Ces périodes sont organisées avec l'aide de la division de fusiliers-voltigeurs de Taman et avec celle de la division de chars de Kantémir, et chaque jeune garçon jugé "bon pour le service" devra, pendant 40 heures, se familiariser avec l'organisation et les règles du service militaire, avec les lois sur la défense et autres textes juridiques en la matière, avec les armes et le matériel militaire en dotation dans les troupes terrestres. Mais aussi les jeunes gens apprendront le maniement du pistolet mitrailleur et de la mitrailleuse, apprendront à marcher au pas cadencé et à se mettre au garde-à-vous, à accomplir le parcours du combattant... Quarante heures - c'est une semaine de 5 jours de travail. Les journaux ont sonné l'alarme. "Les généraux vont encore martyriser nos chers petits" - et ce ne sont là que les paroles les plus anodines déversées sur les parents des "bambins" et sur les écoliers eux-mêmes par certains médias.
Les appréhensions sont bien compréhensibles. Après la tragédie survenue en 2003 lors d'une période analogue dans le District autonome des Khanty-Mansi, où après un marathon avec les masques à gaz, un écolier est décédé, tous les nouveaux exercices engageant des jeunes n'ayant pas encore l'âge de la conscription suscite des craintes sérieuses. Est-ce qu'ils ne vont pas porter préjudice à la santé de nos enfants, sauront-ils faire montre de respect et de sollicitude envers eux, ne va-t-on pas les obliger à faire des choses qui sont au-dessus de leurs forces et qui ne peuvent être accomplies que par des soldats de métier bien entraînés et bien formés?
Toutes ces questions sont justifiées.
Confier à des fonctionnaires revêtus de l'uniforme militaire des gamins de 16 ans, aucun parent n'en a réellement envie. Traumatiser sur le plan psychologique (et pas seulement) un adolescent, c'est assez facile, guérir les traumatismes causés est une affaire autrement compliquée et de longue haleine. Mais les périodes militaires ne sont pas faites pour apprendre à des enfants à "supporter les affres du service militaire", comme la charte militaire l'exige du soldat. Ce ne sont pas des soldats. Ce sont de futurs hommes, de futurs chefs de famille, de futurs citoyens de leur pays. Et les cours d'éducation masculine, et c'est précisément ce que doivent être ces périodes militaires, doivent laisser dans le coeur des adolescents non pas un sentiment de haine, mais de respect pour le service militaire, pour l'armée de métier, défendeuse de la patrie. Elles doivent montrer au jeune garçon en proie au doute, qu'il est capable et doit devenir un véritable soutien pour ses parents, pour sa future femme et ses enfants.
Certes, ce ne sont pas des sous-officiers d'active ou des voyous de casernes qui pourront inculquer des sentiments aussi élevés, mais des officiers talentueux, de véritables pédagogues, qui sauront apprendre à leurs élèves à devenir des hommes.
Et seule la communauté étroitement liée armée-école est capable de faire en sorte que les futures périodes restent gravées dans la mémoire des écoliers comme quelque chose de positif. Seul le contact étroit, la confiance et le respect mutuels entre les parents et les officiers sont à même de transformer ces cinq jours d'entraînement militaire en un événement marquant, inoubliable pour chaque jeune garçon. Quelle que soit la profession qu'il choisira plus tard.