"Ce n'est pas mon désir, ce n'est pas un pronostic, ce n'est que mon impression", a dit Pascal Lamy mardi au cours d'un point de presse à Genève.
Vendredi dernier, le ministre russe du Développement économique et du Commerce, Guerman Gref, et M.Lamy ont signé à Moscou le protocole entre la Russie et l'Union européenne sur l'achèvement des négociations bilatérales sur l'adhésion de la Russie à l'OMC.
"La Russie a donc fait les deux tiers du chemin vers l'OMC, mais il est encore nécessaire, bien évidemment, de conclure une série d'accords bilatéraux importants avec des pays tels que les Etats-Unis, la Chine et le Japon", a indiqué le commissaire.
En outre, selon lui, la Russie devra encore beaucoup faire au niveau du Groupe de travail pour l'adhésion à l'OMC.
En guise d'exemple, Pascal Lamy a cité la Chine qui avait conclu son premier accord bilatéral avec les Etats-Unis en novembre 1999, alors qu'elle n'a adhéré à l'OMC qu'en décembre 2001.
Dans son accord final avec la Russie, l'UE a renoncé à certaines conditions avancées initialement, par exemple, en ce qui concerne l'exigence de supprimer le monopole des exportations de Gazprom. Cependant, d'après le responsable européen, cette question n'est pas directement liée aux exigences avancées par l'OMC.
Dans le même temps, Pascal Lamy espère que les autres pays avec lesquels la Russie doit signer des accords bilatéraux parviendront à obtenir des concessions de la Russie.
"Quant à l'accès sur le marché des services, je pense que nous avons conclu un bon accord, mais bien sûr, si les Etats-Unis arrivent à l'améliorer, ce ne sera qu'un avantage pour moi. Ce sont les règles du jeu", a indiqué le commissaire.
Interrogé sur les ententes intervenues entre l'UE et la Russie dans les domaines bancaire et des télécommunications, Pascal Lamy a relevé qu'il s'agissait d'informations confidentielles.
"Nous n'avons pas obtenu l'autorisation d'ouvrir des filiales de banques, ce qui était notre objectif. La Banque centrale n'y est pas encore prête, du moins en ce qui concerne la réglementation", a-t-il expliqué.
En matière de télécommunications, l'Union européenne a obtenu ce qu'elle voulait : il n'y aura plus de restrictions d'accès sur le marché russe, comme le stipule aujourd'hui la législation russe. "Ce fut des négociations difficiles, mais le marché est dorénavant ouvert", a ajouté le commissaire européen au Commerce.