Revue de la presse russe du 29 mars

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MOSCOU, RIA Novosti

Nezavissimaïa Gazeta

Vladimir Poutine a expliqué aux journalistes réunis dans sa résidence "Botcharov Routchéi", dans la ville balnéaire de Sotchi, pourquoi il avait réformé son administration. "L'administration a vu le jour comme état-major d'une révolution, a-t-il plaisanté, évoquant le début des années 1990. J'espère qu'il n'y aura plus de révolution chez nous. Nous n'avons plus besoin d'état-major, nous avons besoin d'un outil de gestion efficace". Cet outil ne doit pas s'ingérer dans les questions relevant de la compétence d'autres organes du pouvoir suprême, notamment du gouvernement. Le chef de l'Etat a expliqué d'autre part pourquoi il est en général nécessaire de secouer les organes du pouvoir supérieur : les gens se font des écailles, des idées surannées et finissent par ne penser qu'à leur poste au lieu de travailler".

La hiérarchie au Kremlin est méconnaissable, fait remarquer le quotidien. Poutine a bâti la pyramide du pouvoir à sa manière, partant de l'importance du secteur de travail de chacun des membres de son administration.

Izvestia

Contrairement aux attentes, la session plénière du Comité central du Parti communiste de la Fédération de Russie (KPRF) s'est déroulée sans scandales retentissants, notent le journal. Les leaders ont étouffé dans l'œuf toutes les tentatives de certains fonctionnaires pour soulever des problèmes intérieurs. L'événement central de la session a été le rapport du vice-président du parti, Ivan Melnikov, "Sur l'efficacité du travail des communistes dans les organes du pouvoir d'Etat". Le tableau qu'il a dépeint est pessimiste : dans l'actuel système des relations "gouvernement - parlement - président" le parti communiste n'est plus considéré comme un participant influent dans le processus politique. Dans la coulisse, les fonctionnaires, visage lugubre, ont échangé des vues sur le rapport de Melnikov sans éviter le thème du remplacement de la direction du parti. Le leader des communistes Guennadi Ziouganov a donc été obligé de répondre aux questions de la succession, ce qu'il a fait d'ailleurs à sa manière, sans rien dire de concret. "Je réfléchis à la manière dont je pourrais former une équipe jeune et solide. J'y suis disposé. A une époque, le PCUS est déjà mort de sénilité. Nous avons besoin de combiner l'expérience avec la fougue de la jeunesse", a-t-il dit résigné, constatent les "Izvestia".

Gazeta

Mikhaïl Lapchine, leader du Parti agraire de Russie, s'est retrouvé sous le feu de la critique de ses compagnons d'idées qui le somment de quitter son poste. Ils l'accusent de l'échec aux élections législatives et de la disparition de 2 millions de dollars des caisses du parti, écrit le journal. Les leaders régionaux du PAR ont adopté, lors d'une réunion, un appel au chef du parti dans lequel ils lui demandent de "ne pas barrer la voie des transformations nécessaires et, au nom du salut du parti, de quitter de plein gré le poste de président en laissant la route libre aux idées et leaders nouveaux". Mikhaïl Lapchine rejette tous les griefs formulés contre lui. Y compris le reproche de ne pas rendre compte au parti des fameux 2 millions de dollars. Selon une source au sein du Parti agraire de Russie, il aurait reçu cette somme pour avoir "vendu une place sur la liste fédérale du parti aux élections législatives".

Selon les informations à la disposition de la "Gazeta", le poste de leader du PAR est actuellement brigué par son vice-président et homme d'affaires Alexéi Tchépa, l'ex-candidat communiste à la présidentielle Nikolaï Kharitonov et le député à la Douma Vladimir Plotnikov. Le futur leader du parti sera nommé par son congrès qui se tiendra en avril. Le 19 mai au plus tard le PAR est obligé de présenter à la Commission électorale centrale son rapport financier, faute de quoi, conformément à la loi sur les partis politiques, il sera suspendu, explique la "Gazeta".

Vremia Novosteï

Les sept pays néophytes n'ont pas encore officiellement intégré l'OTAN, mais des Hercules de l'armée de l'air belge se sont déjà posés à Zokinai, une base aérienne lituanienne. Dimanche, ils y ont déposé quatre chasseurs F-16, une centaine de techniciens et des équipements technologiques de service. Quelques jours auparavant, plusieurs Awacs, radars volants de l'Alliance, ont mené une reconnaissance dans le ciel de l'espace aérien balte. Comme prévu, dès lundi il sera patrouillé par les F-16. Avec le temps, ces intercepteurs belges seront remplacés, suivant le principe de la rotation, par des chasseurs britanniques, puis par des appareils danois et norvégiens.

Les experts militaires russes sont majoritairement convaincus que maintenant, le centre de gravité de la planification militaire de l'alliance se déplacera brusquement vers l'Est. Notamment, il est prévu de transférer près de la moitié du contingent américain actuellement déployé en Allemagne, en Roumanie et en Bulgarie. Il n'est pas pour l'instant question d'installer des bases terrestres de l'Alliance dans les pays baltes, mais des officiels de l'OTAN avaient déjà évoqué la possibilité d'y créer des "postes avancés" qui, en cas de nécessité, pourraient servir de noyau pour déployer rapidement des bases, rapporte le quotidien.

Kommersant

Polimetall, le producteur d'argent numéro un de Russie, a diffusé un communiqué de presse sensationnel : l'entreprise s'est vu accorder des licences d'exportation pour les métaux précieux et projette, début avril, d'exporter 200 tonnes d'argent d'emblée, rapporte le quotidien économique. Cela signifie que près de 25% de la production annuelle de ce métal en Russie se retrouvera sur le marché mondial. Il s'agit de livrer plusieurs lots d'un montant total de 55,8 millions de dollars en Grande-Bretagne, en Suisse et aux Emirats arabes unis.

"Ce genre d'opérations, affirme Vitali Nessis, directeur général de Polimetall, nous permettent de promouvoir notre propre marque en entrant en contact direct avec les consommateurs et en passant des contrats à long terme. C'est très important pour l'argent qui constitue jusqu'à 50% du chiffre d'affaires de notre entreprise. C'est bien là la mesure clef dans la réalisation du principe "du gisement au consommateur".

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