Au cas où la Russie n'utiliserait pas ses quotas d'émission de gaz dans l'atmosphère, les revenus rapportés par leur vente devraient être versés au budget, a-t-il estimé avant d'ajouter : "Si nous pouvons en effet réaliser des revenus, c'est l'Etat qui doit les encaisser et non pas des compagnies".
Cela ne doit cependant pas être des sommes considérables, de l'avis de l'expert.
"Si la Russie ratifiait le protocole de Kyoto aujourd'hui, elle ne pourrait pas réaliser des revenus palpables, dignes de faire l'objet d'une négociation", a-t-il affirmé. C'est parce qu'elle ne pourrait vendre ses quotas qu'aux Européens qui, a-t-il précisé spécialement, ont clairement annoncé qu'ils comptabiliseraient d'abord les quotas des pays d'Europe de l'Est, puis ils achèteraient des quotas ukrainiens et c'est après qu'ils accepteraient peut-être d'acheter quelques bribes à la Russie.
"Dans les meilleurs des cas il s'agirait de quelques dizaines de millions de dollars par an", de l'avis de l'expert.
"Tout porte à penser que le commerce des quotas ne nous rapportera pas même cette somme modique. Nous pourrions gagner à réaliser des projets communs mais pour y participer il n'est pas nécessaire d'adopter des décisions aussi dures", a estimé Mikhaïl Deliaguine.
Le protocole de Kyoto n'a rien à voir avec l'écologie, c'est la création d'un marché nouveau, a affirmé l'économiste russe.
La Russie doit définir les conditions du marché qui lui sont favorables et puis les poser en tant que celles de la ratification du protocole, a-t-il suggéré.
Sous ce rapport il a déclaré qu'il est nécessaire de libéraliser le marché. "Ce sur quoi insiste aujourd'hui l'Union européenne ou plutôt ce qu'elle veut faire accepter, c'est un marché protectionniste où nous n'aurons pratiquement rien", a-t-il déclaré.
Les membres du groupe d'étude "Russie et protocole de Kyoto" avaient annoncé précédemment que la Russie pouvait se joindre au protocole si les pays signataires garantissaient des achats de quotas russes pour au moins cinq milliards de dollars par an. Ce groupe insistait également sur la nationalisation de la réserve des quotas accumulés par la Russie à l'époque de la récession économique par rapport au niveau de 1990.