Les Russes qui arrivent à Bakou doivent s'entretenir avec les jeunes Azerbaïdjanais en anglais, car ceux-ci ne comprennent pas le russe. Seulement trois écoles russes fonctionnent au Tadjikistan, alors qu'à l'époque soviétique il y en avait 1 500. L'assimilation culturelle énergique des Russes a lieu en Ukraine. Les processus analogues se produisent, sauf la Biélorussie, dans d'autres ex-républiques soviétiques, c'est-à-dire dans l'espace qui s'appelle la Communauté des Etats Indépendants (CEI), ou le "proche étranger". "Tout cela ne peut pas ne pas préoccuper la Russie, d'autant plus que les possibilités d'apprendre le russe dans les pays de la CEI continuent à se réduire", a déclaré, au cours d'une conférence de presse à RIA-Novosti, Alexandre Kondakov, président de la Commission pour le matériel didactique des pays membres de la CEI, vice-président de l'Union russe pour les livres, directeur général de la maison d'édition "Prosvechtchenie" ("Civilisation").
A son avis, la Fédération de Russie n'approvisionne pas pleinement ses compatriotes du "proche étranger" en littérature, en matériel didactique, etc., ce qui est une des causes de cet état de choses. "Tout cela suscite des reproches des organes d'enseignement des pays de la CEI qui constatent la dégradation de l'enseignement dans les écoles russes, a souligné Alexandre Kondakov. Mais de quelle qualité peut-il s'agir, si, sur 3 millions d'élèves des écoles russes du "proche étranger", seulement 100 000 enfants se servent de nouveaux manuels envoyés de la Russie, tandis que les autres emploient les vieux manuels édités à l'époque soviétique ou ceux édités sur place?
Le niveau de l'instruction est très important pour les investissements dans tel ou tel Etat, ainsi que pour les perspectives de son développement. C'est pourquoi des jeunes talentueux sont recherchés au-delà des frontières nationales. La politique de recherche de talents dans les conditions actuelles de mondialisation est appliquée par tous les pays développés, car le développement de toute société dépend du potentiel intellectuel dont elle dispose. "Les efforts déployés par le gouvernement en vue de soutenir la formation russophone à l'étranger, efforts visant à assurer les processus d'intégration dans le domaine de l'enseignement, sont conformes à la politique consistant à s'attirer des jeunes talentueux pour le travail en Russie, a dit Alexandre Kondakov. Si notre pays ne prend pas de mesures en vue de mettre en oeuvre des programmes appropriés, les meilleurs cadres de la CEI feront l'objet des compagnies américaines, comme c'est déjà le cas des médecins d'Arménie".
En attendant, les compagnies russes qui travaillent dans la CEI sont contraintes d'ouvrir les cours de russe pour les spécialistes embauchés. Alexandre Kondakov a invité les hommes d'affaires russes à créer un fonds spécial pour mettre en oeuvre les programmes russes d'enseignement à l'étranger.