* Toute une série de thermoviseurs - appareils qui "voient" la chaleur - a été créée par les spécialistes de l'Institut de la microélectronique appliquée de la Section sibérienne de l'Académie des sciences de Russie. Ils captent les rayonnements émis par différents objets et permettent de les détecter par tout temps dans des conditions météorologiques difficiles, dans la fumée, dissimulés dans la végétation ou dans des filets de camouflage. Ils sont irremplaçables pour les travaux de sauvetage, les opérations antiterroristes, la protection des sites importants et le contrôle des installations industrielles présentant un risque élevé.
L'appareil "Zebra" est particulièrement intéressant. Il fait office à la fois de téléviseur et de thermoviseur. Sur son écran, l'image télévisée traditionnelle d'un objet est recouverte de son image thermovisée sur laquelle est visualisée en rouge la température des différentes parties de l'objet observé et sont signalés tous les endroits où elle dépasse sa valeur admissible. L'appareil permet d'ausculter à distance les installations thermiques et électriques. Par exemple, sans couper le courant, il est possible de s'informer de l'état des sous-stations électriques et des tableaux de distribution d'électricité.
"Nos inventions sont également appréciées par les spécialistes militaires et civils", affirme le directeur de l'Institut, Piotr Jouravlev.
* Malgré l'absence, depuis une trentaine d'années déjà, d'arrivages d'échantillons de roche lunaire sur Terre, des informations nouvelles sur sa composition ne cessent d'être recueillies grâce au perfectionnement des méthodes d'analyse. Les chercheurs russes ont découvert plus de vingt minerais métalliques dans le régolite de la " mer de l'Abondance ". La roche lunaire a été analysée dans une couche extra-mince à l'aide de microscopes-scanners et de spectromètres qui ont permis de discerner des grains de 100 nanomètres (1 nanomètre est un milliardième de mètre). Le fer et l'argent natif, ainsi que l'or et le plomb prédominent dans les échantillons.
Les chercheurs ont également découvert du rhénium, ce qui confirme l'hypothèse de l'abondance de métaux lourds sur la Lune. Plusieurs échantillons minéraux lunaires contenaient de l'iodure de rhodium qui ne se rencontre pas sur Terre. Fait intéressant : aucune trace de platine et de palladium n'a été jusqu'à présent constatée dans la roche lunaire analysée.
Les scientifiques supposent que le cuivre, l'argent, l'or, le plomb et l'antimoine auraient été projetés à la surface lunaire par les volcans.
* " L'informatique historique " est la science qui utilise les technologies de l'information pour étudier l'histoire. Une conférence qui s'est déroulée à l'Université Lomonossov de Moscou a été consacrée à l'état de cette science.
L'efficacité du travail des historiens augmente considérablement grâce à l'utilisation des méthodes statistiques, à la modélisation informatique des processus historiques et à la numérisation des documents. De l'avis du chef du laboratoire d'informatique historique de la faculté d'histoire, Leonid Borodkine, la technologie informatique est particulièrement efficace dans la démographie historique. Elle facilite le suivi au fil des siècles des processus migratoires et des changements de la composition de la société.
Irina Kliouchkina, chercheur du Musée d'Histoire (Moscou), a présenté un rapport sur le système de comptabilisation automatisée utilisé pour la description des collections de musée. Les objets exposés exigent une description très méticuleuse jusqu'au moindre détail, parfois les différences se ramènent à deux ou trois égratignures. Que doit-on faire lorsque, par exemple, une collection comporte des centaines de pièces de monnaie "identiques". Le service de numismatique du Musée d'histoire possède un million d'objets semblables. Au lieu de les décrire sur des tonnes de papier, il s'est doté d'une visiothèque qui permet de visionner les objets sous différents angles de vue et avec un agrandissement maximum possible. Les chercheurs travaillent à leur aise avec les copies filmées tandis que les pièces rarissimes ne sont pas manipulées.
* Les chercheurs écologistes hollandais se sont intéressés à la pièce d'eau formée par le lac des Tchoudes et celui de Pskov qui se trouvent respectivement en Estonie et dans la région de Pskov (Nord-Ouest de la Russie), et préparent, de concert avec leurs collègues russes, des expéditions dans cette région.
Une pièce d'eau analogue existe aux Pays-Bas : le lac Almsee. A la différence de son analogue russe qui est vieux de dix mille années, il a été créé par l'homme il y a plusieurs dizaines d'années. Cependant ces systèmes écologiques se ressemblent, de même que leur faune et leur flore. "Les Hollandais veulent donc connaître l'avenir de leur lac", estime Vladimir Borissov, chargé de cours à la chaire de zoologie de l'Institut pédagogique de Pskov.
A ses dires, la pièce d'eau des lacs des Tchoudes et de Pskov est surtout une " escale" sur les voies de migrations des oiseaux entre les régions polaires de la Russie et l'Europe occidentale. Par exemple, grâce aux émetteurs reliés à des satellites et à des bagues que les chercheurs ont placés sur plusieurs dizaines de cygnes au Taïmyr, la presqu'île la plus septentrionale de la Sibérie, ils ont établi que plusieurs de ces oiseaux ont séjourné sur le lac des Tchoudes avant de se rendre aux Pays-Bas. Ils ont mis quatre jours seulement pour franchir une distance de six milles kilomètres.