Vladimir Poutine, cause de l'agonie des forces russes de droite

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par Marina Chakina, commentatrice politique de RIA-Novosti Une réunion du Conseil politique, organe de coordination de l'Union des forces de droite (SPS, l'un des partis démocratiques les plus connus du pays) a eu lieu une semaine après l'élection présidentielle en Russie. Cet événement de la vie du parti a suscité un vif intérêt dans la société, car le sort du SPS sera, au cours des prochaines quatre années, l'un des principaux mystères de la vie politique de la Russie. Il est vrai, la réunion n'a pas apporté beaucoup de clarté, sauf l'impression que le parti continue à se trouver dans l'incertitude. Le congrès qui se tiendra en mai-juin prendra probablement de véritables décisions.

L'absence de positon politique précise du SPS à l'égard de la présidence de Vladimir Poutine est devenue, de l'avis de nombreuses personnes, la cause de la défaite des démocrates aux législatives et de leur non-participation à la présidentielle. D'autre part, comme on le sait, Irina Khakamada, membre du SPS, s'est présentée à l'élection du 14 mars en tant qu'adversaire de Vladimir Poutine: elle s'est présentée à la présidence elle-même, et non pas en tant que candidate de son parti. Mais elle n'a pas remporté de victoire significative. Evaluant la situation actuelle des partis en Russie, l'éminent politologue russe Gleb Pavlovski a proposé d'organiser les élections législatives et l'élection présidentielle à un an au moins d'intervalle. Autrement - comme ce fut le cas cette fois-ci - les partis n'ont pas le temps d'évaluer les résultats du premier vote, d'apporter des correctifs à leur propre politique et d'élaborer une nouvelle position. Cela concerne notamment le SPS.

L'électorat des démocrates ne peut pas arrêter son choix : soutenir le président ou s'opposer à celui-ci. Ceux qui sont favorables à Vladimir Poutine sont plus nombreux dans le parti que ceux qui s'y opposent. Pour la majorité des membres du SPS, un point a toujours été décisif dans l'appréciation du chef de l'Etat et du cabinet des ministres: effectuent-ils une réforme économique libérale ou non. Le président Vladimir Poutine et ses gouvernements l'ont effectuée et la poursuivent avec persévérance, en empruntant, selon certaines estimations, le programme économique de la droite et en invitant au gouvernement les meilleurs économistes de droite, par exemple, Guerman Gref, ministre du Développement économique et du Commerce.

Anatoli Tchoubaïs continue à travailler pour l'Etat. Alexei Golovkov nommé chef adjoint de l'appareil du gouvernement de Mikhail Fradkov avait dirigé en 1992 l'appareil du "gouvernement des réformes" de Gaïdar. Gaïdar et son Institut de l'économie de la période transitoire continuent à coopérer étroitement avec le pouvoir. Comment, dans ces conditions, le parti SPS peut-il être opposé au président? "Le SPS agonise, a dit le célèbre représentant des démocrates de la première vague Arkadi Mourachev, membre du parti, en évaluant la situation. Irina Khakamada est sortie et fonde un nouveau parti. Boris Nemtsov travaille dans le secteur privé. Il refuse catégoriquement de soutenir Vladimir Poutine et veut se concentrer sur le travail au "Comité 2008", afin de rechercher une alternative au successeur qui sera désigné par Vladimir Poutine vers 2008. Le SPS n'a pas trouvé son terrain politique. Si le SPS soutient Vladimir Poutine, il ressemblera au parti "Russie unie". S'il passe dans l'opposition, il deviendra une réédition du parti "Iabloko" ..."

Des événements intéressants se produisent au sein de "Iabloko", également parti politique libéral, se distinguant cependant de l'idéologie libérale du SPS. Après les élections législatives, le parti de Grigori Iavlinski ne se manifeste pratiquement pas, mais ses représentants apparaissent peu à peu dans le gouvernement et les structures d'Etat. Vladimir Loukine, numéro deux du parti "Iabloko", a accepté le poste de Commissaire aux droits de l'homme. Igor Artemiev, leader de "Iabloko" à Saint-Pétersbourg, est membre du gouvernement où il assume la direction de l'administration antimonopole. On affirme que Grigori Iavlinski attend que Vladimir Poutine lui propose aussi un poste. Or, auparavant, le parti d'opposition "Iabloko" excluait les renégats de ses rangs pour le moindre pas fait en direction du pouvoir ...

De nombreux politologues russes sont enclins à penser que ni le SPS, ni "Iabloko" ne resteront encore longtemps sur la scène politique de la Russie. Comme s'est exprimé Gleb Pavlovski, une activité impétueuse des partis d'opposition commencera avant l'été. Il est difficile d'en prévoir le résultat. Rares sont ceux qui croient qu'Irina Khakamada réussira à créer un parti influent. On reproche à l'ancienne candidate à la présidence de démembrer les forces démocratiques, au lieu de les rassembler. Cependant, aux élections législatives de 2007, les partis devront surmonter la barre non pas des 5 %, mais des 7 %.

Certains experts vont plus loin dans leurs hypothèses: selon eux, les réformes libérales énergiques engagées par le gouvernement de Mikhail Fradkov peuvent scinder le parti "Russie unie" qui regroupe dans ses rangs aussi bien les libéraux notoires que des gens de sensibilité de gauche. Alors, ce ne sont pas le SPS ou "Iabloko", mais les parties de "Russie unie" qui deviendront les noyaux de deux nouveaux partis prédominants: l'un, de centre-gauche, l'autre, de centre-droit. Par conséquent, ces quatre prochaines années, le multipartisme russe risque de subir des changements considérables.

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