De telles sanctions ne font pas qu'affecter le budget de l'Adjarie elle-même, mais menacent de frapper de crise la Géorgie tout entière, a estimé le ministre.
Et d'ajouter que d'ores et déjà, une tendance s'annonce pour un changement d'itinéraire du trafic-marchandises au profit des Etats voisins.
"Si les sanctions tiennent plus d'un mois, ce sera inévitablement un coup très grave pour la faible économie de la Géorgie. La fermeture du port de Batoumi pour les bateaux internationaux d'où est justement expédié le pétrole kazakh vers les marchés mondiaux, ainsi que la fermeture du point de passage "Sarpi" (à la frontière géorgiéno-turque) pour les marchandises internationales risquent de se solder par la perte de plusieurs millions de dollars, ainsi que de la crédibilité de la Géorgie elle-même auprès de ses partenaires", a fait remarquer Irakli Rekhviachvili.
En effet, comme RIA-Novosti en a été informée auprès des sources au ministère géorgien de l'Economie, rien qu'à cause de la fermeture du point de passage "Sarpi", la Géorgie perd tous les jours quelque 200 000 dollars.
Qui plus est, dans ce contexte, la participation même de la Géorgie, à titre d'Etat clé, au Corridor de transport trans-eurasiatique - TRACECA - s'est retrouvée remise en cause.
"Depuis ces quelques derniers jours, par exemple, les transporteurs de marchandises ont d'ores et déjà modifié leurs itinéraires au profit de l'Iran. Si la situation évolue dans ce sens, la Géorgie perdra non seulement des revenus très solides, mais aussi et surtout son image de marque, en tant qu'Etat de transit par lequel passent, entre autres, des convois humanitaires à destination de l'Afghanistan", a indiqué l'une des sources au ministère de l'Economie de la Géorgie.
Entre-temps, rapportent les médias géorgiens depuis l'Adjarie, les prix des produits alimentaires y ont grimpé, alors qu'une pénurie d'argent liquide se fait bien sentir.
"En ce qui nous concerne, nous ne nous sommes guère préparés à une telle crise en Adjarie ni à des sanctions du genre. Nous nous sommes préparés, par contre, à un dialogue avec la direction de l'Adjarie. Quoi qu'il en soit, tout à fait malgré nous, nous avons été entraînés dans une grave crise économique", a indiqué le Premier ministre de la Géorgie, Zourab Jvania, en intervenant lors de cette même réunion du gouvernement géorgien dans la ville de Poti.