"Les hauts cours ont donné le second souffle au secteur des hydrocarbures de la Caspienne", a-t-il indiqué prenant la parole à la conférence "Le pétrole et le gaz de la Caspienne 2004" à Bakou. "Tous ne peuvent conserver dans cette situation une froideur d'esprit et ne pas tomber dans l'euphorie", a souligné le diplomate.
Soulignant qu'en élaborant la stratégie énergétique ces tendances justement l'ont emporté en Russie, Kalioujny a rappelé que "ce déséquilibre en faveur des exportations est en mesure de conduire à l'épuisement du marché extérieur et de porter un coup dur aux consommateurs nationaux, des gros industriels aux automobilistes de rang".
"La situation où le brut est exporté alors que les raffineries nationales ne tournent pas à plein régime ne présente sûrement pas rien de sain", a souligné le vice-ministre. "Ajoutez-y la chute des réserves réelles conjuguée à l'absence du programme de rétablissement de la base minérale", a-t-il indiqué.
Le délégué spécial du président en charge des questions de la Caspienne a rappelé l'opportunité de l'avertissement selon lequel "la conjoncture favorable des prix du pétrole est une dure épreuve pour la Russie".
Kalioujny estime que la balance qui s'est instaurée entre les pays de la région et les compagnies énergétiques étrangères ne tient pas compte des intérêts de ces pays et ne respecte pas le principe de l'avantage mutuel.
Le responsable russe a rappelé que dans certains pays "le business étranger contrôle plus de 80% de leurs ressources en hydrocarbures".
Selon lui, "il y a eu des erreurs de calcul dans l'élaboration de lois et la conclusion de contrats". Notamment en Russie, au début des années 1990, l'imperfection de la législation fiscale "a contribué à l'engouement pour les accords sur le partage du produit, dans lesquels nous voyons l'unique moyen sûr de mobiliser les investissements étrangers ou peu s'en faut", a dit Viktor Kalioujny.
"Je pense que les compagnies étrangères qui veulent rester longtemps dans la région caspienne doivent comprendre notre effort de repenser les réalités et les paramètres de la coopération, édifier des rapports plus équilibrés avec leurs partenaires, percevoir avec calme le processus naturel de baisse des rendements surélevés aux normes universellement admises", a conclu Viktor Kalioujny.