La salle de réception du FSB est une des subdivisions de l'Intendance du Service fédéral de sécurité de la Russie (FSB). On peut y venir à n'importe quelle heure (son adresse à Moscou: 22, rue Kouznetski most) aussi bien avec des informations alarmantes qu'avec des souhaits et des propositions utiles. Il est notoire qu'il est impossible d'assurer la sécurité de l'Etat sans bénéficier d'un large soutien de la population.
Nos visiteurs nous font part de leurs observations et de leurs doutes. Nous recevons environ 50 coups de téléphone par jour et près de 15 000 communications par an. D'après les statistiques, ces sept dernières années, cet indice varie entre 12 000 et 18 000 par an. Lorsque le pouvoir d'Etat et ses institutions se renforcent dans le pays, nos visiteurs sont plus nombreux.
Ces derniers temps, les actes terroristes provoquent l'afflux de communications. Par exemple, après les événements de Boudennovsk, il y avait des communications de ce genre: "J'ai vu dans le train de banlieue un groupe de Tchétchènes avec de gros sacs. Ils sont descendus et se sont dirigés vers l'hôpital". La population a réagi très activement à la prise d'otages pendant la représentation du spectacle "Nord-Ost": rien qu'au cours de l'opération de leur libération, nous avons reçu 200 coups de téléphone, dont certains se sont avérés utiles. Citons un chiffre à titre de comparaison: il y en avait un millier au cours d'un mois.
Nos visiteurs nous informent parfois de la préparation d'un acte terroriste. D'autres nous font savoir les tentatives de les entraîner dans le commerce des armes. Notre service est habilité à examiner ces cas. On nous apprend que les services secrets étrangers manifestent leur intérêt pour un chercheur. Il arrive que l'intérêt manifesté par des étrangers pour nos citoyens concerne les secrets militaires.
Conformément à l'instruction, nous enregistrons nos visiteurs et le contenu de leurs communications. Il est à remarquer que nous n'avons pas le droit de demander à nos visiteurs de présenter les pièces d'identité. Si quelqu'un dit qu'il est, par exemple, Ivan Ivanov, nous l'enregistrons ainsi. Les communications sont classées d'après leur importance: la première place est occupée par les communications sur les actes terroristes éventuels, la deuxième place, par les informations sur les actions des services de renseignements étrangers, etc. Il y a, au total, 25 catégories, dont la dernière concerne les communications qualifiées d'informations "sans contenu concret". Il faut dire qu'elles ne manquent pas. Certains réagissent d'une manière maladive à telles ou telles publications et émissions de la télévision. Ils croient à d'autres mondes, cherchent la protection contre on ne sait quels rayonnements électroniques et affirment qu'ils peuvent détecter les objets dissimulés sous les vêtements. Un jour, un "magicien" de ce genre est venu et m'a demandé de cacher un cristal, en affirmant qu'il le trouverait facilement. Lorsqu'il est sorti du bureau, j'ai mis cet objet dans son sac. Le visiteur muni d'un dispositif s'est approché du coffre-fort en estimant que le cristal s'y trouvait. J'ai dit: non. Ensuite, il a cherché derrière les rideaux et dans les tiroirs de ma table. J'ai dû lui "révéler le secret".
Certains visiteurs ne sont pas satisfaits de la décision du tribunal et raisonnent comme suit: puisque le verdict n'est pas en leur faveur, cela veut dire que le juge et le procureur ont été soudoyés. Dans ces cas, nous leur expliquons que les organes de sécurité ne peuvent pas se substituer aux instances judiciaires et leur citons le service auquel ils doivent s'adresser.
Les employés de la salle de réception du Service fédéral de sécurité sont, en règle générale, des agents du contre-espionnage qui ont travaillé au moins 10 ans dans les organes du FSB, car notre travail nécessite une expérience. Si un visiteur parle d'un acte terroriste, il est toujours reçu par un officier de permanence et un spécialiste compétent s'entretient tout de suite avec lui. Bref, notre travail s'effectue 24 heures sur 24 ...