Revue de la presse russe du 26 mai

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MOSCOU, RIA Novosti

Izvestia

"Il est souhaitable que ce document couvre non pas un an ou même quatre ans mais une période plus longue parce que telles sont les tâches que la Russie s'est fixées". Cette phrase a été prononcée par un fonctionnaire haut placé du Kremlin qui a pris part à la rédaction du message annuel que le chef de l'Etat présentera aujourd'hui à l'Assemblée fédérale (parlement russe), notent les "Izvestia". En réalité, Vladimir Poutine s'adressera à tout le pays. Le Kremlin a décidé que le moment était venu d'emprunter l'expérience d'après-guerre du président américain Harry Truman et du chancelier allemand Konrad Adenauer et de proposer des thèmes qui réuniront toute la société. Il ne s'agit pas de projets politiques. "Pour résoudre des problèmes politiques, on n'a pas toujours besoin de réunir la société", affirme le coauteur du message. Au Kremlin, on est d'avis que ce sont plutôt les autorités et non pas tout le pays qui doivent assumer la responsabilité des transformations. D'autre part, le représentant du Kremlin a fait remarquer justement qu'en fait tous les grands objectifs économiques "dans une perspective historique éloignée" ont été fixés dans le message précédent : la lutte contre la pauvreté, le doublement du produit intérieur brut, la percée technologique du pays et son retour dans la communauté des puissances qui se développent avec succès, poursuivent les "Izvestia". Aujourd'hui le pays a besoin de mécanisme qui permettrait d'accomplir ces tâches. "Il serait superflu d'entrer dans le détail. Premièrement, le président est le président. Et deuxièmement, pour ce faire nous avons un gouvernement", a fait remarquer le représentant du Kremlin.

Vrémia novostéi

Hosni Moubarak, président d'un pays qui compte 68 millions d'habitants et reste leader du monde arabe, est attendu dans la capitale russe. C'est à une période difficile pour les Arabes qu'il vient parler à Vladimir Poutine qu'il a déjà rencontré à Moscou en avril 2001, fait remarquer le journal. Dimanche, une rencontre plutôt scandaleuse de la Ligue arabe s'est achevée à Tunis. Les divergences entre Arabes se focalisent dans le nouveau projet de George Bush intitulé "Grand Proche-Orient". Il propose d'opérer des réformes profondes dans la région. Sur l'exemple de l'Irak les Arabes ont vu ce que cela pourrait être. Mais la super-puissance insiste toujours sur ses idées, il est dangereux de s'y opposer et le désarroi est total parmi les Arabes. "Les leaders arabes, surtout les jeunes, sont déconcertés. Ils ne peuvent compter que sur la vieille garde, sur Hosni Moubarak notamment", a affirmé au journal le directeur adjoint de l'Institut des études orientales de l'Académie des sciences de Russie le professeur Anatoli Egorine. Ce qui est également important c'est que les pourparlers à Moscou auront lieu à une semaine et demie de la rencontre aux Etats-Unis du G8 dont la Russie fait partie. Le Caire craint que le projet de Bush ne dissolve, telle l'acide sulfurique, la Ligue arabe et que les Arabes ne perdent leur identité. Moubarak veut éviter cette éventualité avec l'aide de la Russie, écrit le " Vrémia novostéi".

Nezavissimaia gazeta

Est apparue la première confirmation de la version, selon laquelle le Kremlin commence à créer un système bipartite à la Douma, lit-on dans le quotidien "NG". Deux personnalités éminentes du parti "Russie unie" qui détient la majorité constitutionnelle à la Douma - le vice-président de la chambre basse Oleg Morozov et le député Guennadi Goudkov, membre de la fraction "Russie unie", nouveau leader du "Parti populaire" - se sont prononcés en faveur de la création à la Douma d'une fraction (plate-forme) alternative au KPRF (Parti communiste de la Fédération de Russie). Oleg Morozov n'exclut pas que la structure de gauche en voie de création se retire du parti "Russie unie". Il est vrai, le vice-président de la Douma a fait une réserve en disant que ce sujet n'avait pas été encore examiné dans les organes supérieurs du parti, c'est pourquoi il n'y a pas d'actions d'ordre organisationnel. D'autre part, il n'a pas exclu la participation du parti "Russie unie" à l'édification d'un parti de gauche. Oleg Morozov estime qu'il y a une place vacante à gauche, fait remarquer le quotidien "Nezavissimaia gazeta".

Kommersant

Dans le contexte des prix records du pétrole, les positions du dollar se sont de nouveau affaiblies sur le marché financier international. Mardi, il a perdu, par rapport à l'euro, près de 1 %, en tombant à sa cote du début du mois, indique le quotidien "Kommersant". Sur le marché russe, la Banque de Russie empêche la chute de la monnaie américaine. Cependant, dans les conditions de crise des liquidités en roubles, les ventes de dollars se poursuivent. L'inquiétude des hommes politiques devant les prix élevés du pétrole se manifeste sur les marchés financiers. Les priorités changent en faveur de l'euro. Mardi, la Banque de Russie a été contrainte d'acheter des dollars, ce qu'elle n'avait pas fait depuis fin avril. Quoi qu'il en soit, la Banque de Russie devra se résigner à la situation en cours et rectifier sa politique. Autrement dit, elle doit admettre soit le renforcement excessif du rouble, soit une libéralisation moindre du marché des changes, estime le quotidien "Kommersant".

Gazeta

Aussitôt que Serguei Stepachine, président de la Cour des Comptes, a conseillé au milliardaire russe Roman Abramovitch, gouverneur de la Tchoukotka (Nord de la Russie), de "se consacrer à ce qui l'intéresse réellement", celui-ci a accepté cette recommandation, lit-on dans le quotidien "Gazeta". Il a acquis un "Boeing 767-300ER" tout neuf pour lequel il a déjà versé 100 millions de dollars. Le coût total de cet avion, compte tenu du finissage, peut atteindre 300 millions de dollars, soit un peu moins que la dette de la Tchoukotka, région déclarée en état de faillite par la Cour des Comptes. Rares sont ceux qui se permettent d'acheter des avions particuliers, car c'est plutôt une question de prestige que d'économie. Par exemple, un vieux "Falcon" coûte 2 millions de dollars, un "Hawker" 4 millions. Mais il n'est pas prestigieux de voler à bord d'un vieil avion et de circuler dans une voiture étrangère usagée. Apparemment, Roman Abramovitch a réfléchi et a opté pour ce qu'il y a de mieux, a fait remarquer le quotidien "Gazeta".

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