Izvestia
La conseillère du président des Etats-Unis pour la sécurité nationale, Condoleezza Rice, a passé le week-end dernier à Moscou. L'objectif principal de sa visite était de se renseigner sur la position de la Russie en ce qui concerne une nouvelle résolution du Conseil de sécurité de l'ONU sur l'Irak, soulignent les "Izvestia". Washington espère que cet organe adoptera un document qui permettrait d'engager dans l'opération de stabilisation de la situation en Irak d'autres pays qui refusent jusqu'à présent d'y envoyer des forces armées sans le mandat de l'ONU. Une participation éventuelle de la Russie aux efforts de la coalition est un thème qui revient de plus en plus souvent dans les débats de part et d'autre de l'Atlantique. Toujours est-il que la Russie et les Etats-Unis ont une expérience fâcheuse de coopération dans le maintien de la paix dans les Balkans, fait remarquer le quotidien. Les Américains voudraient rejeter le " fardeau irakien " sur les pays membres du Conseil de sécurité, voire sur toute l'ONU. Dans le même temps, l'irritation augmente à Moscou du fait de l'engagement actif des Etats-Unis dans la partie européenne de la CEI, en Asie centrale et en Transcaucasie. Washington préfère parler de " coopération constructive " avec ces régions et appelle le Kremlin et son ministère des Affaires étrangères à se débarrasser de "leur ancien mode de pensée".
Vladimir Poutine figurait naturellement en premier dans le programme de visite de Mme Rice, poursuit le journal. "La rencontre s'est déroulée dans le cadre du dialogue russo-américain régulier. Différentes questions relatives à la coopération russo-américaine ont été étudiées, de même que les principaux problèmes internationaux, dont la situation autour de l'Irak et du Proche-Orient", est-il indiqué dans un communiqué du service de presse du président russe. Le Kremlin laisse comprendre que les ententes concrètes (si entente il y a) ne seront pas divulguées sur le coup. Tout porte à croire que ce sera fait par les présidents au cours du sommet russo-américain suivant, soulignent les "Izvestia".
Nezavissimaïa gazeta
Ramzan Kadyrov, le fils du président tchétchène Akhmad Kadyrov tué dans un attentat terroriste commis le 9 mai à Grozny, ne pourra en aucun cas se porter candidat aux élections présidentielles en Tchétchénie, a déclaré au terme d'une nouvelle réunion de la Commission électorale centrale son chef Alexandre Vechniakov. C'était en fait la réponse à la requête que le Conseil d'Etat tchétchène avait adressée au président Poutine en vue de modifier les conditions d'éligibilité pour les candidats à la présidence de cette république, notamment d'abaisser l'âge (Ramzan Kadyrov a en effet 27 ans et selon la Constitution tchétchène seules les personnes ayant atteint l'âge de trente ans peuvent se porter candidats à la présidence).
" Il est impossible de modifier la Constitution sans la violer, ce qui est inadmissible. Plutôt que de demander de changer les modalités de formations des structures du pouvoir, je conseillerais d'étudier attentivement la Constitution dont l'adoption par référendum est l'un des principaux mérites du président tchétchène Akhmad Kadyrov, tragiquement disparu", a souligné Alexandre Vechniakov. Et la "Nezavissimaïa gazeta" d'expliquer : il est impossible de modifier la Loi fondamentale de la Tchétchénie ne serait-ce que pour cette simple raison que personne n'est investi de ce pouvoir : le président est mort, l'assemble législative n'est pas encore élue. Le chef de la Commission électorale centrale a promis d'apporter un soutien aux collègues tchétchènes dans l'organisation des prochaines élections qui auront lieu, de toute évidence, le 5 septembre, informe le quotidien.
Kommersant
Le premier ministre russe Mikhail Fradkov a rencontré son homologue ukrainien Viktor Ianoukovitch à la fin de la semaine dernière à Moscou. Tout d'abord, les interlocuteurs ont examiné les questions relatives à l'annulation des retraits et des restrictions dans les rapports commerciaux entre la Russie et l'Ukraine. Le journal "Kommersant" rappelle que Moscou et Kiev avaient signé un accord sur le libre échange le 24 juin 1993. Le 4 octobre 2001, cet accord a été complété par un protocole, selon lequel le sucre, le tabac et l'alcool ukrainiens, ainsi que le sucre, le tabac et les confiseries provenant de Russie sortaient du régime de libre échange.
Les premiers ministres ont évalué différemment les résultats de leur rencontre. Mikhail Fradkov a fait savoir qu'ils avaient examiné, avant tout, les problèmes qui feront l'objet de la réunion de la commission intergouvernementale prévue pour début juillet 2004. Selon lui, la question concernant les retraits de l'accord sur le libre échange était "sur le point d'être réglée" et que "nous devons supprimer tout cela".
Viktor Ianoukovitch a tout de suite annoncé que "les calendriers des retraits du régime de libre échange devaient être réduits, en les abrogeant non pas vers 2010-2012, mais bien plus tôt".
Le premier ministre russe n'a pas précisé, à son tour, quels retraits, moins substantiels ou d'importance primordiale pour le budget russe, avait en vue le premier ministre ukrainien: le tabac et le caramel, ou bien le pétrole et le gaz, fait remarquer le quotidien Kommersant.
Novaia gazeta
Si, pour un homme d'affaires américain classé par le magazine "Forbes" parmi les gens les plus riches du pays est un étalon du succès, pour un Russe, cet événement est perçu comme une "une tache noire", lit-on dans le quotidien "Novaia gazeta". C'est pourquoi, lorsque la version russe de la revue américaine a publié le nouveau classement, cela a semé une panique dans les milieux d'affaires russes. Et pour cause: d'après les données de la revue, le nombre de milliardaires russes est passé de 25 à 36, Moscou occupe la première place pour le nombre de détenteurs de fortunes à neuf zéros et les cent Russes les plus riches possèdent une somme équivalente à un quart du produit intérieur brut.
Ces chiffres, fait remarquer le quotidien, sont une étoffe rouge pour les combattants pour la justice sociale, c'est pourquoi de nombreuses personnes classées parmi les "Top 100" se sont empressées de démentir les renseignements sur leur fortune, en invoquant les méthodes erronées. Cependant, les milliardaires n'ont pas, semble-t-il, à avoir honte de leur accroissement impétueux en nombre, car il a, pour origine principale, le développement dynamique du marché national des valeurs qui reflète le succès des "blues chips", grandes compagnies dirigées par les personnes qui arrivent en tête de liste. L'accroissement du nombre de milliardaires est un signe qui atteste que l'économie est en "bonne santé", estime le journal "Novaia gazeta".
Gazeta
Le marché du pétrole a établi vendredi dernier un nouveau record: les prix ont dépassé à New York 41,17 dollars le baril. La cause principale de la hausse des prix du pétrole est l'essor de l'économie mondiale. A la différence de la plupart des pays très développés, la Russie est exportateur de pétrole, souligne le quotidien "Gazeta". La Russie extrait 10,7 % de la production mondiale de pétrole, n'en consommant que 3,5 %. La hausse des prix au marché mondial du pétrole promet à la Russie des bénéfices supplémentaires et l'arrivée de devises étrangères. Rien qu'au premier trimestre de cette année, le chiffre d'affaires du commerce extérieur de la Russie s'est accru de 21,8 %. Cependant, fait observer le quotidien "Gazeta", de l'avis des experts, les prix élevés du pétrole menacent le renforcement injustifié du rouble, la baisse de la compétitivité des entreprises de transformation, le reflux des investissements et, par conséquent, la dépendance définitive du pays à l'égard du secteur industriel des matières premières.