"Je suis sûr que l'inflation ne s'accélérera pas", a-t-il déclaré, rappelant que l'accroissement sensible de la masse monétaire en roubles s'accompagne de l'augmentation brusque de la demande de la part des entreprises et des particuliers.
"En premier lieu, cela s'explique par le fait que depuis février 2003 le rouble se renforce en termes nominaux par rapport au dollar. Les entreprises et les particuliers ont commencé à remplacer le dollar par le rouble dans leur épargne. Cette demande a été satisfaite dans une large mesure par l'augmentation de la masse monétaire. Il ne devrait donc pas y avoir d'accélération de l'inflation", a indiqué Sergueï Ignatiev dans une interview au quotidien économique Vedomosti.
Le président de la Banque de Russie estime que l'inflation en 2004 oscillera entre 8 et 10%. Actuellement, a-t-il estimé, on constate une tendance stable à la décélération de l'inflation sur fond d'accroissement accéléré des volumes de roubles en espèces hors banques et des moyens en roubles sur les comptes bancaires des particuliers et des entreprises. Les reliquats en monnaies étrangères se réduisent en termes absolus et, de ce fait, la dynamique de la masse monétaire se ralentit, a expliqué Sergueï Ignatiev.
S'agissant de l'inadmissibilité d'un brusque renforcement du cours réel effectif du rouble afin de ne pas nuire à la compétitivité des producteurs russes sur les marchés russe et étrangers, le président de la Banque centrale estime que l'influence que ce cours exerce sur l'économie réelle est exagérée.
En 2003, a-t-il indiqué, ce cours s'est renforcé de 4,1%, ce qui correspond aux prévisions de la Banque centrale. D'autre part, le cours réel effectif du rouble s'est maintenu au même niveau pendant plus de deux ans et demi. "Il n'y a pas eu de fluctuations radicales comme dans les années 90. Cela a contribué sans doute à un développement économique stable", a estimé Sergueï Ignatiev.
"Je pense que notre économie a fortement changé ces dernières années, a poursuivi le président de la Banque centrale. - Elle s'adapte mieux aux facteurs extérieurs en mutation. Les moyens de production se déplacent plus rapidement des secteurs à faibles rendements vers ceux où ils peuvent être utilisés avec une meilleure rentabilité".
Il n'en reste pas moins que la politique des cours doit être examinée dans le cadre d'une période plus longue; pour cette raison, dans le contexte de cours élevés du pétrole et de la réduction du reflux net des capitaux privés, la Banque centrale aura à admettre un renforcement relativement plus important du cours réel effectif du rouble, a estimé Sergueï Ignatiev.
"Nous envisageons comme auparavant que le cours réel effectif du rouble se renforce cette année de 3 à 5% mais j'estime qu'un renforcement de 7% est parfaitement admissible, le secteur réel s'adaptant relativement bien à un pareil changement", a affirmé le président de la Banque centrale.
D'après lui, le cours nominal du rouble par rapport au dollar (cours hors inflation ou hors réflation des prix dans les pays d'appartenance des devises) doit baisser de 1% environ, ce qui correspond à peu près au niveau de la fin de 2003.
Sergueï Ignatiev a d'autre part annoncé que les bénéfices de la Banque de Russie s'élèveraient à 50 milliards de roubles environ en 2003 (1 dollar en vaut près de 28,5), mais ce ne sont pas là les données définitives. "Le compte-rendu sera publié le 15 mai et je n'ai pas le droit d'en parler avant la conclusion de l'auditeur", a-t-il expliqué.