Samsung, LG Electronics, Daewoo et les ingénieurs russes

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MOSCOU /par Andréi Kisliakov, RIA Novosti/. Samsung, LG Electronics et Daewoo utilisent à une échelle de plus en plus large les réalisations des ingénieurs russes. Telle est la conclusion qu'on est amené à tirer des travaux du forum international annuel "Hautes technologies du XXIe siècle" qui s'est tenu à Moscou. Des réalisations inédites de plus de trois cents entreprises russes y ont été présentées.

Pendant que le forum travaillait à Moscou le "Business Week" américain constatait que des géants sud-coréens comme Samsung, LG Electronics et Deawoo employaient largement les idées des ingénieurs russes. Il s'agit de millions d'appareils radio-électroniques équipés de processeurs conçus par des ingénieurs russes. Ce n'est qu'un des exemples de l'influence croissante que la Russie exerce sur le marché mondial des logiciels ou du soft, pour user du terme plus cher aux millions de professionnels.

Tout comme l'Inde et la Chine, leaders reconnus de ce secteur, la Russie évolue dans la voie du développement de la programmation off shore. Ce terme signifie la création de logiciels à l'étranger. Le concepteur pilote et le principal utilisateur d'un programme, par exemple aux Etats-Unis ou en Europe, modèle une conception de base et charge des programmateurs d'autres pays d'en réaliser les éléments.

La nouvelle du jour est la rapidité du développement du soft russe. Selon l'analyse effectuée en 2003 par la société américaine Market Visio/EDS, le marché russe de la programmation off shore est estimé actuellement à 350 millions de dollars, somme plutôt modique. Mais ce marché se développe au rythme de 50% par an.

Les spécialistes russes de la programmation off shore sont regroupés au sein de l'association "Russoft". Selon les prévisions de son président Valentin Makarov, d'ici 2005 ce marché réalisera un milliard de dollars de chiffre d'affaires. Certes, c'est loin des 26 milliards que doit atteindre une année plus tard, en 2006, le marché indien et aussi le marché chinois qui est en train de le rattraper. Cependant les tendances du développement du soft russe sont fort prometteuses. Il faut dire qu'elles sont différentes de celles des deux leaders cités précédemment. Autrement dit, les Russes prétendent à une autre niche du marché que les Chinois ou les Indiens.

Tout d'abord, il faut signaler le niveau général très élevé ou plus précisément le vaste esprit créatif sur lequel sont fondés les produits russes. Cette approche permet aux entreprises russes de concurrencer avec succès leurs célèbres collègues étrangers.

De l'avis de Maxime Pozine, attaché de presse de Cognitive Technologies, la méthode russe ne consiste pas à créer des codes mais des produits finis. Les partenaires étrangers disent souvent à leurs collègues russes que si on a besoin d'un bon code, il faut aller en Inde mais s'il faut résoudre un problème, il faut le demander aux Russes.

Le problème clé aujourd'hui est de savoir ce qu'il faut faire pour faire durer la tendance du soft russe qui se développe rapidement. Les milieux professionnels estiment que les conditions russes ne conviennent pas à l'utilisation de l'expérience chinoise. C'est que la Chine a déjà adopté une loi qui oblige les structures étatiques nationales à n'utiliser que des logiciels chinois à partir de 2010. Peut-être cette décision est-elle capable d'encourager la croissance de la part chinoise sur le marché des logiciels grâce au renforcement des positions du produit national sur le marché chinois. Mais il est parfaitement évident que les mesures prohibitives n'auront pas le même effet en Russie.

D'autre part, une modernisation accélérée de l'économie nationale et notamment les exportations de logiciels sont impossibles sans un soutien de l'Etat. Reste à savoir quel doit être ce soutien.

La spécificité de la profession rend la décision évidente. Il faut créer tout un secteur économique des hautes technologies exonéré d'impôts. Cela permettra aux professionnels russes de rester dans leur pays et d'avoir une situation décente. Pour ce qui est de l'argent, celui qu'ils gagneront sera dépensé principalement en Russie, dans les secteurs économiques traditionnels assujettis à l'impôt: le commerce, le bâtiment, les services. Cet effet est déjà connu, il a été testé dans de nombreux pays. Il a été constaté que le principe de l'exonération fiscale ne peut qu'attirer des investissements nationaux et étrangers. Il suffit de citer l'exemple de la Chine ou de l'Inde. Il en résultera des emplois nouveaux et une croissance des recettes dans les budgets fédéral et régionaux.

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