"Partant des faits objectifs, il ne me reste qu'à confirmer : la politique domine et l'économie est étouffée dans les plans de corridor de transport énergétique Est-Ouest", a-t-il déclaré dans son intervention à la conférence " Le Pétrole et le gaz caspiens 2004 " qui se tient à Bakou.
"Dans le domaine de l'énergie on s'emploie parfois à remplacer l'intégration par la désintégration", a-t-il indiqué au sujet de la "fameuse conception de la multiplicité des itinéraires qui prescrit formellement de transporter les hydrocarbures de la mer Caspienne en direction de l'Ouest uniquement".
A l'appui de ses propos Viktor Kalioujni a évoqué le projet de Consortium d'oléoducs de la Caspienne (KTK) dont les principaux acteurs sont la Russie et le Kazakhstan et dont la réputation économique n'a jamais été remise en doute, à la différence de l'oléoduc de Bakou-Tbilissi-Ceyhan (BTC).
"Néanmoins, a dit le vice-ministre, l'oléoduc reste surcapacitaire, les impôts ne sont pas payés et les dividendes tirés de l'exploitation seront distribués pas avant 2015". "Ceux qui fondent leurs espoirs sur le BTC feraient bien d'étudier l'expérience du KTK", a-t-il estimé.
L'expert n'a pas été moins sceptique en ce qui concerne le projet de création d'un système de gazoducs entre la mer Caspienne et l'Europe Centrale et du Sud. A son avis, au cas où l'Azerbaïdjan déciderait d'exporter plutôt que de réduire ses importations, "son gaz pourrait ne suffire qu'à la Turquie (6 milliards de m3) et à la Grèce (3 milliards de m3) car les sources des volumes restants en gaz, indispensables au remplissage du tube ne sont pas encore déterminées et aucune entente en la matière n'est encore survenue".
Viktor Kalioujni a fait remarquer d'autre part que "Moscou n'a jamais contesté le droit des pays producteurs de décider eux-mêmes de l'orientation des exportations de leurs hydrocarbures".
"Le réseau de transport qui s'est constitué historiquement dans la région de la mer Caspienne représente une base solide de la coopération des pays riverains".
Abordant les relations entre l'Azerbaïdjan et la Russie dans le domaine du pétrole et du gaz, le représentant russe les a qualifiées de "positives dans leur ensemble".
A titre d'exemple il a évoqué la signature et la ratification par les deux pays d'un accord sur la délimitation de leurs secteurs voisins du fond de la mer Caspienne, l'augmentation (de 60% à 80%) de la participation de la compagnie russe "Lukoil" au projet D-222 sur le gisement Yalama-Samur dans le secteur azerbaïdjanais de la mer et la conclusion d'un accord sur la livraison à l'Azerbaïdjan de gaz naturel par la société russe "Gazprom".
En même temps, le potentiel de coopération n'est pas engagé complètement, a signalé Viktor Kalioujni. Par exemple, l'oléoduc Bakou-Novorossiisk (terminal pétrolier sur la mer Noire) qui traverse deux républiques de la Fédération de Russie (le Daghestan et la Tchétchénie) reste surcapacitaire, a-t-il indiqué.