Revue de la presse russe du 12 mai

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MOSCOU, RIA-Novosti

Vremia novostei

Tant que les experts de Moscou ont discuté sur la possibilité d'introduire l'administration présidentielle directe en Tchétchénie, le président a mis en oeuvre cette administration", lit-on dans le quotidien "VN". Vladimir Poutine s'est rendu mardi matin à Grozny pour s'entretenir avec les dirigeants tchétchènes qui sont restés sains et saufs (après l'attentat du 9 mai) et les chefs militaires. C'était sa troisième brève visite en Tchétchénie. Les deux premières avaient eu lieu au moment des actions militaires. Le voyage actuel n'était pas moins dangereux, bien au contraire. Il s'avère que les actions militaires se poursuivent et que l'adversaire est en mesure de frapper même les cibles les plus protégées, bien qu'on ait mantes fois déclaré qu'il était encerclé et éparpillé. Cependant, après avoir vu tout de ses propres yeux, Vladimir Poutine a tiré la conclusion qu'il était possible de se passer de changements substantiels en Tchétchénie, fait remarquer le quotidien "VN". C'est-à-dire qu'il n'est pas nécessaire d'y introduire des régimes particuliers, d'y transférer des troupes supplémentaires, qu'on peut se borner à regrouper les cadres, à renforcer de 1 125 hommes le ministère local de l'Intérieur et à "assurer pour de bon le rétablissement de Grozny".

De toute évidence, le système de rétablissement de l'économie tchétchène sera de nouveau radicalement changé. Mais, selon la promesse donnée, l'orientation politique générale ne changera pas. "Les conditions de base du rétablissement de la Tchétchénie - les forces en présence, les composantes juridique et organisationnelle - sont si solides que personne ne réussira à renverser les choses: cela doit être clair à tout le monde", a résumé Vladimir Poutine.

Izvestia

La mort du président tchétchène Akhmad Kadyrov dans l'acte terroriste du 9 mai à Grozny peut changer totalement le rapport des forces dans le Caucase du Nord, estiment les "Izvestia". Le fait est que la verticale du pouvoir en Tchétchénie a été établie pour Akhmad Kadyrov. A présent, on ne peut que deviner sur qui misera Moscou. Selon la Constitution de la république, le choix doit être fait avant le 9 septembre prochain. Alexandre Vechniakov, président de la Commission électorale centrale, a déjà annoncé que l'élection du président de la Tchétchénie devait avoir lieu le premier dimanche de septembre, au plus tard. Cette déclaration a défini la position du Kremlin: le successeur d'Akhmad Kadyrov ne sera pas nommé, mais élu par le peuple de la république. En principe, la décision du Kremlin d'organiser l'élection présidentielle ne signifie nullement que le choix du peuple tchétchène et celui de Moscou soit différent. Le Kremlin devra chercher un successeur digne d'Akhmad Kadyrov. Le fils du président tué, Ramzan Kadyrov, ne pourra pas participer à l'élection. Conformément à la Constitution de la république, le président ne peut pas avoir moins de 30 ans. Ramzan est âgé de 27 ans.

Néanmoins, soulignent les "Izvestia", le fils d'Akhmad Kadyrov sera certainement l'une des figures principales en Tchétchénie. Il dirige actuellement des milliers d'hommes armés dans la république, c'est pourquoi l'éloignement de Ramzan du pouvoir risque de susciter une réaction imprévisible de l'armée de ses compagnons de lutte. De plus, la rencontre entre Ramzan Kadyrov et Vladimir Poutine au Kremlin le jour de la mort du président de la Tchétchénie atteste également que les dirigeants politiques de la Russie fondent leur espoir sur Kadyrov-fils. Aussitôt après la mort du père, il a été nommé vice-premier ministre de la Tchétchénie, font remarquer les "Izvestia".

Troud

Le conseiller de l'ambassade de Russie à Bagdad, Alexéi Solomatine, a confirmé au correspondant du " Troud " la mort d'un citoyen russe et la capture de deux autres en Irak. Rappelons, écrit le journal, que c'est déjà la deuxième fois que des Russes ont été pris en otages en Irak cette année. Le 12 avril, aux environs de Bagdad, huit employés de la société Interenergoservis ont été enlevés mais le lendemain ils ont été relâchés. Un autre incident avec un spécialiste de la même société s'est produit le 15 avril où l'ingénieur Serguéi Brajnikov a été blessé par des tirs américains contre des positions irakiennes.

Dans un entretien avec le correspondant du " Troud ", le porte-parole officiel du ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Alexandre Yakovenko, a assuré que l'ambassade russe faisait tout son possible pour obtenir la libération des prisonniers. " Cependant, a-t-il fait remarquer, il ne faut pas oublier que nous avons plus d'une fois recommandé aux spécialistes russes de quitter l'Irak et de s'abstenir d'y aller avant que la situation ne se normalise dans ce pays. Le ministère des Affaires étrangères et le ministère des Situations d'urgence ont déjà rapatrié ceux qui le voulaient. Les autres ont décidé d'éprouver le destin. "

Kommersant

Le ministre russe du Développement économique et du Commerce par intérim, Guerman Gref, mènera aujourd'hui à Paris des pourparlers avec le commissaire européen Pascal Lamy et le représentant du Commerce des Etats Unis, Rober Zellick, sur l'adhésion de la Russie à l'Organisation mondiale du commerce (OMC). D'autre part, il s'entretiendra avec le ministre américain du Commerce Donald Evans. Guerman Gref attend de ces rencontres un " délai approximatif de l'adhésion de la Russie à l'OMC ", souligne le journal. C'est ce qu'attend également le président français Jacques Chirac qui a regretté la veille devant les dirigeants de l'UE la " démesure " des conditions imposées à Moscou. Avant de s'envoler pour Paris, Guerman Gref se montrait optimiste, souligne le " Kommersant ". Il a déclaré qu'il attendait de ces pourparlers une date à laquelle la Russie pourrait être admise à l'OMC. Il ne peut pas attendre moins. Dans dix jours Moscou sera le lieu d'un sommet Russie-UE où l'adhésion de la Russie à l'OMC sera le problème clef. Depuis que dix nouveaux pays ont été admis le 1er mai à l'UE, cette association d'Etats entre pour 50% dans les échanges commerciaux de la Russie. Cela veut dire que c'est de la position de Bruxelles aux négociations que dépendent la date et les conditions d'entrée de la Russie à l'OMC, constate le " Kommersant ".

Nezavissimaïa gazeta

Après la fuite de l'ancien leader de l'Adjarie, Aslan Abachidze, la vie dans cette république autonome reprend petit à petit son cours normal, écrit la " Nezavissimaïa gazeta " . Maintenant, comme l'a plus d'une fois déclaré le président géorgien Mikhaïl Saakachvili, la tâche consiste à rétablir l'intégrité totale de la Géorgie. Il ne cache pas ses intentions à l'égard des deux autres autonomies géorgiennes : l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud. Il est vrai qu'il ne parle actuellement que de la nécessité d'ouvrir des " pourparlers de paix sérieux " avec Soukhoumi et Tskhinvali. " Nous avons montré en Adjarie que nous sommes enclins à agir par des moyens pacifiques mais avec insistance. C'est très important ", a-t-il déclaré dans un des discours prononcés dernièrement à Batoumi, informe la " Nezavissimaïa gazeta ".

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