Prague, une ville qui réussit à Viktor Tikhonov

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MOSCOU, 23 avril. (Par Valéri Asriyan, commentateur de RIA Novosti). Les supporters russes placent beaucoup d'espoirs dans le championnat du monde de hockey sur glace qui débute la semaine prochaine à Prague. Son dernier titre mondial, la sélection russe l'a remporté voici déjà onze ans, aussi ses millions de fans comptent bien que cette fois à Prague elle décrochera l'"or". D'autant plus que l'équipe est de nouveau coachée, après un long intervalle, par l'entraîneur le plus titré de Russie, Viktor Tikhononv, 73 ans, celui-là même qui il y a 26 ans, à Prague justement, avait débuté en qualité d'entraîneur de la sélection de l'URSS. Des débuts on ne peut plus heureux! L'équipe soviétique avait difficilement battu en finale son homologue tchécoslovaque par deux buts d'écart (3:1), juste ce qui était nécessaire pour redevenir la meilleure au monde.

La sélection d'URSS dirigée par Viktor Tikhonov a remporté huit titres de championne du monde et trois titres olympiques, surclassant à plusieurs reprises les professionnels canadiens. Assumant de front les fonctions d'entraîneur de l'équipe du CSCA (Club sportif central de l'armée), Viktor Tikhonov remporta avec elle douze championnats d'URSS d'affilée et 14 coupes des clubs champions européens.

Viktor Tikhonov est un entraîneur de la trempe des vainqueurs et on peut être sûr qu'il se rend à Prague (une ville qui me réussit, dit-il) avec la ferme intention d'y triompher. Dans cette campagne il sera épaulé par Vladimir Yourzinov, un ami qui de longues années durant a secondé Tikhonov au poste d'entraîneur adjoint de la sélection. Une fonction qu'il assume encore actuellement. Ancien hockeyeur de talent, champion du monde et des Jeux Olympiques, Vladimir Yourzinov est aussi un entraîneur très expérimenté. Sous sa direction la sélection russe s'est classée deuxième aux Jeux d'hiver de Nagano en 1998. Le tandem Tikhonov-Yourzine est à même de forger une équipe solide et de l'armer de schémas tactiques pouvant dérouter les adversaires les plus coriaces. Tikhonov et Yourzine seront assistés de deux autres spécialistes, à savoir Valéri Bélooussov et Alexeï Kassatonov. Le premier entraîne l'équipe Avangard (Omsk) qui vient de remporter le championnat de Russie (précédemment Bélooussov avait conduit le Metallourg Maghnitogorsk à la victoire en championnat de Russie et en Ligue européenne). Le second , lui aussi ancien hockeyeur soviétique de renom, a joué plusieurs saisons en National Hockey League (NHL). Il est au courant de tout ce qui se passe dans le hockey canado-américain et cela devrait garantir la valeur des joueurs russes évoluant outre-Atlantique et qui ont été retenus dans la sélection.

Car ce n'est pas un secret que les meilleurs éléments russes jouent sous les couleurs des plus prestigieux clubs de NHL et que la force de la sélection russe dépendra beaucoup d'eux. Il y a tout lieu de penser que cet apport sera payant. Cela concerne surtout l'attaque. Les avants Ilia Kovaltchouk (Atlanta) et Alexeï Yachine (New York Islanders), constitueront le fer de lance de la sélection russe. Maksime Afinoguénov (Buffalo), Alexandre Frolov (Los-Angeles), Denis Arkhipov (Nashville), Alexeï Morozov (Pitsburg) et Andreï Bachkirov (Lausanne, Suisse) eux aussi renforceront la ligne d'attaque. En ce qui concerne les arrières, la sélection ne compte qu'un joueur évoluant à l'étranger. Il s'agit de Dmitri Kalanine (Buffalo). Andreï Markov (Montréal Canadiens') a été sollicité, mais sa venue est très incertaine.

