Le journal russe "Gazeta" publie les commentaires des hommes politiques, des parlementaires et des experts à ce sujet.
Zourab Jvania, premier ministre de Géorgie:
"Nous avons décidé avec le président Mikhail Saakachvili de proposer à Kakha Bendoukidze d'assumer le poste de ministre de l'Economie dans notre gouvernement, et nous sommes sûrs d'avoir fait le bon choix, car il a été à la tête de la restructuration de dizaines d'entreprises industrielles. Il s'agit de grandes usines qui étaient considérées comme perdues, mais, grâce à la politique très énergique de Kakha Bendoukidze, il a été possible non seulement de conserver ces entreprises, mais surtout de les porter à un nouveau niveau des capacités de production. Il jouit d'un prestige considérable non seulement en Russie, mais aussi en Europe et aux Etats-Unis. Les processus économiques en Géorgie doivent être réorganisés de fond en comble. Je ne cache pas que nous comptons beaucoup sur lui".
Alexandre Chokhine, président du conseil de surveillance du groupe d'investissement "Renaissance Capital":
"Vendredi dernier, j'ai participé à la conférence d'affaires russo-géorgienne à Tbilissi où je me suis entretenu, en privé, avec Kakha Bendoukidze. Je ne pouvais pas supposer qu'il puisse devenir ministre en Géorgie. Au contraire, en s'entretenant avec les journalistes, il a tenu des propos très prudents à l'égard des investissements en Géorgie. Après la fin de la conférence, je suis parti avant lui, c'est pourquoi je ne sais pas ce qui s'est passé ces deux derniers jours. Au cours de nos entretiens avec les membres du gouvernement géorgien, il était évident qu'ils avaient l'intention sérieuse de coopérer avec la Russie dans le domaine de l'économie et qu'ils voulaient s'attirer des experts russes. Quant à Kakha Bendoukidze, il est un symbole du succès du business russe. Son prestige et ses connaissances sont très précieux. Mais la nomination de Kakha traduit également une tactique politique de Mikhail Saakachvili: dans le gouvernement géorgien, on trouve des ressortissants étrangers, c'est pourquoi un homme de nationalité russe peut équilibrer la situation".
Mikhail Marguelov, président du Comité international du Conseil de la Fédération (chambre haute du parlement russe):
"J'estime que cette nomination est très intéressante. Sous Chevardnadze, l'économie géorgienne était virtuelle. La Géorgie était membre de l'Organisation mondiale du commerce, mais c'était une décision politique qui ne signifiait pas que l'économie géorgienne le méritait. Elle reposait sur les prix subventionnés des matières énergétiques en provenance de Russie et sur les virements d'argent opérés par les Géorgiens travaillant à l'étranger, en premier lieu, en Russie. Kakha Bendoukidze doit commencer par lutter contre la corruption et créer une économie réelle, et non pas virtuelle. La nomination de Kakha Bendoukidze est l'apparition d'un mécanisme de jonction entre l'économie russe et géorgienne. Le secteur énergétique, le transport de transit, les ports constituent un objet d'intérêt pour la Russie. Espérons que Bendoukidze travaillera dans l'intérêt des deux pays".
Constantin Zatouline, directeur de l'Institut des pays de la CEI:
"En nommant Kakha Bendoukidze, le président géorgien s'est fondé sur ses relations stables avec la Russie. Le ministère de l'Economie a été confié à Kakha Bendoukidze pour souligner que la Géorgie ne réunit pas seulement les têtes bien pensantes de sa diaspora qui peuvent aider l'Etat, mais qu'elle a aussi des plans à long terme dans le développement de la coopération économique avec la Russie. Mais je suis certain que Kakha Bendoukidze ne pourra nullement jouer un rôle substantiel dans le choix de l'orientation politique de ce pays. L'orientation est connue. Elle est diamétralement opposée aux intérêts économiques de la Russie. Quant au ministre de l'Economie, il compensera les défauts de cette orientation dans les rapports avec la Russie par une tentative pour attirer le capital russe et entraîner la Russie dans des projets économiques. Il est très profitable à la Géorgie que la Russie investisse dans l'économie géorgienne. A mon avis, la Géorgie voudrait que la Russie assume la majeure partie des investissements dans l'agriculture et l'industrie alimentaire, car les vins géorgiens, les produits géorgiens et l'eau minérale géorgienne ne jouissent d'une demande qu'en Russie. C'est pourquoi l'intérêt manifesté par la Géorgie pour la Russie est évident. La politique prooccidentale affaiblit l'agriculture de la Géorgie qui est un pays agricole".