Revue de la presse russe du 28 avril

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Moscou, RIA-Novosti

Kommersant

Une réunion consacrée aux problèmes de la cosmonautique s'est déroulée au Kremlin. Pour l'instant, a notamment déclaré Vladimir Poutine, le développement de l'astronautique ne correspond pas à l'accroissement vertigineux des besoins. Elle doit, telle une locomotive, traîner bon nombre d'autres secteurs économiques, a-t-il indiqué. En réponse, le directeur de l'Agence fédérale spatiale, Anatoli Perminov, a proposé un plan. Conformément à celui-ci, le parc des satellites russes connaîtra des réductions d'ici à 2010, mais les appareils gagneront en qualité. Malgré la renaissance des Troupes spatiales en tant qu'arme indépendante et les autres démarches entreprises ces derniers temps pour surmonter la crise - le budget 2004 prévoit 700 millions de dollars pour les études spatiales militaires et civiles - on n'a réussi, au fait, qu'a enrayer son approfondissement.

Le groupement orbital russe, écrit le journal, s'est réduit de moitié ces dix dernières années et compte un peu plus de 80 satellites de 25 types. Non seulement la Russie n'a plus aucun système orbital véritable - de préalerte sur l'attaque de missiles, de météorologie ou de navigation, - elle n'a même plus de satellites espions isolés (le dernier, "Don", a cessé de fonctionner début décembre). Qui plus est, la Russie a des possibilités limitées pour maintenir son groupement spatial en état opérationnel : on lance des appareils des années 70 et 80, ayant une durée de vie sur orbite très réduite, de 1,5 à 3 ans.

Pour remédier à la situation, les Troupes spatiales proposent de diviser par deux le nombre de types de satellites utilisés aujourd'hui. Quant à l'industrie, elle aura pour mission de concevoir de nouveaux appareils multirôles, sur la base de plates-formes spatiales unifiées ayant des durées de vie plus importantes, de 5 à 10 ans. Résultat, vers 2010 le groupement spatial devrait compter entre 65 et 70 appareils, dont 28 à 35 à vocation double.

Izvestia

Une réunion élargie du bureau du Conseil d'Etat (organe consultatif auprès du président), consacrée au développement des régions du Nord, aura lieu mercredi à Salekhard, chef-lieu du District autonome des Yamalo-Nenets (Nord de la Sibérie occidentale). Les gouverneurs se proposent d'y présenter au président des plans de développement de ces régions. Officiellement, 65% de la superficie du pays sont considérés comme "territoires du Nord". Mais leur énormité n'explique pas tout, rappellent les Izvestia. Ces territoires assurent jusqu'à 80% de la production de pétrole et de gaz et les chefs de région souhaitent, tant qu'il n'est pas trop tard, apporter leur contribution au repartage des bénéfices assurés par les ressources naturelles.

Les gouverneurs eux-mêmes, poursuit le journal, voient leurs tâches différemment. Roman Abramovitch, lui, a plus d'une fois déclaré que son objectif était de reloger les habitants du Tchoukotka (région qu'il dirige) vers des régions plus favorables sur le plan climatique. Beaucoup sont d'accord avec l'affirmation que le Grand Nord ne convient pas du tout à la vie normale, mais le Conseil d'Etat - Roman Abramovitch y a été invité - se penchera non sur le relogement mais sur la réorientation, essentiellement de flux financiers. Depuis le lancement de la réforme fiscale, et les gouverneurs ne manqueront pas de le rappeler, la part "régions" dans les recettes tirées de l'utilisation des ressources naturelles est passée de 23 à 17%. Les budgets du Nord sont toujours plus minces et les engagements sociaux envers leurs populations toujours plus importants, explique le quotidien.

Vremia novostei

La discussion entre la Russie et l'Union européenne au sujet de l'adhésion de nouveaux membres à la communauté s'est terminée à Luxembourg sans sensations, fait remarquer le journal "VN". Et sans percées importantes, ajoute le quotidien. Commentant les ententes intervenues, le ministre russe des Affaires étrangères Serguei Lavrov a déclaré: "On a fait tout le nécessaire pour que les conséquences négatives de l'élargissement de l'UE soient minimales pour la Russie." Selon lui, "la satisfaction totale est impossible pour un homme normal". "Le sentiment d'insatisfaction saine est un gage du travail efficace", a-t-il ajouté.

Bref, écrit le journal "VN", la Russie et l'Europe ont évité la crise qui aurait pu éclater ce samedi en rapport avec l'élargissement de l'UE. Le 1er mai, dix néophytes, y compris les anciens pays du bloc socialiste et les pays baltes, vont remplir les rangs de l'Union européenne. Moscou s'est opposé longtemps à l'extension automatique aux nouveaux pays de l'Accord de partenariat et de coopération (APC) conclu en 1994 entre la Russie et l'UE qui reste en vigueur. Le protocole sur l'extension de l'APC a été signé mardi à Luxembourg par Serguei Lavrov, le ministre des Affaires étrangères d'Irlande (qui assume actuellement la présidence de l'UE) Brian Cowen et le Commissaire de l'Union européenne chargé des relations extérieures Chris Patten.

A quelques heures de la signature du protocole, les parties ont adopté une déclaration conjointe contenant l'énumération des problèmes découlant de l'élargissement de l'UE qui suscitent une inquiétude en Russie. Bruxelles a promis d'en tenir compte. La procédure lente des pourparlers et de la conclusion d'accords nous attend. En fait, la Russie et l'Europe se sont mises d'accord qu'il est indispensable de poursuivre le dialogue, résume le quotidien "Vremia novostei".

Nezavissimaia gazeta

Alors que les rapports politiques et économiques entre Moscou et Minsk connaissent la période de stagnation, la coopération militaire entre eux se développe d'une manière intense et persévérante, lit-on dans le quotidien "NG". En témoigne notamment la réunion actuelle du collège commun des ministères de la Défense de Russie et de Biélorussie. Au cours de leur rencontre à Minsk, les représentants des ministères doivent examiner deux documents importants sur les principes du fonctionnement de l'organisation militaire de l'Union Russie-Biélorussie. Par conséquent, malgré les problèmes existants, Moscou et Minsk ont l'intention de continuer à accroître l'intégration dans le domaine militaire.

Plusieurs actions entreprises par les ministères de la Défense russe et biélorusse témoignent du caractère important et sérieux de leurs plans. Ainsi, le groupement régional de troupes fort d'environ 300 000 hommes est créé dans le cadre de la doctrine militaire de l'Union. Un système commun de défense antiaérienne est sur le point d'être formé, la commande militaire commune est exécutée tous les ans, plus de 400 officiers biélorusses reçoivent tous les ans des diplômes des écoles militaires russes, informe le quotidien "Nezavissimaia gazeta".

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