Vrémia novostéi
Le président Poutine commence à diriger de plus en plus activement le gouvernement, souligne le quotidien "Vrémia novostéi. Il ne s'est pas passé un jour depuis sa réélection qu'il s'est déjà entretenu avec plusieurs ministres. L'un des entretiens conceptuels a été celui avec le vice-premier ministre Alexandre Joukov, qui passe pour le principal macro-économiste. Comme Monsieur Joukov répond aujourd'hui directement de la réforme administrative, le président lui a ordonné de "ne pas ralentir le rythme des transformations". N'empêche qu'il doit s'occuper de mille choses à la fois : légaliser les permutations au gouvernement, établir le budget, proposer des lois. Monsieur Joukov a promis de s'exécuter. Il a quinze jours pour préparer avec ses collègues les documents appelés à préciser les fonctions et le nombre des nouveaux ministères, services et agences.
"Nous projetons de faire approuver ces décisions par le gouvernement dans un mois. Les règlements des ministères seront approuvés dans deux mois", a assuré le vice-premier ministre.
Gazeta
Le président du Centre Nixon (Washington) et spécialiste américain des problèmes de la Russie, Dimitri Simes, a accordé une interview au correspondant de "Gazeta".
"Question : Que l'administration de Bush attend-elle de Poutine ?
Réponse : La progression dans la voie du partenariat stratégique, la lutte contre le terrorisme et contre la prolifération des armes de destruction massive, le maintien de la stabilité à la périphérie russe où la Russie a des intérêts très importants et une présence sérieuse et où les Etats-Unis commencent, eux aussi, d'avoir des intérêts et une présence. Il importe que ces deux présences ne conduisent pas à un conflit".
Question : Que l'administration américaine n'accepterait-elle jamais dans les actions et les plans de Poutine ?
Réponse : L'administration américaine tourne son regard en premier lieu sur le rôle que le gouvernement russe et le président Poutine personnellement jouent dans la lutte contre le terrorisme et la prolifération des armes destruction massive. Il me semble que Poutine s'est montré comme un partenaire difficile mais sûr de l'administration américaine. Difficile parce qu'il n'est pas toujours d'accord, comme par exemple dans le cas de l'Irak, mais sûr. Dans l'administration de Bush, on dit qu'on a du mal à persuader Poutine mais une fois persuadé, il est avec vous".
Izvestia
Le KPRF, le parti russe le plus ancien, risque d'éclater avant la fin du mois, notent les "Izvestia". La raison officielle de la scission serait les "critiques" de la campagne présidentielle que le candidat communiste Nikolaï Kharitonov a terminée en deuxième position. Ce résultat n'est pas de nature à prémunir le parti des querelles intestines mais, au contraire, aggrave la situation dans la direction de la gauche. La scission donnerait le coup d'envoi à un regroupement des forces dans l'aile gauche, susceptible d'engendrer un nouveau bloc patriotique.
La principale conclusion tirée de la participation des communistes à la dernière course à la présidence est que le KPRF peut bien se passer de Guennadi Ziouganov (à la tête du parti depuis onze ans). Nikolaï Kharitonov dont le hasard a voulu faire un candidat à la présidence, a recueilli plus de suffrages que le KPRF n'en a totalisé aux dernières législatives (9,4 et 7,6 millions respectivement). Le 14 mars a montré que la deuxième place dans la course à la présidence peut échoir à un autre homme, on peut même dire à tout autre homme. Il se trouve que la principale ressource à la disposition du leader du KPRF, - le fait d'être connu de tout le pays et la volonté de lutter pour le poste de président - a été complètement épuisée vers 2004, soulignent les "Izvestia".
Nezavissimaïa Gazeta
Le poste de premier ministre de la Tchétchénie vient d'être confié à Serguéi Abramov, un des responsables de la Cour des comptes de la Fédération de Russie. Le décret portant sur sa nomination a été signé par le président de Tchétchénie Akhmad Kadyrov.
"La nomination d'un Russe à ce poste aidera à résoudre le problème du retour de la population russophone en Tchétchénie. C'est très important pour nous car la république éprouve un manque de spécialistes", a déclaré au journal Akhmar Zavgaev, député de la Tchétchénie à la Douma (chambre basse du parlement russe).
"Il est difficile de dire qui a pris cette décision, Kadyrov ou le Kremlin. C'est vraisemblablement une décision commune. Pour la Tchétchénie Serguéi Abramov n'est pas un novice (il a déjà dirigé à une certaine époque le ministère tchétchène des Finances). Il me semble que jusqu'à un certain moment le Kremlin ne laissera pas à Kadyrov toute la liberté de décider des cadres. La nomination d'un Russe au poste de premier ministre est sans conteste une décision raisonnable", a déclaré pour sa part le directeur de l'Agence pour la politique appliquée et régionale, Valeri Khomiakov.
Kommersant
L'ultimatum envoyé par le président géorgien Mikhaïl Saakachvili aux autorités de l'Adjarie a expiré mardi. La confrontation n'a pas encore dégénéré en un conflit ouvert mais un blocus de l'autonomie a déjà été mis en place : les bateaux étrangers qui se dirigeaient à Batoumi sont désormais déviés sur Poti.
Selon les observateurs locaux, les sanctions économiques décrétées contre l'Adjarie ne sont peut-être pas de nature à renverser immédiatement le régime de Batoumi, note le "Kommersant". Cependant, les autorités géorgiennes ont déjà obtenu la réorientation des cargaisons et des flux financiers destinés à l'Adjarie vers d'autres régions de la Géorgie. A partir de là, beaucoup concluent que l'objectif que se fixait Mikhaïl Saakachvili ne consistait pas, malgré sa tonalité guerrière, à déclencher des hostilités aux conséquences imprévisibles mais à "boucher un trou noir dans le budget".