Les parlement russe et ukrainien ont ratifié synchroniquement trois accords clés entre les deux pays: sur la frontière russo-ukrainienne, sur la coopération dans l'utilisation de la mer d'Azov et du détroit de Kertch et sur l'Espace économique unique. Le litige frontalier entre Moscou et Kiev, qui l'année dernière avait presque dégénéré en conflit armé, peut donc être considéré comme résolu, estime Kommersant.
Au mois d'octobre de l'année dernière en Russie et en Ukraine on s'était souvenu que la démarcation de la frontière était inachevée. A l'époque les autorités d'un district du territoire de Krasnodar avait entrepris la construction hâtive d'une digue en direction de l'île ukrainienne de Touzla dans le détroit de Kertch. Kiev avait tiré la sonnette d'alarme, accusant Moscou de porter atteinte à des terres ukrainiennes depuis toujours. On en était presque venu aux mains. Deux mois plus tard les présidents des deux pays étaient intervenus dans le conflit et ils s'étaient entendus sur les principes déterminants de la démarcation du bassin Azov-Kertch.
Le quotidien relève qu'après le règlement du conflit, des sources au Kremlin avaient laissé entendre que l'objectif de la Russie avait été atteint et que Kiev avait dû accepter que désormais des bâtiments de guerre de pays tiers ne pourront pénétrer en mer d'Azov qu'avec l'accord de la Russie et de l'Ukraine et que des bâtiments de guerre russes pourront y entrer quand ils le voudront. Quant à Kiev, il avait assuré que l'Ukraine était la seule à pouvoir crier victoire: Moscou a enfin accepté de faire passer la frontière par le bassin Azov-Kertch, ce qu'elle avait refusé de faire jusqu'ici.
Bien que les deux parties aient eu toutes les raisons de se féliciter des accords sur la démarcation, leur entérinement par les parlementaires des deux pays n'a pas été de tout repos. Ils ont été adoptés uniquement grâce à la sollicitation des ressources administratives des présidents russe et ukrainien, relève Kommersant.
Nézavissimaïa gazéta
La direction biélorusse espère toujours revenir à l'ancien temps et obtenir des produits énergétiques russes à bas prix, écrit la Nézavissimaïa gazéta. Tel a été le non-dit des pourparlers qui ont eu lieu à Moscou entre les premiers ministres des deux pays, Mikhaïl Fradkov et Sergueï Sidorski. Le communiqué officiel publié à leur issue est extrêmement parcimonieux, pourtant il ressort nettement de sa lecture que les parties n'ont toujours pas réussi à s'entendre sur quelque chose.
Des négociations sur les livraisons et le transit de gaz russe sont menées depuis le début de l'année, lorsque Gazprom avait cessé d'acheminer du combustible en Biélorussie. "La partie biélorusse propose de doubler le tarif du transit par rapport à l'année précédente et d'acheter le gaz à un prix inférieur au prix de base: 46,68 dollars les 1.000 mètres cubes au lieu de 50", a fait remarquer un représentant du consortium gazier russe qui commentait leurs résultats.
A Moscou le premier ministre Sidorski a invoqué les ententes fraternelles, mais on lui a rétorqué que la Biélorussie ne respectait pas les siennes. Bref, tout s'est passé comme à l'accoutumée", relève la Nézavissimaïa gazéta.
Izvestia
Le ministre chinois des Affaires étrangères, Li Zhaoxing, effectuera les 21-23 avril une visite officielle à Moscou. La veille de sa venue le chef de la diplomatie chinoise a accordé une interview aux Izvestia, dans laquelle il déclare, entre autres, que la Russie est le plus grand pays voisin de la Chine. Comme dit l'adage, un proche voisin est plus important qu'un parent lointain. La Chine s'en tient depuis longtemps au principe selon lequel il faut "être vertueux avec les proches, bienveillant avec les voisins et vivre dans la concorde avec tous les pays du globe". En clair, cela signifie "être amis pour toujours et ne jamais entretenir de mauvais termes".
L'année dernière les échanges entre la Chine et la Russie se sont chiffrés à 15,76 milliards de dollars, ce qui représente une progression de 32,1 pour cent par rapport à 2002, a relevé le ministre. Pour la cinquième année consécutive les échanges sont en hausse et pour la quatrième année de suite le record en la matière est amélioré. Il y a tout lieu de penser que l'objectif fixé par les chefs des deux Etats consistant à porter le chiffre d'affaires des deux pays à 20 milliards de dollars sera atteint dans les années à venir. Tout cela est le résultat de nos efforts conjoints, a souligné le ministre chinois des Affaires étrangères.
Vrémia novosteï
Le gouvernement a préparé un projet de loi levant les restrictions à la participation du capital étranger dans les entreprises du complexe militaro-industriel russe, annonce le quotidien en indiquant que cette nouvelle avait été annoncée par le premier vice-ministre de l'Industrie, Alexandre Brindikov, au cours d'une table ronde consacrée à la restructuration des complexes militaires de la Russie et des pays de l'OTAN. Vrémia novosteï rappelle qu'actuellement les compagnies étrangères ne peuvent pas posséder plus de 25 pour cent des actions des entreprises militaires russe. L'innovation concerne surtout ces grandes structures intégrées nouvelles que sont les holdings. Dans les entreprises existantes, en cas de participation du capital étranger les parts des actions seront reventilées. Dans les compagnies où l'Etat détient au moins 51 pour cent des actions, les actions restantes pourront être vendues sur le marché d'investissement, y compris à des compagnies étrangères, indique Vrémia novosteï.
Gazéta
Le ministère du Développement économique et du Commerce a remis au gouvernement le Code forestier retravaillé. Le document a été expurgé d'une de ses clauses essentielles, celle concernant l'autorisation de la propriété privée de la forêt. Les représentants des régions ainsi que les écologistes y étaient opposés. Dès après la réplique du président selon laquelle en matière de propriété privée de la forêt il n'y avait pas lieu de se hâter, il était devenu évident que le texte serait réécrit. Cette question névralgique a été reportée à des temps meilleurs, une loi séparée lui sera spécialement consacrée.
Dans le monde, environ 80 pour cent des forêts sont publiques, seuls 20 pour cent appartiennent à des compagnies ou à des particuliers. En Finlande, quelque 40 pour cent des forêts sont privées. Au Canada l'Etat n'a jamais remis en propriété privée plus de 6 pour cent des massifs boisés; dans ce pays les forêts sont données en bail pour une durée de 10-25 ans et uniquement aux entreprises possédant leurs propres capacités de transformation. Aux Etats-Unis, plus de 90 pour cent des forêts avaient été privatisées, cependant l'éventualité d'un rachat par l'Etat d'une partie des exploitations forestières est actuellement envisagée.