Le bilan de la présidentielle: estimations et espoirs d'experts

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MOSCOU, 16 mars - RIA Novosti. Des experts et des politologues russes commentent les résultats de l'élection présidentielle du 14 mars et font part de ce qu'ils attendent du deuxième quadriennat de Vladimir Poutine.

Gleb Pavlovski, président de la fondation de la politique effective: "La structure du vote en faveur de Vladimir Poutine réclame encore une analyse détaillée, mais d'ores et déjà il apparaît qu'il a surtout été soutenu par la classe moyenne. Les nouvelles couches médianes ont constitué les gros bataillons de son électorat, ce qui n'avait pas été le cas en 2000. Vladimir Poutine a réussi à accroître de près de deux fois les effectifs de la classe moyenne et à les rallier à sa politique. Aujourd'hui s'est le support solide de la politique présidentielle. Et si le président insiste sur le multipartisme c'est parce qu'autrement il lui serait impossible de travailler avec la classe moyenne. Je pense que la démocratie des couches moyennes des villes est le mécanisme politique central appelé à remplacer l'ancienne machine communiste et la bureaucratie postcommuniste dans le rôle d'acteur politique".

Viatcheslav Nikonov, directeur de la fondation Politika: "Je ne vois rien d'inattendu, Nikolaï Kharitonov (le candidat du Parti communiste de la Fédération de Russie) a seulement obtenu un peu plus de voix qu'il était prévu. L'électorat communiste a montré une fois de plus sa capacité de rassemblement. Je ne vois rien d'autre de particulier dans ces élections. Tout ce que je sais à propos des critiques qui ont été mises à l'égard de ce scrutin, c'est qu'elles sont liées au fait que le temps d'antenne pendant la campagne électorale n'a pas été réparti équitablement. Pendant la campagne, je n'ai pas particulièrement remarqué les ressources administratives, il était d'ailleurs inutile de les utiliser puisque le président a triomphé sans elles. Certes, un travail administratif a été réalisé pour assurer un taux de participation élevé, et nous ne pouvons que nous en féliciter. Il n'y a rien de répréhensible à cela. Et d'une manière générale, en Russie les gens sont plus nombreux à se rendre aux urnes que la moyenne dans le monde. Chez nous les gens sont habitués à voter. La question de savoir si la communauté occidentale juge ce scrutin démocratique et légitime importe peu au fond. Colin Powell et Condoleezza Rice peuvent avoir une opinion personnelle, ce n'est pas pour autant qu'ils contesteront la légitimité de Vladimir Poutine".

Alexandre Chokhine, président du Conseil de surveillance de la compagnie Renessans Kapital: "Ce que j'attends du deuxième quadriennat de Vladimir Poutine, c'est une accélération des réformes administrative, fiscale et des pensions. Et aussi le début de la réalisation des projets prioritaires sur lesquels a travaillé le "groupe pour le doublement du produit intérieur brut" et concernant l'enseignement, la santé publique, un logement accessible. Ici il faut dès cette année adopter au moins une législation de manière à ce que des résultats tangibles soient obtenus en 2006-2007. Dans ce cas le président pourrait alors à la fin de son mandat faire état d'un bilan réel qui réduirait sensiblement la dépendance de l'économie russe vis-à-vis de la conjoncture extérieure".

Igor Nikolaïev, chef du département de planification stratégique de la compagnie FBK: "J'attends un développement normal de l'économie et la réalisation de tout ce qui sera programmé. Le maintien à leurs postes des ministres économiques clés peut servir ici d'indicateur. La réforme fiscale sera enfin menée à bien, un peu plus tôt ou un peu plus tard. Mais les choses seront plus difficiles avec la réforme administrative, c'est en tout cas ce que laisse supposer le fait que dans la nouvelle structure gouvernementale les départements sont plus nombreux. Pour le moment le stimulant essentiel pour les fonctionnaires reste la rente administrative et non pas la rémunération des résultats de leur travail. Le nombre des fonctions donnant accès à cette rente ne fera qu'augmenter".

Mikhaïl Déliaguine, économiste: "Aucun changement qualitatif ne se produira. Dans l'économie les réformes libérales seront poursuivies. Pour ce qui est de la politique on peut s'attendre à ce que des modifications soient apportées à la Constitution (surtout en ce qui concerne le prolongement de la durée du mandat présidentiel), à une suppression du caractère social de l'Etat. Dans le domaine de la construction de l'Etat je prévois une extension de l'appareil bureaucratique. Dans les prochaines années toutes les réformes entreprises le seront au profit du business qui passera de plus en plus sous le contrôle de l'Etat, plus précisément des structures de force (défense, intérieur, sécurité)".

Alexeï Makarkine, chef du département des programmes analytiques du centre des technologies politiques: "Selon moi les quatre années à venir seront marquées par toute une série de réformes assez peu populaires: réforme administrative, réforme du logement avec pour corollaire une augmentation du loyer et des charges, réforme du secteur énergétique, qui elle aussi entraînera une hausse des tarifs. Et si cela est accompagné, comme le prévoient de nombreux experts, d'une récession économique ou d'une chute des prix des produits énergétiques, alors les problèmes rencontrés au cours du deuxième quadriennat pourraient s'avérer bien plus sérieux que ceux du premier".

Igor Yourgens, vice-président de l'Union russe des industriels et des entrepreneurs: "On espère de Vladimir Poutine des démarches résolues en vue de moderniser la Russie. Des objectifs ad hoc sont prévus dans plusieurs réformes fondamentales menées par le président. Le premier est le doublement du PIB, le deuxième est la lutte contre la pauvreté et le troisième est la réforme de l'armée. Seulement le deuxième et le troisième sont impossibles sans le premier. Par conséquent la tâche numéro un réside dans la croissance économique".

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