L'Union des forces de droite (SPS) s'enfonce dans le néant politique en Russie. La récente réunion de son conseil politique en est la preuve. Le refus des anciens coprésidents du parti de diriger le SPS est assez significatif. Irina Khakamada uvre pour la création de son propre parti "Russie libre", Boris Nemtsov a rejoint le business pétrolier et Egor Gaïdar préfère s'occuper de la science.
Le seul ancien dirigeant du SPS qui est prêt à poursuivre son travail au sein du parti est le patron de "Systèmes énergétiques interconnectés de Russie" ("EES Rossii") Anatoli Tchoubaïs. Les observateurs ont déjà baptisé le SPS décapité "parti de Tchoubaïs".
La réunion du conseil politique du SPS a officiellement été consacrée aux résultats des élections présidentielles du 14 mars où la droite n'avait pas fait front uni (avec le parti "Iabloko") ni n'avait réussi à présenter un programme électoral précis décevant la plupart de ses électeurs.
Cependant la réunion n'a fait qu'approfondir la scission au lieu de dresser le bilan de la présidentielle. Les salariés de "EES Rossii" ont préconisé une critique constructive du Kremlin alors que les partisans des anciens leaders du SPS ont adopté une position plus ferme.
L'issue de cette confrontation sera connue en juin, pendant le congrès du SPS chargé d'élire un nouveau leader du parti.
Dans cette optique, la question est de savoir de quels partis de droite la Russie a besoin. Le journal "Kommersant" a posé cette question à plusieurs hommes politiques et d'affaires russes.
Mikhaïl Proussak, gouverneur de la région de Novgorod: "(Il lui faut les partis de droite) sachant créer un mouvement démocratique normal qui ne s'appuierait pas sur les oligarques, mais sur de vastes couches de la population. Ce ne sont pas les personnalités qui importent, mais le programme de libéralisation de l'économie. La nouvelle droite ne doit pas flirter avec le pouvoir. Nos démocrates ont d'abord marchandé des postes avant d'exiger que le président Poutine crée une aile démocrate, mais ce n'est pas une affaire du président!"
Sergueï Ivanenko, vice-président du parti "Iabloko": "(Il lui faut des partis de droite) unifiés. Les forces libérales-démocrates doivent subsister et s'élargir. J'admets toutes les idées préconisant la suprématie de l'homme sur l'Etat. Celui qui sera reconnu par les électeurs doit devenir le leader de la droite".
Dmitri Skarga, président de la société "Sovkomflot": "Ceux qui appartiennent réellement à la droite, c'est-à-dire ceux qui sont proches des gens et ne ressemblent pas aux partis SPS et "Iabloko". Mais il faut comprendre ce qu'est la droite. Ce sont des conservateurs. La classe moyenne, ceux qui travaillent 24 heures sur 24, pourrait soutenir un tel parti en Russie. Ces gens sont la base de la société, mais ils n'ont pas de parti".
Sergueï Aleksachenko, directeur général adjoint du holding "Interros": "(Il lui faut des partis de droite) sains d'esprit. Les idées de droite existent dans n'importe quelle société et quoi qu'il arrive, les partis de droite et leurs leaders auront une place en Russie. L'essentiel est de ne pas mettre les wagons devant la locomotive".
Evgueni Satanovski, président du Congrès juif de Russie: "Qu'ils soient intelligents, justes, honnêtes et cela m'est égal s'ils sont de droite, de gauche ou gays. Mais de quel parti parlons-nous aujourd'hui? Faites-moi voir le produit et le goûter".
Alexandre Tarantsev, président du groupe de compagnies "Russkoïe zoloto" (Or russe): "(Il lui faut des partis de droite) pour qui le patriotisme, la foi, la propriété privée et les droits de l'homme ne sont pas des paroles vaines. Leurs prédécesseurs n'ont été que des tartufes".