Un conseiller du président russe contre la ratification du Protocole de Kyoto par la Russie

S'abonner
MOSCOU, 15 avril - RIA Novosti. La question de la ratification du Protocole de Kyoto doit être résolue compte tenu des intérêts nationaux de la Russie. C'est ce qu'a déclaré le conseiller du président russe pour les questions économiques, Andreï Illarionov, intervenant jeudi à la séance du parlement consacrée à la ratification du Protocole de Kyoto à la Convention cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques.

(Le Protocole de Kyoto a été adopté par consensus à la troisième session de la Conférence des Parties à la Convention cadre, à Kyoto, ancienne capitale japonaise, en décembre 1997. Conformément au Protocole, les pays industrialisés doivent réduire, d'ici à 2008-2012, leurs émissions de gaz à effet de serre d'au moins 5% par rapport au niveau de 1990.) Andreï Illarionov a relevé que les éventuelles conséquences de la mise en application du Protocole n'étaient pas encore éclaircies et que l'influence décisive du facteur anthropique sur les changements climatiques globaux n'était pas encore prouvée. Les conséquences de la ratification pour la Russie ne sont pas non plus étudiées à fond. Par ailleurs, le conseiller présidentiel a fait ressortir que le Protocole de Kyoto dans sa rédaction actuelle revêtait un caractère discriminant à l'égard de la Russie.

"La part russe des émissions de gaz à effet de serre ne constitue que 6%. Tandis que les Etats-Unis et la Chine, assurant plus de 40% des émissions de gaz carbonique, ne se proposent pas d'accepter des limitations. La Russie devient ainsi non compétitive par rapport à ces pays", a indiqué Andreï Illarionov.

Il a également rappelé que la mise en application du Protocole de Kyoto prévoit de passer de l'utilisation des hydrocarbures à l'énergie nucléaire. Les Etats-Unis, ayant calculé leurs dépenses en cas de changement de base énergétique, ont considéré cette mesure comme trop onéreux et se sont retirés du Protocole. Pour la Russie, où la part de l'énergie nucléaire n'assure que 5% de la balance énergétique globale, c'est aussi trop coûteux, estime le conseiller du président.

En outre, le passage à l'énergie nucléaire amènera la baisse stable des prix du pétrole dans le monde, ce qui est également désavantageux pour la Russie.

Andreï Illarionov a précisé que, vu la volonté de la Russie de redoubler son PIB d'ici à 2010, le pays n'a pas de réserves de quotas des émissions de gaz à effet de serre. Qui plus est, des rythmes accélérés de la croissance économique peuvent rendre la Russie incapable de vendre ses quotas, mais de l'obliger à en acheter.

Fil d’actu
0
Pour participer aux discussions, identifiez-vous ou créez-vous un compte
loader
Chat
Заголовок открываемого материала