"Nous comptons que le principal paquet sera adopté à la fin de 2005 ou au début de 2006 ", a dit le président russe au cours d'une réunion de travail avec les membres du gouvernement.
Il a informé les ministres des résultats du sommet de Yalta où les leaders de la Russie, de l'Ukraine, de la Biélorussie et du Kazakhstan avaient débattu des problèmes de la formation de l'EEU.
"Le travail sur la création d'un Espace économique unique entre les quatre Etats - la Russie, l'Ukraine, la Biélorussie et le Kazakhstan - avance bien", estime Vladimir Poutine.
Les parties se rendent compte que c'est un processus qu'il est impossible de faire aboutir instantanément et qu'il requiert la prise en considération des intérêts de tous les quatre pays et la concertation de leurs positions envers tout un éventail de problèmes d'importance vitale pour nous tous", a fait remarquer le président russe.
Vladimir Poutine a attiré l'attention de l'assistance sur la nécessité d'aborder avec toute la responsabilité le problème de la coopération économique avec les partenaires au sein de la CEI et en premier lieu avec les pays signataires du Traité sur la formation de l'Espace économique unique. "Il faut que ce ne soit pas par les médias que nous apprendrons quelles décisions ont été adoptées pour limiter différents services ou marchandises", a souligné le président russe qui a appelé le gouvernement à aborder attentivement et avec pondération le règlement de ces questions.
En prolongement de la discussion sur la réforme du système actuel des facilités et privilèges, le ministre du Travail et des Affaires sociales, Mikhaïl Zourabov, a annoncé qu'à partir de l'année prochaine, à la place de ces facilités, l'Etat versera 2 000 roubles (moins de 70 dollars) aux invalides de la Grande guerre patriotique, 1 500 roubles aux anciens combattants de la Grande guerre patriotique, 1 100 roubles aux participants des hostilités et aux habitants de Leningrad à l'époque du siège de la ville qui ne sont pas anciens combattants, 1 400 roubles aux invalides de la première catégorie, 1 000 roubles, aux invalides de la deuxième catégorie, 800 roubles aux invalides de la troisième catégorie, 1 000 roubles aux invalides de l'enfance.
Le ministre a annoncé ces chiffres à la demande du président. "Reste à savoir maintenant l'une des questions les plus importantes : combien cela fait ? A combien estimez-vous ces facilités ? s'était enquis le président.
"A la première étape lorsque vous avez proposé le débat sur ce problème nous avons jugé les éventuelles indemnités en espèces minimisées", avait fait remarquer le chef de l'Etat.
Lorsque Mikhaïl Zourabov a énuméré les catégories de bénéficiaires et les sommes qui leur seront versées, Vladimir Poutine a fait remarquer : "Cela m'a l'air optimiste".
Le président a ajouté qu'en indemnisant les facilités le "gouvernement sera obligé de payer à tous sans exception". "C'est une pression sensible sur le budget fédéral", a-t-il constaté.
Le ministre des Finances, Alexéi Koudrine, s'est rangé du côté du président, en précisant que jusqu'à présent les facilités étaient financées par les entités fédérées et les montants différaient d'une région à une autre. Maintenant, toutes ses prestations seront effectuées, à partir de 2005, par les autorités fédérales avec des fonds fédéraux.
Le premier ministre Mikhaïl Fradkov a assuré le président que le gouvernement viendrait à bout de ce problème. "En premier lieu il s'agit de l'argent. Il faut donc faire tout le nécessaire pour que les prestations aient une valeur normale", a-t-il dit. Il a promis que le gouvernement ferait tout le nécessaire pour que la situation des gens ne se dégrade pas à cause du remplacement des facilités par des prestations en espèces.
Le ministre des Affaires étrangères Serguéi Lavrov a pris la parole au cours de cette réunion. Il a annoncé que la Russie pourrait obtenir le statut d'observateur à l'Organisation de la Conférence islamique (OCI) dès cet été.
"Le président et le secrétaire général de l'OCI ont promis que les questions des formalités de participation de la Russie à l'OCI en qualité d'observateur seraient résolues avant la prochaine conférence de l'OCI", a dit le ministre.
La Russie a été invitée à participer à cette conférence qui se tiendra au niveau des ministres des Affaires étrangères cet été à Istanbul, a-t-il ajouté.
Serguéi Lavrov a informé le gouvernement que la semaine dernière il avait eu plusieurs rencontres internationales dont celle avec la délégation de l'OCI était l'une des plus intéressantes. "Nous sommes procédés à des consultations sur le Proche-Orient et nos actions ont bénéficié d'un soutien", a-t-il dit.
Outre la coïncidence des positions sur le règlement au Proche-Orient, les parties ont constaté l'existence d'une volonté commune de développer les relations entre la Russie et l'OCI. "On nous a transmis l'invitation à participer cet été à la conférence d'Istanbul au niveau des ministres des Affaires étrangères en qualité d'observateurs. Nous avons confirmé notre intérêt à y participer", a dit Serguéi Lavrov.
Le ministre du Développement économique et du Commerce, Guerman Gref a annoncé, quant à lui, que la Russie serait admise à l'Organisation mondiale du commerce en 2007. "Cette année nous achevons au maximum les négociations et l'année prochaine nous procéderons aux procédures d'adhésion à l'OMC. Ce processus demande normalement un an et demi", a-t-il affirmé.
Guerman Gref a annoncé que les négociations principales auraient lieu en juillet aux Etats-Unis, après quoi seraient connus les perspectives et l'échéancier des entretiens suivants avec ce pays.
"Aujourd'hui, avec Mikhaïl Fradkov, nous avons eu un entretien avec les représentants de la Géorgie. Nous comptons donc faire aboutir incessamment nos négociations avec ce pays", a dit le ministre.
"Les progrès sont évidents également dans les négociations avec le Japon et la Chine", a-t-il ajouté. "Il reste à régler quelques questions de caractère politique", a dit le ministre qui a espéré que ce serait fait très prochainement.
Vladimir Poutine a pour sa part conseillé au gouvernement de "rester en contact avec ses collègues au sein de l'Espace économique unique dans la limite que le permet le processus de négociations sur l'adhésion à l'OMC".