* Du 13 au 23 avril, une exposition unique "Trésors de la Bibliothèque nationale de Russie" se déroule à Moscou. Elle est consacrée au 250-e anniversaire de la naissance de Nikolaï Roumiantsev, Chancelier d'Etat de l'Empire russe, diplomate, mécène et collectionneur dont la collection a servi de base à la Bibliothèque nationale de Russie. L'exposition présente des manuscrits anciens slaves et européens : "Prière à saint Willigis" du XII-e siècle, "L'Échelle Sainte" du XVI-e siècle, ou "Evangile d'Elisavetgrad" de 1600. Les amateurs de littérature classique russe s'intéresseront sans doute aux autographes de Nikolaï Gogol, de Fedor Dostoïevski, d'Anton Tchékhov et de Mikhaïl Boulgakov. La bibliothèque propose une collection rarissime des premières éditions des oeuvres de Giordano Bruno et un des premiers livres imprimés de Russie, "Apôtre" édité par Ivan Fedorov en 1654, ainsi que le poème d'Alexandre Pouchkine "La Fontaine de Bakhtchissaraï" paru en 1827, alors que le poète était encore en vie. Ceux qui s'intéressent à l'histoire militaire de la Russie pourront y découvrir "L'histoire du régiment Preobrajenski de la garde impériale" et "L'histoire du 44-e régiment de dragons de Nijni Novgorod", éditions datant du début du siècle dernier, ainsi que la chronique du 63-e régiment d'infanterie d'Ouglitch qui embrasse 200 ans d'histoire, de 1708 à 1908. La bibliothèque recèle une collection sans égale de livres d'écrivains russes émigrés. L'exposition est ornée de gravures, d'affiches de cinéma et de photos. L'exposition "Trésors de la Bibliothèque nationale de Russie" se déroule dans le cadre de la conférence internationale "Lectures Roumiantsev - 2004" ayant pour thème "Technologies innovatrices et diversité des cultures" sous le patronage du ministère russe des Affaires étrangères, du ministère de la Culture et de l'Information et de l'Académie des Sciences naturelles de Russie.
* Le 19 avril, le Cinquième mois international de photographie, ou le Photobiennale-2004, s'est ouvert à Moscou. Plus de cent expositions photo d'artistes populaires de France, de Finlande, des Etats-Unis, d'Iran, de la république tchèque, d'Italie, de Suède, de Chine et des classiques de l'art photographique russe seront présentées dans les meilleures salles de Moscou : au Nouveau Manège, au Musée de l'histoire contemporaine de Russie, à la Maison centrale de l'Artiste, à la Maison de la photographie de Moscou, au Musée d'art moderne de Moscou, etc.
Presque la moitié des expositions auraient dû se dérouler au Manège, monument historique ravagé il y a quelques semaines par un incendie. Le forum était alors menacé d'être annulé. Mais de nombreuses organisations ont proposé leur aide et leurs salles d'exposition pour y tenir cette manifestation devenue partie intégrante de la vie culturelle de la capitale.
Le forum photo a été institué par les autorités de Moscou avec la participation des ministères de la Culture et de la Presse de Russie et soutenu par le ministère français des Affaires étrangères, la mairie de Paris, plusieurs ambassades étrangères en Russie et les centres culturels de France, d'Allemagne et d'Espagne à Moscou.
La première exposition s'est ouverte le 19 avril au Nouveau Manège. Elle a pour titre "Paris vu par les photographes" et durera jusqu'au 5 mai. L'exposition est préparée par le Centre Georges Pompidou. Elle réunit des artistes de talent d'origine diverse: Brassai et André Kertesz de Hongrie, Man Ray des Etats-Unis, Eli Lotar de Roumanie, Izis de Lituanie. Recourant à différentes méthodes artistiques, ils traduisent tous l'atmosphère exceptionnelle de la ville.
* Les 20 et 21 avril, les concerts consacrés au 80-e anniversaire de la naissance de Boulat Okoudjava (1924-1997), célèbre auteur-compositeur-interprète en Russie se dérouleront dans la salle de spectacles "Rossiïa" de Moscou.
Le groupe "Pesni nachego veka" ("Chansons de notre siècle"), interprète des chansons à textes a déjà enregistré quatre albums des meilleures chansons à textes écrites en Russie pendant ces dernières décennies et présentera au public son nouveau disque avec 17 chansons de Boulat Okoudjava.
Au programme du groupe figurent les chansons des films "La Gare de Biélorussie" et "Le Soleil blanc du désert" aimées du public russe.
Boulat Okoudjava est une figure culte dans l'histoire de la culture russe de la seconde moitié du XX-e siècle. Ses poésies lyriques sont connues par plusieurs générations. Ses chansons sont chantées par les gens de tout âge. Boulat Okoudjava a participé à la Grande Guerre patriotique de 1941-1945. Il a commencé à composer ses chansons dans les années 1950. Après la guerre, il a terminé la faculté de philologie de l'Université de Tbilissi. En 1957, tout le pays a chanté Okoudjava : "Trolleybus de minuit", "Valse sentimentale", "Le Roi", "Chanson des bottes de soldat". En 1961, Boulat Okoudjava revient à la prose et fait paraître sa première nouvelle "Salut, écolier !". Plus tard, il écrit les romans "Le Chemin des dilettantes" et "Un banquet pour Napoléon". Il est l'auteur des scénarios des films célèbres "La Fidélité", "Jenia, Jenetchka et Katioucha". Le dernier recueil de ses poésies a paru en 1996.
* Le 22 avril, "Le chevalier de la Mort", nouveau film du réalisateur Karen Chakhnazarov, actuel directeur des studios "Mosfilm", sort sur les écrans.
Après avoir tourné des comédies musicales telles que "Nous sommes du jazz" et "Soirée d'hiver à Gagra" et le film "Le garçon de course", très populaire chez les jeunes du milieu des années 1980, Karen Chakhnazarov se tourne vers un autre genre et se présente aux spectateurs sous un nouveau jour. Cette fois-ci, le réalisateur traite le thème du terrorisme. Le film s'inspire de la nouvelle de Boris Savinkov, idéologue de la terreur en Russie au début du XX-e siècle. Son oeuvre "Le Cheval blême" est écrite sous forme d'un journal intime. L'auteur montre les contradictions internes qui déchirent l'homme frôlant en permanence la mort et engendrant cette mort. Le héros de la nouvelle désillusionné s'écarte petit à petit de l'idée de la terreur qui l'obsédait depuis sa jeunesse. C'est une oeuvre pour beaucoup autobiographique, ce qui la rend d'autant plus précieuse.
La raison essentielle pour laquelle Karen Chakhnazarov a porté son attention à la nouvelle de Boris Savinkov est le problème du terrorisme devenu actuel ces dernières années dans le monde entier. Le réalisateur a confié le rôle de Savinkov au populaire Andreï Panine.