses heures de travail, par conséquent, un bon instituteur devient mauvais. L'instituteur qui travaille 30 heures par semaine ne peut pas enseigner bien. Le barème des tarifs se répercute aussi sur les élèves: dans ces conditions, l'administration de l'école trouve avantageux d'accroître le nombre de leçons, même de passer à six jours d'études par semaine".