Les bruits sur l'achat par Gazprom d'actifs de Yukos s'avèrent fortement exagérés

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MOSCOU, 3 juin. Commentateur économique de RIA-Novosti Vassili Zoubkov. La récente déclaration des responsables de Gazprom selon laquelle le groupe gazier n'examine pas la possibilité d'acheter une partie des actifs de Yukos aurait pu mettre les points sur les i. Il a été carrément déclaré que le consortium ne dispose pas d'information sur la vente des actifs de la compagnie pétrolière. Cette information n'existe pas dans la nature. En revanche, ce qui existe, ce sont les questions la réponse auxquelles, affirmative ou négative, risque d'engendrer une nouvelle avalanche de bruits et de spéculations et, finalement, un mouvement de panique dans la société. La veille, au piège tendu par un journaliste - S'il y avait des ventes, Gazprom y participerait-il, oui ou non ? - tombait déjà Vlada Roussakova, chef du Département de développement stratégique de Gazprom.

Je suis absolument sûr que quelle que fût sa réponse - ou son refus de répondre - la situation hypothétique (vente prétendue d'actifs) serait devenue un fait accompli. Ce qui n'existe pas aurait fini par exister.

On a beau répéter que Gazprom a des projets de longue haleine avec Yukos, que le groupe gazier n'est point intéressé à la déstabilisation de son partenaire en potentialité. Et que le président de Gazprom, Alexeï Miller, a plus d'une fois évoqué les projets des "gaziers" de s'occuper du raffinage et d'augmenter sa propre production d'hydrocarbures liquides, en la portant de 10 millions de tonnes annuellement aujourd'hui à 40 millions d'ici dix ans. Et aussi que Gazprom s'engage pour de bon dans le secteur du raffinage. En vain. Tout cela ne sera pas entendu par les amateurs des nouvelles à sensations. Chacun entend ce qu'il veut entendre.

L'une des lois de la presse libre consiste à entourer une situation de toutes sortes d'inventions et à persuader soi-même et ses lecteurs de la réalité des élucubrations. Le scénario, pour reprendre le langage cinématographique, est présenté pour unfilm.

Allons voir maintenant à qui pourraient profiter les bruits sur le "décès imminent" de Yukos, diffusés pour jeter un discrédit sur Gazprom. D'ailleurs, les attaques contre le monopole gazier mettent en cause les propos du président Poutine qui dit que l'Etat contrôlera à l'avenir également la compagnie gazière, élèvera son efficacité, la réformera sans hâte et avec circonspection, défendra l'intégrité du consortium en y voyant, à juste titre, le garant de l'indépendance économique du pays.

Le directeur de l'Agence fédérale énergétique, Sergueï Oganessian, a exprimé ce même point de vue à l'auteur de ces lignes. Notamment, il a dit que Gazprom ne doit pas devenir une compagnie pétrogazière. La stratégie du développement du consortium - selon les projets gouvernementaux - s'appuie sur l'augmentation de la production de gaz, de la transformation du combustible bleu et l'élargissement de la production de gaz liquéfié à des fins d'exportation.

Les 10 grosses sociétés pétrolières "verticalement intégrées" seraient intéressées, dans une mesure différente, à l'élimination du onzième et plus puissant concurrent, Yukos. Ses actifs - dans la production pétrolière et le raffinage - sont, pour elles, un bon morceau de gâteau. Mais il y a un proverbe : il ne faut pas vendre la peau d'un loup avant de le tuer.

Oui, les chances de faillite pour Yukos sont grandes mais elles ne sont pas absolues. Pourtant, ces bruits augmentent ces chances.

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