La Russie en moto

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Si la Hollande passe pour être le pays des tulipes et de la bicyclette, il se pourrait que la Russie devienne prochainement celui de la moto.

Si la Hollande passe pour être le pays des tulipes et de la bicyclette, il se pourrait que la Russie devienne prochainement celui de la moto.

En tout cas, les ventes de motos connaissent une hausse de 20 pour cent l'an et la popularité de ces engins croît littéralement au fil des heures et ce alors que leur prix soit assez élevé et que la qualité des routes russes laisse encore beaucoup à désirer. Quoi qu'il en soit, les représentants du sexe fort qui brûlent d'envie de posséder une moto ne se comptent plus en Russie. Les femmes elles non plus ne sont pas indifférentes à l'idée de posséder un gros-cube permettant, seule ou à deux, de faire de ces ballades effrénées qui vous insufflent des overdoses d'adrénaline. En tout cas, près de la moitié des élèves des motoécoles de Moscou sont des filles.

Selon les statistiques, la moto est un véhicule dangereux et dans le tableau des risques elle arrive en sixième position. Il en est bien ainsi et de tristes exemples sont là pour rappeler les dangers qui attendent dans les rues urbaines ceux qui ont décidé d'enfourcher ces "mustangs motorisés". Les amateurs de sport d'un certain âge se souviennent bien sûr de l'accident de moto qui voici quarante ans avait brusquement mis un terme à la carrière sportive du champion olympique et recordman du monde de saut en hauteur soviétique Valéri Brumel. Il avait alors 23 ans. A propos, ce jour fatal le champion se trouvait sur le siège passager tandis que le guidon du bolide était entre les mains d'une femme, pourtant motocycliste avertie, mais "la rue est parsemée d'imprévus".

Mais celui qui se lance dans la rue monté sur une moto rutilante n'envisage pas qu'il puisse avoir un accident. La moto, ce n'est pas fait pour les pessimistes. C'est un engin pour les intrépides, les optimistes et... les gens qui disposent de certains moyens. Il s'agit ici de ceux qui veulent avoir leur propre bécane. Ces gens sont de plus en plus nombreux en Russie. Ainsi, une nouvelle moto tout terrain touristique BWW R1200 GS d'un coût de 16.000 dollars a été vendue bien longtemps avant l'ouverture de la saison printanière. Le propriétaire de cet engin peut maintenant se lancer sur des itinéraires non battus et partir à la découverte de contrées inconnues. Un autre exemple. L'été dernier, la veille de la célébration du centième anniversaire de la firme Harley-Davidson, il a été vendu à Moscou deux fois plus de ces légendaires motos américaines que les saisons précédentes.

Lorsqu'un motocycliste potentiel franchit pour la première fois la porte d'un salon, la première question qu'il pose est celle-ci: "Qu'avez-vous de plus musclé?" Ces dernières années la Yamaha R1 rapide sportback 1000 cm3 est en tête du hit parade des ventes. "Foncer" avec cette belle mécanique sur l'avenue Koutouzov, la plus prestigieuse de Moscou, est un moyen rêvé pour "s'affirmer en tant que personnalité". Celui qui préfère enfourcher une luxueuse Grandtour BWW K 1200 LT produit un certain effet. Cette moto lourde faite pour les longs déplacements est également l'une des plus vendues à Moscou.

D'une manière générale la moto offre mille et une possibilités pour s'extérioriser. Pour les passionnés de vitesse et assoiffés de risque il y a les bolides faits spécialement pour la route et la piste. Parmi les engins de course vendus en Russie on peut voir des motos italiennes Ducati 999. Les motocyclistes amateurs ont un penchant stable pour les bécanes produites au pays du soleil levant: Yamaha R1, Kawasaki Ninja, Honda Fire Blade. Les Russes aiment aussi les enduros tout terrain. Ces engins sont effectivement très fiables et résistent à toutes les épreuves.

Outre les machines spécialement conçues pour le moto-cross (les Japonais produisent d'excellents modèles), il existe un lot d'engins à double usage ville et campagne. La moto autrichienne KTM Adventure et la bavaroise BWW F 650 GS sont imbattables sur les routes russes difficiles.

Si les motos et leurs propriétaires se font de plus en plus nombreux en Russie, les succès remportés jusqu'ici par le sport motocycliste national sont plutôt modestes. Pourtant ce sport est très diversifié: cross, rallyes, courses sur route et piste, trials (courses d'obstacles tout terrain), speedway. Cependant, les courses motocyclistes en Russie n'ont toujours pas pu se développer à cause du nombre insuffisant d'itinéraires routiers et de circuits pour professionnels. Dans l'Oural le speedway sur glace reste très populaire. Dans d'autres villes russes les motocross sont suivis par un public assez nombreux. Il est envisagé de construire une piste moderne, un stade conforme aux standards mondiaux et une moto-école dans la région de Moscou.

En attendant que ces projets se réalisent, les motards continuent de sillonner les rues des villes. Mais pour que la Russie devienne effectivement un pays de prédilection pour les motocyclistes, il faut autre chose encore que des motards et des gros cubes supermodernes. Il faut aussi des routes au revêtement lisse et un motoservice moderne. Les deux-roues sillonneront alors les immensités du pays et ceux qui les conduiront ne penseront plus à leur sécurité et à leur confort. La Russie sera alors vraiment le pays des motocyclistes.

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