Comme il en ressort du communiqué de l'agence dont le texte est parvenu à RIA-Novosti mardi, la note de Yukos avait été placée sous une surveillance particulière dans la liste CreditWatch le 31 octobre 2003.
"Cette décision de rating reflète l'accroissement du risque d'une crise de liquidité en plus de l'incertitude en matière de fiscalité, de gestion et de droits de propriété sur les actifs clefs générateurs des flux financiers, suite à l'augmentation de la pression politique exercée sur la société", souligne une analyste de crédit de Standard & Poor's, Elena Anankina.
"Le défaut de paiement éventuel" limite, aux termes d'un accord de crédit de Yukos, la capacité de la société de mobiliser des créances et de prélever des moyens sur ses comptes d'exportation utilisés pour garantir la dette bancaire, mais n'entraîne pas pour elle la nécessité de rembourser immédiatement la dette financière.
L'annonce du "défaut de paiement éventuel" reflète cependant l'inquiétude des créanciers et, de l'avis de Standard & Poor's, pourrait augmenter le risque de l'annonce par les créanciers d'un défaut de paiement proprement dit, ce qui entraînerait la nécessité de rembourser l'ensemble de la dette financière de la société en raison d'un cross-default. Cela augmente les risques de liquidité de la société qui restent sans cela élevés, suite à des revendications fiscales à hauteur de 3,5 milliards de dollars (des auditions judiciaires sont prévues en mai) et du gel des actifs de la société mère Yukos, dont font partie les actions de ses filiales de production clefs.
"Dans le cadre d'un scénario défavorable- au cas où Yukos perdrait le procès fiscal ou si la société, ou ses filiales, proclament un défaut de paiement - le groupe pourrait être confronté à la menace d'une crise de liquidité, d'une vente forcée de ses actifs clefs, de procédures de mise en faillite ou d'une nationalisation de fait des actifs", lit-on dans le communiqué de presse.
"Actuellement, Yukos maintiendrait sa capacité de garantir le service de sa dette grâce aux recettes provenant de la vente des produits et grâce aux fonds de ses succursales. Pourtant, la capacité de la compagnie d'assurer le service de sa dette au cours des prochains mois dépendra avant tout des démarches des autorités russes et des créanciers de la société. Nous suivrons avec attention la situation autour de Yukos", ajoute Elena Anankina.
L'ex-président de la société, Mikhaïl Khodorkovski, et certains de ses dirigeants sont en détention provisoire. Le Parquet général de la Fédération a inculpé Khodorkovski de vol par escroquerie à grande échelle et en groupe organisé lors de la période de privatisation des biens publics en Russie, et d'évasion fiscale à grande échelle.