Kommersant
Comme le veut la tradition, le président a reçu ce lundi les ministres. L'entretien a porté sur la situation actuelle. Au lieu des priorités générales, Vladimir Poutine a préféré attirer l'attention du gouvernement sur les points névralgiques de son activité quotidienne, écrit le quotidien "Kommersant". Le chef de l'Etat a établi une sorte de diagnostic. Trois problèmes le préoccupent le plus. Le premier, est d'ordre social, il s'agit de verser à temps les salaires aux employés du service public et les pensions aux retraités, ces versements devant tenir compte de l'indexation décidée. Le deuxième, est macro-économique, il s'agit de l'augmentation du produit intérieur brut qui doit doubler d'ici 2010, quoi qu'on en dise au siège du gouvernement pour se justifier. Et le troisième concerne la réforme administrative qui n'est toujours pas achevée. Tous les fonctionnaires et pas seulement ceux du gouvernement sont concernés, souligne le "Kommersant".
Gazeta
Le ministre de la Culture et de la Communication, Alexandre Sokolov, n'a pas encore compris en quoi consiste sa nouvelle fonction, ce qu'il a avoué sincèrement à ses subordonnés et aux journalistes, note la "Gazeta". Néanmoins, cela ne l'a pas empêché de critiquer la télévision pour son manque de culture et a proposé de spécialiser les chaînes pour pouvoir satisfaire aux demandes de tous les spectateurs. Il a émis un avis défavorable au sujet de la publicité qui interrompt les films et a promis de guérir les journalistes illettrés en les envoyant faire des études dans des établissements d'enseignement supérieur.
Le ministre a promis de soumettre la publicité télévisée à une "analyse circonstanciée". "Lorsque les spots publicitaires interrompent un film qui s'avère une véritable uvre d'art, c'est un sacrilège, une infection", a-t-il déclaré sans entrer cependant dans le détail, ni expliquer s'il proposerait de modifier la loi sur la publicité.
Alexandre Sokolov a également accumulé beaucoup de griefs contre les journalistes qui travaillent dans la presse écrite. Ils sont souvent, à ses dires, mal formés, mal informés, hâtifs et enclins à déformer la réalité.
Vrémia novostéi
Le directeur de EES ROSSII ("Réseaux électriques de Russie"), Anatoli Tchoubaïs, a convoqué un groupe restreint de journalistes pour leur faire part d'information en or, informe le journal. La principale nouvelle est que le président du conseil des directeurs du géant électrique, Alexandre Volochine, désoeuvré depuis qu'il a quitté le poste de chef de l'administration du président de la Fédération de Russie, a consenti à assumer la charge de ce poste en fonctionnaire titulaire. "Considérez cette question comme résolue", a déclaré Monsieur Tchoubaïs.
En octobre, poursuit le journal, la proposition de Tchoubaïs était considérée comme une action publicitaire de l'Union des forces de droite à la veille des législatives. Aujourd'hui, l'engagement rapide de Monsieur Volochine a l'air d'une tentative de Monsieur Tchoubaïs de préserver le statu quo à la direction du holding électrique. Ayant épargné aux autorités la nécessité de chercher un nouveau président du conseil des directeurs, Tchoubaïs se prémunit ainsi d'une révolution éventuelle de cadres dont il risque d'être lui-même victime. Pour le moment, cela convient bien au Kremlin, souligne le quotidien.
Nézavissimaïa gazeta
Dans un proche avenir, des unités mobiles américaines pourraient faire leur apparition sur le territoire de l'Azerbaïdjan. De sources diplomatiques informées, le journal a appris qu'un accord à ce sujet interviendrait avant la fin de la semaine. Le ministre azerbaïdjanais de la Défense, Safar Abiev, est en visite officielle à Washington, à l'invitation de son homologue américain Donald Rumsfeld. Un programme de formation de militaires azerbaïdjanais, à l'instar de celui qui est en vigueur en Géorgie, pourrait y être annoncé.
Les Etats-Unis s'intéressent en outre à la modernisation des aérodromes militaires azerbaïdjanais, afin qu'ils puissent accueillir les forces américaines d'intervention rapide dans les meilleurs délais. Il convient de souligner que ces aérodromes sont en mesure d'accueillir des avions lourds. Les parties discuteront des dispositions d'un accord individuel de coopération entre Bakou et l'OTAN, appelé, pour certains, à devenir un maillon intermédiaire avant l'obtention par l'Azerbaïdjan du statut de candidat à l'adhésion à l'OTAN, affirme le journal.
Izvestia
Le Hamas a perdu son fondateur et leader spirituel, le cheikh Ahmed Yassine que d'aucuns qualifient même de prophète. Les missiles israéliens qui ont détruit la voiture dans laquelle se trouvait le cheikh ont brusquement bouleversé la situation régionale. La Grande-Bretagne et la France ont condamné l'assassinat de Yassine, comme allant à l'encontre du droit international. Moscou et Washington, plus prudents, se sont limités à inviter "à rester serein et à éviter l'escalade de la violence".
Selon toute vraisemblance, poursuit le quotidien, l'assassinat du leader de l'une des plus importantes organisations terroristes mondiales (et pas seulement d'Israël) conduira à de nouvelles flambées de terrorisme islamique dans l'Etat hébreu et dans le monde entier. Le regain que connaît l'intifada palestinienne contre Israël s'inscrit bien dans le "djihad mondial" : Madrid, la frontière pakistano-aghane, le Pakistan lui-même et le Cachemire contesté à l'Inde, l'Indonésie et le Maroc, le Kosovo où se poursuivent les nettoyages ethniques contre les Serbes chrétiens. On apprend des arrestations de terroristes présumés en Pologne, alliée des Etats-Unis en Irak. Des attaques islamistes sont attendues en France, en Espagne, en Italie. La Russie ne fait pas exception.
Pour ce qui est d'Israël, la situation menace de dégénérer en une véritable guerre. Ce qui comporte à son tour de gros risques d'extension des humeurs anti-occidentales et anti-israéliennes à l'ensemble de l'Orient arabe, écrivent les Izvestia.