Petr Aven, président d'Alpha-Bank, estime que "sur fond de Chine et d'Ukraine, les taux de croissance économique en Russie "ne sont pas tellement impressionnants". Pour convaincre les investisseurs de financer l'économie russe, l'Etat doit soutenir le business, a estimé l'homme d'affaires. "Soutenir le business privé doit constituer le principal élément de la politique d'Etat à l'avenir", a-t-il dit.
De l'avis de Petr Aven, le secteur bancaire est appelé à jouer un rôle important dans l'encouragement de la croissance, mais lui-même a besoin de soutien public. "La part des actifs bancaires dans le produit intérieur brut a progressé et constitue 42%, mais cet indice est inférieur à celui des pays développés", a expliqué le banquier. Selon lui, la part des banques russes dans le volume général des investissements ne dépasse pas 5%.
"L'Etat doit encourager le petit et le moyen business et aussi le secteur bancaire à créer de nouveaux emplois et à relever le niveau de consommation", a encore estimé Petr Aven.
Le président du Conseil des directeurs de la Banque d'investissement TRUST, Ilia Yourov, souhaite que l'Etat ait le droit de définir les priorités du développement économique. "Il importe d'encourager énergiquement et avec esprit de suite ces branches par des outils de régulation d'Etat", estime le banquier russe.
Selon lui, le business doit se concentrer pour sa part sur les crédits à l'économie russe. "Il nous faut depuis longtemps passer à des actes raisonnables et nécessaires qui assureront un avenir à notre pays, et arrêter la vicieuse pratique de financement des économies étrangères (des Etats-Unis et de l'Europe), même si pour cela il nous faudra revoir sérieusement nos approches de la gestion de l'économie russe", a indiqué Ilia Yourov.