Quoi qu'il en soit, les entraîneurs doivent surtout miser sur les joueurs disputant le championnat de Russie. Ce sont les gardiens Iégor Podomatski, Maksime Sokolov et Alexandre Fomitchiov, les arrières Oleg Tverdovski et Dmitri Iouchkevitch, rentrés il n'y a pas longtemps d'outre-Atlantique, ainsi que Dmitri Bykov, Vitali Prochkine, Vassili Tourkovski, Alexandre Gouskov, Maksime Kondratiev et Andreï Skopintsev. En attaque les entraîneurs disposeront de Vladimir Antipov, Viatcheslav Boutsaïev, Valéri Zelepoukine, Sergueï Zinoviev, Sergueï Moziakine, Nikolaï Pronine, Alexandre Ovetchkine, Alexandre Prokopiev, Maksime Souchinski et Alexandre Skougariov. Tous ces joueurs portent les maillots de huit clubs russes: Avangard (Omsk), Lokomotiv (Yaroslavl), Sibir, Ak Bars (Kazan), Lada (Togliatti), Sibir (Novossibirsk), CSCA et Dinamo (Moscou).

L'équipe russe, qui comprendra dans ses rangs huit ou neuf joueurs évoluant à l'étranger, manquera peut-être d'homogénéité. Les derniers matches de préparation devraient permettre aux joueurs de trouver leurs marques et aux entraîneurs d'apporter les dernières corrections. Le cas échéant cela pourrait être fait lors des premières rencontres du championnat du monde. Quoi qu'il en soit la sélection dispose d'éléments de grande classe pour montrer un jeu intéressant. Kovaltchouk et Yachine ont le sens du but. C'est vrai aussi que l'équipe manque d'un organisateur de l'attaque, d'un dispatcher. Dans ces fonctions Maksime Souchinski s'était signalé en championnat national, mais se montrera-t-il aussi bon passeur à Prague? Attendons pour savoir. Le moral est un autre atout de la sélection russe. Selon Viatcheslav Fétissov, légendaire hockeyeur soviétique ayant porté le maillot du New Jersew Devils (il a remporté la Coupe Stanley avec ce club) et aujourd'hui président de l'Agence fédérale russe pour la culture physique et le sport, dit que les rencontres auxquelles il avait assisté avaient révélé que la sélection avait de la combativité à revendre. Or, il ne fait aucun doute que la combativité et le moral seront des facteurs décisifs au championnat du monde de Prague où les grands favoris seront bien évidemment les Tchèques.

Or, la volonté de vaincre a déjà à mainte reprise été providentielle pour les joueurs soviétiques et russes face à leurs adversaires tchèques. Leurs affrontements sur la glace ont une histoire demi-séculaire. Il y a 46 ans, les joueurs soviétiques qui commençaient juste à s'initier au hockey sur glace, avaient accueilli le célèbre club pragois LTC. Les Tchèques pensaient que les matches disputés contre les novices soviétiques seraient de simples formalités. Lors de la première rencontre ils s'étaient nettement inclinés devant une sélection de Moscou, 3:6. Ils avaient pris leur revanche dans la seconde rencontre 5:3 et la troisième s'était terminée sur un score nul: 2:2. Six ans plus tard, la sélection d'URSS débutait au championnat du monde en Suède et remportait une victoire sensationnelle, écrasant 7:2 les pères du hockey sur glace, les Canadiens. Quant aux Tchèques, ils ont été les principaux adversaires de la sélection soviétique aux championnats du monde et aux Jeux Olympiques disputés dans les années 60 et 70 du siècle dernier. L'histoire de cette rivalité est émaillée de matches passionnants, empreints de dramatisme. Par exemple, aux Jeux Olympiques de Grenoble, en 1968, les Tchèques avaient réussi à battre la sélection d'URSS 5:4, mais les médailles d'or étaient quand même revenues aux hockeyeurs soviétiques après que les Tchèques aient fait match nul face aux Suédois.

Aux J.O d'Innsbruck, en 1976, à cinq minutes du coup de sifflet final, la sélection d'URSS était menée 2:3 face à la Tchécoslovaquie, mais celle-ci ne devait pas résister à la furia des joueurs soviétiques et finalement elle s'était inclinée 3:4. Enfin, les amateurs de hockey n'ont pas oublié les dernières rencontres olympiques disputées à Lake Placid en 2002. Le tirage au sort avait voulu que la République tchèque et la Russie s'affrontent en quart de finale. Les favoris étaient les Tchèques, mais ce sont quand même les Russes qui se sont montrés les meilleurs (1:0). Au total, les sélections de l'URSS et de la Russie ont été championnes du monde 23 fois, les sélections tchécoslovaques et tchèques, 10 fois. Cependant, dans les années 90 les succès tchèques ont été plus nombreux. Ils ont été champions du monde à quatre reprises (1996,1999, 2000 et 2001) contre une seule victoire russe, en 1993. Que le apportera Prague-2004?

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