Il ne doit pas avoir de places vides à bord de l'ISS

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MOSCOU, 4 juin (par Andreï Kisliakov, commentateur politique de RIA Novosti). Les directeurs des agences spatiales des pays prenant part au programme de la Station spatiale internationale (ISS) devraient se rencontrer une nouvelle fois fin juin-début juillet. Espérons que d'ici là la petite mais courageuse mission spatiale, composée du Russe Guennadi Padalka et de l'Américain Michael Fincke, réussira la sortie extravéhiculaire prévue pour le 16 juin. Les deux hommes tenteront de remettre en marche un gyroscope d'orientation de l'ISS, tombé en panne à la fin du mois d'avril. Le premier avait cessé de fonctionner il y a un an. Par conséquent, à l'heure qu'il est, l'orientation de la station n'est plus assuré que par deux gyroscopes sur quatre. Mais que le gyroscope soit remis en état ou non, les patrons des agences spatiales principales partenaires de la Russie et des Etats-Unis dans le programme de l'ISS doivent régler au plus vite la question concernant l'augmentation des effectifs de la mission permanente.

Depuis l'accident survenu au mois de février de l'année dernière à la navette américaine Columbia, l'acheminement des cosmonautes jusqu'à la station et leur retour sur Terre et l'approvisionnement de l'ISS au moyen de vaisseaux de transport Progress sont assurés par la seule Russie. Cependant, en raison d'une grave pénurie de véhicules, il a fallu réduire à deux le nombre de membres de la mission permanente alors que ses effectifs devraient être de six personnes.

Finalement le programme scientifique à réaliser à bord de la station est pratiquement stoppé tandis que l'existence de la mission se résume à un affrontement permanent avec les forces hostiles de l'espace. L'ISS est une structure technique sophistiquée, gérée par des systèmes électroniques extrêmement complexes. Or, pour assurer la maintenance d'une telle structure il est patent que les forces actuellement présentes à bord de la station sont insuffisantes.

Aussi sérieux aient été lestests subis par les matériels spatiaux, ceux-ci se brisent et souvent, malheureusement. Ce qui est d'ailleurs le cas à bord de l'ISS aussi. On imagine aisément les charges psychologiques et physiques auxquelles doivent faire face les deux cosmonautes en sortant dans l'espace et en laissant la station absolument vide.

Au demeurant, depuis la mise en exploitation de la station des défaillances plus ou moins graves de ses systèmes ont à plusieurs reprises donné des suées aux locataires de l'ISS et aux personnels des services terrestres.

Au mois de mars 2001, l'activation du système de télécommunications satellitaires à bande large avait posé quelques problèmes qui avaient finalement été éliminés.

Le 25 avril 2001, une panne des trois ordinateurs de bord a interrompu la liaison entre l'ISS et le centre de contrôle des vols. Le contact a été rétabli le lendemain.

Le 16 juillet 2001, une fuite de liquide réfrigérant s'est produite dans le système raccordant le sas à la station.

Le 28 juillet 2001, lors de l'accostage du vaisseau de transport Progress M1-7, la fixation automatique de celui-ci à la station ne s'est pas produite. Cette défaillance avait été provoquée par la présence d'un corps étranger dans le système d'arrimage.

Les 4 et 5 février 2002, un grippage de l'ordinateur central du segment russe de la station a désorienté la station.

Du 15 au 18 mai 2002 la mission a éliminé des défaillances dues à une panne de la génératrice d'oxygène Elektron.

Le 28 octobre 2003, pendant le désarrimage du vaisseau Soyouz TMA-2 d'avec la station, la station s'est retournée consécutivement à une panne de la console de gestion. L'ISS a repris sa position habituelle après le désarrimage.

A partir du 31 décembre 2003, on a observé à bord de l'ISS une baisse de la pression quotidienne de 1-1,5 sur la colonne de mercure. Le contrôle de l'herméticité de la station a révélé dans le module américain une fissure dans le système de drainageégalisant les pressions à l'intérieur du hublot. La défaillance a été éliminée par les cosmonautes le 12 janvier 2004.

De l'avis de Youri Sémionov, président de la corporation spatiale Energuia, principale entreprise de l'industrie astronautique russe, la meilleure solution pour remédier à cette situation serait que les partenaires internationaux, les Etats-Unis en premier lieu, commandent à la Russie des vaisseaux Soyouz et Progress supplémentaires. Quoi qu'il en soit, en dépit du caractère préoccupant de la situation et des examens réitérés de celle-ci avec la NASA (National Aeronautics and Space Administration), aucune décision en la matière n'a encore été prise. La prochaine rencontre permettra peut-être de régler le problème du transport de l'ISS et, partant, celui concernant l'augmentation des effectifs de la mission permanente. C'est en tout cas ce que nous souhaitons.

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