"Sous ce rapport, les processus d'acquisition, de fusion et d'engloutissement de sociétés et toute autre méthode susceptible de créer de plus grosses entreprises sont très importants. Cela procurera à la Russie d'énormes avantages économiques", a expliqué Christof Ruhl.
Selon lui, dans ce processus (de remembrement et de fusion), "les oligarques jouent un rôle considérable du point de vue économique". L'expert s'est toutefois gardé de préciser si ce rôle était positif ou négatif, laissant cette question sans réponse.
Il a toutefois souligné qu'il ne voulait pas que son avis soit présenté dans la presse comme si la Russie "devait" être intéressée aux oligarques. "Je ne voudrais pas que les médias interprètent cet avis de cette façon-là. Je tiens seulement à souligner que la Russie a besoin de grosses sociétés. Des mesures de régulation sont également nécessaires", a ajouté le représentant de la Banque mondiale en Russie.
Selon les études menées par la BIRD sur l'emploi en Russie, les effectifs occupés dans le secteur public, surtout dans l'industrie, ont augmenté ces dernières années. Les experts font aussi ressortir la hausse de la productivité de travail dans l'industrie. En même temps, l'industrie russe a besoin de restructuration : par rapport aux Etats-Unis, les grosses entreprises russes emploient notablement moins de travailleurs.
Dans son intervention, Christof Ruhl a fait observer que, selon la Banque mondiale, la part du pétrole et du gaz dans la structure du PIB russe est minimisée. Les experts de la BIRD avaient en effet déjà annoncé, au lendemain de la publication des résultats économiques de 2003, que la part du secteur pétrogazier y était notablement minimisée.
"Ce n'est pas la faute des statisticiens. Ce sont là des problèmes systémiques de la gestion corporative", a indiqué le représentant de la Banque mondiale. Selon lui, c'est le résultat de la minimisation, par les sociétés, de leur contribution fiscale et de la mise en place de structures de médiation et de commerce auxquelles les compagnies pétrolières vendent du brut à vil prix. "Il faut que des correctifs soient apportés aux résultats statistiques", a encore estimé l'expert de la Banque mondiale.