Malversations dans le cadre du programme "Pétrole contre nourriture": l'enquête ne doit pas masquer les autres problèmes

S'abonner
MOSCOU, 22 avril - RIA Novosti. L'enquête sur les éventuelles malversations commises dans le cadre du programme "Pétrole contre nourriture" ne doit pas masquer le règlement de problèmes plus urgents, a déclaré le vice-ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Youri Fedotov.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a soutenu mercredi l'initiative de mener une enquête indépendante sur les activités des fonctionnaires du programme "Pétrole contre nourriture". Le projet de résolution ad hoc a été élaboré par les USA, la Grande-Bretagne, la France et la RFA.

"La Russie n'est pas opposée au principe d'une enquête sur les éventuelles malversations commises dans le cadre du programme humanitaire. L'important est que ces questions ne masquent pas la solution d'autres problèmes plus urgents et plus importants, auxquels l'Irak est aujourd'hui confronté", a souligné Youri Fedotov.

Selon le vice-ministre, "fouiller dans le passé ne doit devenir une priorité pour le Conseil de sécurité de l'ONU". "Il ne faut pas oublier les autres questions de l'ordre du jour - le problème des armes de destruction massive, la révision du mandat des inspecteurs internationaux, dont la mission en Irak n'est toujours pas terminée, le problème des personnes disparues au cours de l'agression du Koweit par l'Irak en 1990", a fait remarquer le diplomate.

Selon le vice-ministre des AE de Russie, "le Conseil de sécurité de l'ONU doit regarder vers l'avenir et se consacrer à la mise au point d'un plan équitable de règlement du problème de l'Irak".

"En ce qui concerne la décision de Kofi Annan de nommer une commission indépendante chargée d'enquêter sur les accusations de malversations parues dans les médias, surtout américains, c'est son droit le plus strict et nous respectons cette démarche", a dit Youri Fédotov. C'est pourquoi la Russie, entre autres membres du Conseil de sécurité de l'ONU, a soutenu cette résolution.

Mercredi, au QG de l'ONU, a eu lieu la présentation officielle du chef de la commission indépendante d'enquête, l'ancien directeur de la Réserve fédérale américaine, Paul Volcker. La commission est également composée de l'ex-procureur du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie - Richard Goldstone, d'Afrique du Sud et du citoyen helvétique Mark Pieth, de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

La décision d'enquêter sur les accusations de malversations financières commises dans le cadre du programme humanitaire "Pétrole contre nourriture" a été prise par Kofi Annan le 26 mars 2004. Ce programme abandonné en novembre 2003 était le plus important projet financier de l'histoire des Nations Unies. Depuis 1996, il a permis à l'Irak d'utiliser ses recettes provenant de l'exportation de son pétrole pour acheter des produits alimentaires et des médicaments. Pendant toute la durée où il a été en vigueur, les revenus issus de la vente du pétrole irakien se sont chiffrés à 65 milliards de dollars, dont 46 milliards ont été consacrés à l'aide humanitaire. Selon les données de l'ONU, ce programme était l'unique source de subsistance pour 60% de la population de l'Irak, qui compte 27 millions d'habitants. Avant le début des opérations militaires en mars 2003, il employait en permanence 893 fonctionnaires internationaux et 3600 Irakiens.

A la mi-mars, la Cour des comptes du Congrès des Etats-Unis a publié un rapport faisant état du détournement de 10 milliards de dollars au cours de la réalisation du programme. Parmi les personnes directement impliquées dans ce scandale, on cite les noms de l'ancien administrateur du programme "Pétrole contre nourriture", Benon Sevan, et du fils même de Kofi Annan - Kojo.

Fil d’actu
0
Pour participer aux discussions, identifiez-vous ou créez-vous un compte
loader
Chat
Заголовок открываемого материала