Le conseiller économique de Poutine a donné une conférence de presse

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MOSCOU, 2 juin - RIA Novosti. Pour doubler le produit intérieur brut vers 2010 il faut que le rythme de la croissance économique soit maintenu à un niveau de 9,3% en moyenne par an, a déclaré ce mercredi, lors d'une conférence de presse, le conseiller économique du président de la Fédération de Russie, Andréi Illarionov.

"Si l'objectif de doubler le PIB doit être atteint vers 2012, alors le rythme de croissance annuelle doit être de 7,2%", a-t-il affirmé.

"Mais si on réussit à atteindre le but vers 2010, cela veut dire que pendant les années qui nous restent l'économie doit progresser au rythme de 9,3% en moyenne par an", a dit l'économiste, en commentant l'objectif fixé par le président dans son message annuel à l'Assemblée fédérale (doubler le PIB en dix ans).

Andréi Illarionov a rappelé que cet objectif avait été fixé par le chef de l'Etat l'année dernière. Alors le président posait l'année 2002 pour point de référence. Autant dire que le compte à rebours a commencé en 2003 et s'achevera en 2012, a-t-il expliqué.

Dans son message de cette année, le président a déclaré qu'au rythme de croissance constaté au premier trimestre de l'année en cours (8%) l'objectif pourrait être réalisé vers 2010.

"Le président estime qu'avec un rythme élevé de croissance économique il est possible de doubler le PIB en chiffre absolu et par tête d'habitant en l'espace de dix ans", a dit le conseiller.

A l'appui de la faisabilité de cette idée, il a cité un exemple historique : "Au cours des cinquante dernières années, 70 pays sur 140-150 du monde ont doublé leur PIB en dix ans en maintenant leur rythme annuel de croissance à 7,2% et davantage".

Les circonstances étant favorables et la politique économique judicieuse, la Russie est capable d'en faire autant, estime le conseiller du président.

Depuis ces dernières années les horizons de la planification ont été élargis en Russie. "Il est possible de bâtir la stratégie de manière à pouvoir maintenir un rythme de croissance économique rapide et stable pendant huit ans, dix ans, peut-être même davantage", a-t-il estimé.

En même temps, il a fait remarquer que le rythme de croissance actuel du PIB est inférieur de 22% à celui de 1989. "Mais aujourd'hui le PIB n'est pas ce qu'il a été à l'époque", a-t-il ajouté. Aujourd'hui, l'économie est davantage orientée sur la demande réelle et sur la production de marchandises et de services dont on a besoin.

La consommation privée a augmenté depuis ces cinq dernières années de 21% par rapport à 1989 et de 34% par rapport à 1998, année de crise, a-t-il rappelé.

"On n'a pas besoin d'une croissance économique abstraite. La croissance économique est nécessaire aux gens. Il faut réellement augmenter les biens, les marchandises et les services pour chaque citoyen", a déclaré Andréi Illarionov.

C'est pourquoi il faut doubler le PIB par tête d'habitant, doubler la consommation privée et le niveau de vie, a expliqué le conseiller du président.

"La tâche la plus importante formulée dans le message du président consiste à créer dans le pays une société libre d'hommes libres et de la développer", a-t-il rappelé.

"Elle n'a pas l'air économique mais c'est le principal objectif économique, politique, philosophique et social", a-t-il ajouté.

"Dès lors, estime-t-il, la croissance économique est le principal outil et moyen d'assurer un niveau de vie plus élevé, plus sécurisé et plus confortable".

"L'argent c'est la liberté mise en circulation", a-t-il dit. Et d'expliquer : " Un homme pauvre, aux ressources limitées ne saurait être libre".

"De même, une société empêtrée dans des problèmes intérieurs et des protocoles internationaux ne saurait être libre", a ajouté Andréi Illarionov.

A l'heure actuelle le PIB russe par tête d'habitant est de 8 000 dollars en parité du pouvoir d'achat, a-t-il fait remarquer.

"Nous devons le porter à 16 000 dollars, au niveau des pays moyennement développés", a déclaré l'économiste qui a cité en référence le Portugal, la Grèce, Malte, la République tchèque, la Corée du Sud. "Cependant, ces pays ne feront pas du surplace, ils continueront d'avancer. Nous devons le prendre en compte", a ajouté le conseiller.

Si l'économie russe progresse de 7,2% en moyenne par an, la Russie mettra dix ans à retrouver son niveau de développement du début des années 1980.

"Il nous faudra trente ans pour revenir là où nous étions. C'est le prix des erreurs commises à l'époque soviétique et dans les années 1990 où la politique économique s'est soldée par une crise douloureuse", a dit Andréi Illarionov.

Il faut dire franchement qu'avec la hausse actuelle des tarifs des marchandises et services fournis par les monopoles naturels, hausse proposée notamment par le ministère du Développement économique et du Commerce, il est impossible de doubler le PIB en dix ans et surtout pas vers 2010, estime l'économiste. "On peut dire la même chose du rythme du renforcement du cours réel du rouble par rapport à la corbeille de monnaies étrangères. Avec le rythme que nous observons depuis ces quatre derniers mois, il est impossible que la croissance économique soit rapide", a-t-il dit.

Andréi Illarionov considère que pour réaliser les objectifs économiques fixés par le président il est nécessaire en premier lieu d'assurer un niveau optimum des dépenses publiques et de conserver le fonds de stabilisation.

"Ce sont des paramètres clés dont l'évolution sera la réponse à la question flottant à l'esprit, à savoir si toutes les tâches assignées pourront être accomplies dans les délais impartis", a dit le conseiller économique.

Le premier de ces paramètres est, à son avis, le niveau des dépenses publiques et notamment des dépenses non liées au remboursement des intérêts. L'économiste a rappelé que le chef de l'Etat avait attiré tout particulièrement l'attention de l'Assemblée fédérale sur la nécessité d'optimiser le niveau des dépenses publiques.

L'autre priorité dans le contexte de la dépendance étroite de l'économie russe vis à vis de la situation économique extérieure est, selon Andréi Illarionov, le fonds de stabilisation.

"Depuis ces derniers temps, nous sommes témoins, malheureusement, de tentatives acharnées de supprimer cet instrument complexe servant à stabiliser et à discipliner la politique économique dans le pays", a dit le conseiller.

Ayant évoqué la nomination de Kakha Bendoukidze au poste de ministre de l'Economie de la Géorgie, Andréi Illarionov a dit que c'est une "perte sérieuse" pour la Russie.

"Nul doute, c'est une acquisition de poids pour la Géorgie et une perte sensible pour la Russie", a-t-il dit.

"Kakha Bendoukidze n'est pas seulement un homme d'affaires important et efficace. Il est aussi une grande personnalité publique qui a fait beaucoup pour que notre économie et notre société deviennent plus libres et plus efficaces", a ajouté le conseiller du président.

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