Intervenant à la réunion du gouvernement jeudi, il a rappelé que ce programme est étalé sur la période 2002-2010. Mais ces trois dernières années, "période préliminaire", la situation dans le logement n'a guère changé pour le mieux. L'étape principale dans la réalisation du programme doit débuter en 2005, notamment en ce qui concerne la réalisation du fond du programme et les charges financières prévues.
De ce fait, le ministre par intérim estime qu'il faut y apporter des correctifs. Ces correctifs sont liés à la délimitation des compétences entre différents échelons du pouvoir et à la réforme administrative en cours.
Après la récession des années 90 dans le secteur du bâtiment, une reprise s'y est dessinée après 2000 : le marché a crû de 2,7% en 2001, de 8,3% en 2002 et de 10% en 2003, a indiqué Khristenko.
En même temps, de 2000 à 2003, le coût du logement a augmenté de 50% sur le marché primaire et de 70% sur le marché secondaire.
Selon lui, l'une des causes de cette hausse est une participation en diminution de l'Etat. "Si à la fin des années 80 la part de l'Etat dans les investissements immobiliers a été de 86%, la situation a brusquement empiré dans les années 90. Mais il est vrai qu'en 2003 le budget a financé 20% des logements construits", a dit Viktor Khristenko.
L'Etat, a poursuivi le ministre par intérim, a réussi à préserver l'industrie du Bâtiment et toutes les prémisses existent pour en augmenter le chiffre d'affaires et la production de matériaux de construction. Dans les années à venir, les volumes de la construction en Russie doivent croître de 15 à 20%. En 2010, il sera possible de construire entre 70 et 80 millions de mètres carrés de logements, a encore estimé Viktor Khristenko.
"Mais le développement du marché immobilier est extrêmement lent et contradictoire", a poursuivi le ministre par intérim. Toute une série de facteurs gênent son développement, notamment les barrières administratives dans l'acquisition de terrains et l'obtention du permis à bâtir, la pénurie de terrains disponibles, les frais élevés des formalités liées à l'obtention des crédits à logement et les taux de crédit élevés.
"Les prix élevés des logements s'expliquent aussi par une quantité insuffisante de logements neufs", a dit Khristenko. Il a expliqué ce faible développement du marché immobilier par de bas revenus de la majorité écrasante de la population et l'absence d'histoires de crédit des emprunteurs.
"Pour augmenter notablement les volumes de la construction des logements, il faut avant tout modifier la base juridique et réglementaire du secteur", a indiqué le ministre de l'Industrie et de l'Energie par intérim.
Toujours est-il que les conditions pour la promotion du marché du logement sont peu à peu réunies dans le pays. Notamment, le système du crédit hypothécaire a été mis en place, les revenus de la population sont en hausse.
"L'an dernier seulement 5% des logements ont été vendus à crédit", a dit Viktor Khristenko. Pourtant, la part de la population en mesure d'acquérir des logements à crédit serait de 10%.
Le gouvernement compte que l'adoption des lois immobilières permettra de diviser par trois les délais d'attente du logement neuf pour ceux qui sont inscrites sur les listes d'attente, de 15 - 20 ans actuellement à 5 - 7 ans, a indiqué le ministre par intérim.
Ces lois, une fois adoptées, permettront également d'augmenter la surface locative par tête d'habitant dans le pays de 19,7 mètres carrés à 21,7 mètres carrés.
Le gouvernement estime que les volumes des crédits au logement doivent croître de 30 fois d'ici à 2010, de 10,5 milliards à 350 milliards de roubles (près de 10 milliards d'euros).
Ces mesures gouvernementales permettront également de relancer la nouvelle construction, de 36 millions de mètres carrés actuellement à 70-80 millions de mètres carrés en 2010, a noté Viktor Khristenko.
Le gouvernement examine au cours de sa réunion jeudi une dizaine de propositions de loi tenant à promouvoir le marché immobilier russe. A leur nombre, le Code du Logement, le projet de loi sur les Coopératives de construction, les amendements au Code civil visant à baisser les risques liés au crédit hypothécaire, ainsi que les amendements à la législation en vigueur tendant à protéger les droits des citoyens participant à la construction de logements. Ces amendements exigent de révéler l'information sur le preneur à construction.
Selon Khristenko, il n'y a plus de désaccords de principe sur 8 projets de loi. La mise au point des 19 restants pourrait prendre 3 mois environ.