L'Expédition antarctique russe entend lancer les travaux visant à atteindre les eaux du lac Vostok situé sous une couche de glace épaisse de plusieurs kilomètres au cours de sa 50e saison (2004-2005), a annoncé le chef de l'Expédition, Valeri Loukine.
Le forage du puits se poursuivra pendant trois saisons d'affilée et il est prévu que 50 mètres de glace seront passés pendant chacune des deux premières. Les eaux du lac ne seront donc atteintes qu'en 2006-2007.
Le forage de profondeur aux environs de la station russe Vostok avait été suspendu alors qu'il ne restait que 130 mètres de glace jusqu'au lac. "La communauté internationale nous a alors demandé de ne pas pénétrer dans ses eaux avant que ne soient créées les technologies spéciales réduisant au minimum le risque d'une éventuelle pollution", a expliqué le chercheur.
Cette technologie a été conçue à l'Institut des mines de Saint-Pétersbourg il y deux ans. Mais c'est seulement en 2003, au cours du 26e tour de consultations sur le Traité d'Antarctique, la communauté internationale a accepté les propositions russes.
"C'est une sorte d'émulation, pareille à la course à la Lune. Mais nous avons strictement respecté toutes les règles du jeu imposées par le Traité d'Antarctique", a souligné Valeri Loukine.
Pour pénétrer dans le lac, il faudra, selon lui, fabriquer des équipements spéciaux, et, à cette fin, ont fera appel à des technologies de défense de pointe russes.
L'exploration du lac Vostok (il a été baptisé d'après la station scientifique russe du même nom), a commencé en 1995. Depuis, les chercheurs russes ont obtenu les données relatives aux dimensions et à la forme du lac, à l'épaisseur de la couche de glace qui la recouvre, au relief de son fond et aux dépôts.
Le forage de profondeur a commencé non loin de Vostok lorsqu'on ne se doutait pas encore de l'existence de ce lac, dans les années 70, dans le but d'étudier des variations paléoclimatiques. A ce jour, sa profondeur atteint 3 623 mètres.
Les échantillons d'eau prélevés fourniront aux chercheurs une information unique en son genre : le lac n'est pas en contact avec l'atmosphère depuis des millions d'années.