"La ratification du protocole de Kyoto aux conditions actuelles ne nous arrangerait pas ", a dit un membre de ce groupe, Andréi Sidorov (Université de Moscou), dans son intervention mardi lors d'une "table ronde" consacrée aux perspectives de l'adhésion au protocole de Kyoto.
Les experts estiment que le protocole n'a pas de base scientifique et écologique solide et n'est pas de nature à améliorer considérablement la situation écologique dans le monde. Aussi ce document doit-il être considéré comme un "mécanisme économique de gestion des flux financiers appelés à compenser le tort causé à l'environnement", estime Andréi Sidorov.
Puisqu'il en est ainsi, la Russie doit aborder le problème de la ratification du protocole du point de vue de l'avantage économique.
Premièrement, estiment les experts, il est nécessaire d'obtenir des partenaires une indemnité annuelle au profit de la Russie pour la production d'oxygène par ses forêts, à hauteur de 1,5 à 1,7 milliard de dollars pour les employer au maintien des richesses forestières.
Deuxièmement, il faut que le calcul des quotas et des émissions de gaz de serre soit plus transparent et plus précis.
Troisièmement, et c'est le plus important de l'avis des experts, il faut que la Russie se voie garantir un marché et des prix équitables quoi permettraient de vendre ses quotas inutilisés pour au moins 5 milliards de dollars par an et d'employer cet argent au développement des technologies économisant l'énergie et à la réalisation de programme de protection de l'environnement.
"Si les pays de l'Union européenne et le Japon ont effectivement intérêt à voir la Russie adhérer au protocole, ils doivent lui faire des concessions considérables, en accordant aux entreprises russes des conditions financières et économiques avantageuses de participation au système du commerce des quotas d'émission de gaz de serre", est-il dit dans le rapport du groupe d'études.
En même temps les experts se sont prononcés pour la ratification du protocole pour des considérations politiques. Ils estiment aussi que la ratification de ce document encouragera le développement des technologies réduisant la consommation de l'énergie et aidera de cette manière à améliorer le climat.
De l'avis des experts, au cas où le document serait ratifié, la décision politique de nationaliser l'excédent actuel des quotas serait nécessaire. Cela veut dire que l'excédent de quotas qui s'est formé depuis 1990 doit devenir la propriété de l'Etat et les revenus qu'il rapportera doivent être versés au budget et employés à la réalisation de programmes sociaux et écologiques.