Commentant dans une interview accordée au journal "Izvestia" la position de Moscou envers l'oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan (BTC), Viktor Kalioujny a fait remarquer que le développement de tels projets relevait des "affaires intérieures des autres pays" et que la Russie n'avait pas de raisons de "s'ingérer dans les affaires d'autres Etats". Du point de vue de la composante économique, chaque projet "a le droit à la vie, sous réserve que la politique énergétique dans ce domaine soit raisonnable".
Aujourd'hui, le principal objectif pour les participants au projet BTC est, bien sûr, d'attirer le pétrole kazakh pour garantir la charge de cet oléoduc à un niveau minimum de 30 millions de tonnes par an", a souligné le représentant du président russe.
C'est pourquoi, estime Viktor Kalioujny, dans le contexte de la protection des intérêts de la compagnie pétrolière nationale "Transneft", "il convient de comprendre au plus vite qu'un concurrent est en train de naître et cela incite à mettre au point des approches plus souples en matière de politique tarifaire".
Selon Viktor Kalioujny, les gisements kazakhs "sont très prometteurs du point de vue de la base des ressources". Le programme de développement du complexe énergétique du Kazakhstan vise à conduire le pays, au cours des 10-15 années à venir, à un niveau d'extraction de 120-150 millions de tonnes pour des besoins intérieurs de 20-30 millions de tonnes seulement, ce qui amènera le Kazakhstan à "rechercher un vecteur pour ses exportations".
De l'avis du représentant du président, la Russie a mené, à une certaine étape, une politique axée sur l'édification avec le Kazakhstan d'une coopération dans le domaine du transit conjoint des hyrdocarbures vers l'Europe. Cependant, au cours des quatre dernières années, l'axe a quelque peu dévié. Les propositions formulées antérieurement par la partie russe (notamment sur le débouché vers la Chine) ne se sont pas concrétisées et, ces derniers temps, le Kazakhstan mène une politique indépendante d'accès aux marchés extérieurs.
A l'origine de cette politique se trouve l'intention déclarée récemment par Astana de poser sur le fond de la Caspienne, à partir des gisements kazakhs de Manguychak, une conduite allant jusqu'à Bakou, point de départ de l'oléoduc BTC, et de brancher la conduite kazakh sur ce dernier. Mais pour le moment la conduite reste à l'état de projet (tant Moscou que Téhéran sont catégoriquement opposés à sa réalisation), la charge de l'oléoduc BTC en pétrole kazakh représentera dans un premier temps plus de 10 millions de tonnes par an. Le combustible sera acheminé en Azerbaïdjan par des tankers.