Selon lui, les objectifs économiques qui se posent à la Russie et la ratification du protocole de Kyoto sont "des choses incompatibles".
"Le protocole de Kyoto cause un préjudice très grave à l'économie de la Russie, il est discriminatoire à l'égard de la Russie, il n'est pas fondé scientifiquement et repose sur des données falsifiées", a déclaré mercredi Andrei Illarionov au cours d'une conférence de presse.
"Ces derniers temps, il n'y a pas eu d'arguments, d'explications ou de justifications des dispositions du protocole de Kyoto pour la Russie, comme, d'ailleurs, pour d'autres pays", a-t-il souligné.
"Nos collègues de l'UE n'ont même pas essayé d'avancer des arguments tant soit peu valables en faveur de ce document. Tout ce que nous avons vu, c'est une position politique, une pression politique", a dit le conseiller du président.
"Le protocole de Kyoto est incompatible avec les intérêts de la Russie et les intérêts à long terme des pays qui ont fait l'imprudence de le ratifier et de prendre des engagements appropriés", estime Andrei Illarionov.
A son avis, l'idéologie du protocole de Kyoto représente une "espèce d'idéologie totalitaire à l'instar du communisme ou du fascisme, car elle suppose que certains organes bureaucratiques aient le droit de décider pour les gens ou pour les agents économiques ce qu'ils doivent faire et comment".
"Pourquoi devons-nous y participer?" a ajouté Andrei Illarionov.
"Le protocole de Kyoto introduit des restrictions sur les rejets de gaz carbonique dans l'atmosphère pour les pays industrialisés. Certains experts soulignent l'absence de fondement scientifique du protocole de Kyoto, sa faible efficacité pour la réduction de la concentration des gaz de serre dans l'atmosphère, comme c'est prévu par la Convention sur le changement du climat. Les analystes estiment que l'influence du facteur anthropique sur les changements du climat de la Terre n'est pas fondée. Selon les experts de l'Académie des sciences de Russie, les mécanismes du protocole de Kyoto recèlent des risques économiques pour la Russie.
En cas de maintien des taux de croissance économique élevés, la Russie peut dépasser dès 2008-2010 les niveaux plafonds des rejets de gaz de serre indiqués dans le protocole (niveau de 1990), estiment les scientifiques. Par conséquent, en ratifiant le protocole de Kyoto, la Russie sera contrainte ou bien de restreindre les taux de croissance économique, ou bien d'acheter des quotas supplémentaires de rejets de gaz de serre.
Andrei Illarionov a également fait remarquer, au cours de la conférence de presse, qu'une politique assurant la croissance économique était optimale pour réduire la pauvreté en Russie.
Selon lui, le nombre de Russes, dont les revenus sont inférieurs au minimum vital, bien qu'il se soit réduit ces dernières années, "reste considérable".
"Il serait bon de réduire la pauvreté au moins de moitié au cours des prochaines années", a souligné le conseiller du président.
"Comment parvenir à une réduction sensible de la pauvreté? La politique de croissance économique est optimale. Elle permet aux gens de travailler, de gagner de l'argent et de régler ainsi, pour l'essentiel, le problème de la pauvreté", a dit Andrei Illarionov.
Il a cité l'expérience de la Chine et de l'Inde qui ont réduit substantiellement le nombre de pauvres ces 20 dernières années. La Chine a battu, selon lui, un "record historique" dans ce domaine, en arrachant à la pauvreté 420 millions d'habitants. L'Inde en a fait de même, mais "à une échelle plus modeste", a fait remarquer le conseiller du président.
Ces pays ont su mettre en oeuvre les réformes économiques de telle façon que la part du PIB destinée aux dépenses pour le soutien aux pauvres, loin de s'accroître, a diminué.
Par conséquent, le moyen le plus efficace de régler ce problème n'est pas d'accroître les aides sociales aux pauvres, mais de maintenir des taux de croissance économique élevés, a dit Andrei Illarionov.
Parmi d'autres facteurs importants favorisant le règlement du problème de la pauvreté, il a cité l'accès de la population à des logements accessibles et l'amélioration du niveau d'instruction et du système de santé.