La Russie doit investir dans les projets pétroliers (Chafranik)

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Le principal besoin de la Russie est d'investir dans le secteur pétrogazier, a estimé lors d'une conférence de presse tenue au siège de RIA Novosti le président du Conseil de l'Association des industriels russes du pétrole et du gaz, Youri Chafranik.

Le principal besoin de la Russie est d'investir dans le secteur pétrogazier, a estimé lors d'une conférence de presse tenue au siège de RIA Novosti le président du Conseil de l'Association des industriels russes du pétrole et du gaz, Youri Chafranik.

Il faut s'occuper des projets d'investissement indépendamment des prix du pétrole, a-t-il ajouté.

 

Le désir de tirer profit de la hausse des cours du pétrole est naturel. Moscou en profite pour revenir sur les marchés qu'elle a perdus au lendemain de l'éclatement de l'URSS et qui ont été repris par l'OPEP, a-t-il déclaré.

 

Youri Chafranik estime que les compagnies pétrolières russes doivent concentrer leur attention sur tout l'espace européen. Cette tendance existe déjà mais ce qui se fait aujourd'hui ne représente qu'un pour cent du nécessaire. "On voit aussi grandir le rôle de l'Etat dans ce qui est lié au soutien de nos compagnies sur le marché mondial et à l'augmentation de notre potentiel d'exportation", a-t-il affirmé.

 

Mais la question principale pour la Russie et son secteur pétrogazier est de savoir comment l'argent ainsi gagné sera dépensé. A l'heure actuelle, selon les informations à la disposition de Chafranik, 8 milliards de dollars sont investis tous les ans en Russie dans des projets nouveaux alors qu'un minimum de 35 milliards est nécessaire, faute de quoi la Russie aurait beau avoir beaucoup de pétrole. "Actuellement, nous n'augmentons pas la production, nous la rétablissons par rapport à ce que nous avions dans le passé, et si nous ne préparons pas d'avance des gisements nouveaux, ce qui demande cinq à sept ans au minimum, nous nous retrouverons le bec dans l'eau", a souligné Youri Chafranik.

 

En ce qui concerne le prix du pétrole, il a estimé que normalement il doit être compris entre 25 et 28 dollars le baril.

 

La hausse du printemps est le résultat de la situation en Irak. Ce facteur, aussi sérieux qu'il soit, n'est pas le seul qui force les prix à monter, a-t-il dit. Il y a aussi la croissance de la consommation d'énergie en Asie, notamment en Inde et en Chine.

 

Néanmoins, selon les prévisions de Chafranik, les prix pourront chuter en l'absence d'aggravations analogues à celle de l'Irak. Mais si la situation politique en Irak ne s'améliore pas et que d'autres cataclysmes se produisent, le baril pourra dépasser 40 et même 50 dollars. Pourtant la pire des hypothèses pour l'économie mondiale et russe serait une chute brutale du pétrole, par exemple jusqu'à 20 dollars le baril. C'est pourquoi il vaudrait mieux que les prix oscillent entre 25 et 28 dollars, bien que l'économie russe et mondiale puisse supporter un prix maximum de 30 dollars le baril. Pour la Russie, actuellement, le cours optimum serait de 28 dollars car son économie en a déjà pris l'habitude depuis ces douze derniers mois.

 

Comme Youri Chafranik est le président du Comité pour la coopération industrielle, scientifique et culturelle internationale avec l'Irak il s'est attardé, lors de la conférence de presse, au problème du retour des sociétés russes dans ce pays.

 

Les compagnies pétrolières russes qui ont des contacts en Irak n'ont pas l'intention d'y renoncer et se tiennent prêtes à se mettre à l'œuvre une fois la stabilité y sera installée, c'est-à-dire lorsqu'elles sauront sûrement avec qui elles pourront traiter affaires et comment sont partagées les responsabilités, a-t-il déclaré.

 

Il estime que "seul un pouvoir centralisé puissant est capable de sauvegarder l'Irak comme un état entier", ce qui n'est réalisable qu'au bout de quelques années, à son avis.

 

Il estime cependant que le futur travail en Irak doit être basé sur des projets multilatéraux. Les sociétés occidentales ont intérêt à y faire participer des compagnies russes qui possèdent une expérience de travail en Irak et qui ont des projets concrets dans ce pays. Il est peu probable que les Russes refusent une coopération. En effet, la société "SoyouzNefteGaz" que dirige Youri Chafranik a réalisé et transmis au ministère irakien du pétrole l'étude de faisabilité d'un projet de mise en valeur du gisement Rafidein et se tient prête à coopérer pour le réaliser avec des partenaires étrangers.

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