Vrémia novostéi
La situation géopolitique de la Russie dans le monde contemporain peut changer de façon radicale, annonce le quotidien "Vrémia novostéi". Vendredi Moscou reçoit un sommet Russie - UE. On comprend qu'il ne sera pas ordinaire. Et pas seulement parce que ce sera la première rencontre officielle de la Russie avec une Union européenne nouvelle, regroupant désormais vingt-cinq pays. Peut-être dès aujourd'hui l'UE retirera-t-elle toutes ses objections à l'adhésion de la Russie à l'Organisation mondiale du commerce. Le point principal à l'ordre du jour sera le débat sur les quatre espaces communs : économie, libertés et justice, sécurité extérieure, la recherche, l'enseignement et la culture. Ces espaces communs impliquent une plus large coopération dans les domaines concernés. A Moscou les parties devront précisément décider comment elles ont l'intention de coopérer. Des accords concrets sur ces espaces devront être signés à la prochaine rencontre au sommet qui se tiendra en novembre à La Haye.
La Russie, ainsi que l'a déclaré le porte-parole officiel du ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Alexandre Yakovenko, attend de l'UE qu'elle remplisse ses engagements relatifs au respect des droits de la population russophone dans les pays baltes, et compte sur la libéralisation du régime des visas et sur la signature d'un accord spécial sur le transit entre la région de Kaliningrad et le reste de la Russie, informe le journal.
Kommersant
Le premier ministre Mikhaïl Fradkov a présenté au président Vladimir Poutine ses propositions relatives à la structure du nouveau gouvernement. Le document est "confidentiel" mais le "Kommersant" a appris qu'il ne s'agit pas là de corriger les erreurs commises à la première étape de la réforme administrative. L'innovation la plus remarquable est l'institution d'un deuxième poste de vice-premier ministre. Une autre nouveauté est le rehaussement du statut du Service fédéral des marchés financiers qui sera investi du pouvoir d'éditer des actes normatifs.
En ce qui concerne le problème des cadres, les candidatures concrètes des futurs vice-premiers ministres et ministres seront présentées officiellement au président lorsqu'il aura approuvé la nouvelle structure du gouvernement. Inutile de s'attendre à des surprises en la matière, estime le journal.
Izvestia
Au cours des pourparlers qui se sont déroulés à la mairie de Moscou la direction de la Tchétchénie a obtenu l'accord de principe du maire Youri Loujkov pour faire reconstruire Grozny par les entreprises du bâtiment moscovites. C'est l'administration de la Tchétchénie qui financera les travaux, selon une source au sein de la mairie. Il s'agit d'utiliser l'expérience de Moscou dans la reconstruction d'immeubles de quatre étages à Grozny pour bâtir à un rythme de 150 000 à 180 000 mètres carrés de surface habitée par an.
Youri Loujkov, rappelle le journal, avait signé à une certaine époque avec le président tchétchène Akhmad Kadyrov un accord de coopération qui prévoyait à la première étape la démolition et la reconstruction de plusieurs quartiers de Grozny. Cette fois, il a confirmé les ententes antérieures. Maintenant l'administration tchétchène et le gouvernement de Moscou auront à choisir les entreprises privées qui prendront part à la réalisation de ce projet, informent les "Izvestia".
Gazeta
Une nouvelle cérémonie de commémoration d'un criminel nazi a eu lieu en Estonie. Près de la localité de Viitna, un monument a été érigé en l'honneur d'Alfons Rebane, Estonien qui a fait une brillante carrière dans les troupes SS et qui a été décoré de la plus haute distinction du Reich, la Croix de chevalier (ornée de feuilles de chêne), lit-on dans le quotidien "Gazeta". Au cours de l'inauguration du monument, un député du parlement estonien a qualifié le standartenführer SS Rebane de héros national, dont la vie aide "à conserver la mémoire historique pour nos descendants et à sauvegarder l'esprit de la nation estonienne".
La cérémonie solennelle à Viitna où est apparu le deuxième monument à Alfons Rebane témoigne, une fois de plus, que l'Estonie, nouveau membre de l'OTAN et de l'Union européenne, méprise le verdict du Tribunal international de Nuremberg qui a considéré l'organisation SS comme une organisation criminelle, coupable de crimes contre l'humanité qui n'ont pas de délais de prescription. En même temps, les prétentions avancées à la Russie pour " la période d'occupation soviétique " sont devenues le leitmotiv de la vie politique de l'Estonie. Le quotidien "Gazeta" rappelle qu'une commission parlementaire a émis la semaine dernière l'avis que la Russie devait verser 4 milliards de dollars à l'Estonie pour le préjudice causé à l'écologie par la présence de l'Armée Soviétique dans ce pays. Le 18 mai, Urmas Reinsalu, leader du parti au pouvoir "Res Publica", a adressé au maire de Tallinn Edgar Savisaar une lettre exigeant de rayer de la liste des citoyens honorifiques de la ville les noms des chefs militaires soviétiques suivants: le général d'armée Ivan Feduninski et le colonel Vassili Vyrka, commandant de la division du Corps estonien d'infanterie, qui ont dirigé les combats pour la libération de la capitale de l'Estonie contre les occupants allemands en 1944. On lit notamment dans la lettre: "Il est inadmissible de témoigner du respect à ceux qui ont combattu contre les Estoniens et qui ont commandé l'occupation de Tallinn avec des forces étrangères". Mais les hommes politiques estoniens jugent de leur devoir patriotique de témoigner leur respect aux officiers supérieurs SS.
Nezavissimaia gazeta
Dans la politique, les "leaders tardifs" du type de Nikita Khrouchtchev ou de Leonid Brejnev ont une image drôle, lorsqu'ils perdent les orientations précises de leur activité. Il semble que les dirigeants actuels du Parti communiste de la Fédération de Russie (KPRF) avec à leur tête Guennadi Ziouganov se soient égarés aussi dans le temps et dans l'espace, exténués par trois années de lutte menée contre Guennadi Semiguine, président du Comité exécutif de l'Union populaire patriotique de Russie. Après avoir employé en vain toutes les méthodes et tous les moyens pour compromettre leur opposant, ils n'ont pas pu se refuser le plaisir de lui donner un coup d'une manière ou d'une autre. L'exclusion du KPRF du sans-parti Guennadi Semiguine est certainement le comble de l'ingéniosité politique, résume le quotidien "NG".
Il n'est pas exclu, poursuit le journal, que même les compagnons de lutte les plus persévérants finissent par quitter Guennadi Ziouganov, homme solitaire et affaibli. Cela veut dire que la mort politique du chef du KPRF n'est pas loin, même son proche entourage s'en rend compte. Ce qui est le plus triste pour eux, c'est le bilan de l'activité de Guennadi Ziouganov à la tête du KPRF. En effet, il est impossible de faire semblant sans cesse d'être un opposant ardent, quand on ne l'est pas. Tôt ou tard, la tromperie apparaîtra au grand jour et on lui demandera de céder son poste. Ceux qui le comprennent à temps, partent d'eux-mêmes. Ceux qui tardent à comprendre sont chassés honteusement, fait remarquer le quotidien "Nezavissimaia gazeta".